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Le cyclisme verdit son image

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 13-07-2010



Le développement durable pourrait-il permettre de redonner une image positive à un sport particulièrement mis à mal par différents scandales ? Grâce à une communication de plus en plus orientée vers le respect de l'environnement, c'est l'image de tout un sport qui entend se refaire une santé.

Face à un public de plus en plus désabusé par les différentes affaires qui ont émaillé le Tour ces dernières années (seulement 44% des Français déclaraient aimer la « Grande Boucle » à la veille du départ cette année, contre 59% en 1964 d'après un sondage Ifop), le monde du cyclisme a à cœur de redorer son blason. Si la lutte contre le dopage fait évidemment partie de cette politique, d'autres stratégies sont employées pour reconquérir le public et jouer la carte de l'exemplarité. Cette année particulièrement, le Tour mise sur la durabilité et l'écologie pour arriver à ses fins. De fait, les grandes manifestations cyclistes sont régulièrement mises en cause pour leur impact désastreux sur l'environnement. Or, communiquer sur le durable est un moyen de réhabiliter certaines valeurs.

Ce « virage vert » a été initié par les coureurs eux-mêmes, occasion pour eux de montrer un visage plus « responsable » . Ainsi, en mars 2010, la formation professionnelle Saur-Sojasun adoptait une « charte de développement durable » et le faisait savoir par une active campagne de communication prônant la préservation de la nature et de l'être humain. Avec quelques mesures simples comme l'adoption d'un maillot en fibres recyclées pourvu de poches pour stocker leurs déchets, l'installation de poubelles de tri sélectif sur les véhicules lourds, l'utilisation de bidons 100% biodégradables et recyclables... Le programme ECO CYCLO soutenu par l'Association Européenne de Cyclosport (AEC), le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et la Fédération Française de Cyclisme (FFC) notamment, participe de cette volonté de redorer l'image du cyclisme en nommant cette année des « Ambassadeurs » chargés de médiatiser des principes simples, inscrits dans un « livre de bord » : « La nature est belle et la route n'est pas une poubelle, en toutes circonstances, promenade, entraînement ou compétition, je conserve déchets et emballages en attendant le lieu prévu pour m'en débarrasser ». Derrière ces « Ambassadeurs », se profilent des sponsors qui ne peuvent que bénéficier de cette nouvelle image. Ainsi derrière Jeremy Roy (France), la Française des Jeux ; pour Amael Moinard (France), Cofidis, etc. Mais les « Ambassadeurs » rencontrent des difficultés : « changer les mentalités et les comportements n'est pas chose facile chez les professionnels » reconnaît  Jeremy Roy.

Chiffres
La caravane : quelques 200 véhicules et plus de 10 millions de cadeaux distribués.
20 tonnes de déchets ramassés au Mont Ventoux en 2009
Une caravane « verte » de la Française des Jeux, lancée en 2009
et un EcoBus d' Eco-Emballages pour sensibiliser le grand public.

"L'image du cycliste"

Le choix des partenaires pour le Tour 2010 est aussi significatif de ce nouvel affichage vert. Ainsi, par exemple, Norbert  Dentressangle, le transporteur officiel se veut  « la flotte la plus économe et la plus moderne d'Europe » tandis que Kleber, spécialiste du pneu, anime un atelier de gonflage pour économiser l'émission de CO2 par les automobilistes ; le partenaire Eco Emballages prône la récupération et le recyclage des déchets, et l'Agence Régionnale Midi-Pyrenées pour l'Environnement est partenaire officiel. Christian Pruhomme, le Directeur du Tour 2010, est conscient de l'impact de « l'image du cycliste », qui «véhicule des valeurs d’esthétisme, de force mentale et physique et de générosité. Elle est immédiatement ternie lorsque, par négligence ou désintérêt, le champion en question jette dans la nature un bidon en plastique qu’il a la possibilité de garder ou de remettre au véhicule de son équipe », peut-on lire sur le site officiel.

Cependant, ces efforts ne satisfont pas encore les écologistes. Génération Ecologie dénonçait en août 2009 « l'irresponsabilité  environnementale » du Tour et exigeait des organisateurs qu’ils publient un bilan carbone et qu’ils versent une compensation financière. Coté Belge, lors de l'épreuve de la Flèche Wallonne en avril 2010, pour la première fois dans l'histoire du cyclisme, "Coalition Nature", une association de défense de l'environnement, porte plainte devant le parquet de Namur contre 3 coureurs surpris lors de « jet de bidon » pour « pollution ». On ne sait pas encore si le parquet a donné suite à cette plainte.

Sandrine Dumont à Rotterdam (Pays-Bas)
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