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L'environnement, cause d'une baisse de la fertilité chez l'homme ?

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 23-04-2004



Les causes de stérilité ou de baisse de la fertilité humaine sont nombreuses et assez bien connues. L’une des principales causes relève du comportement alimentaire de la personne. La consommation d’alcools, de tabac, de drogues ou la surconsommation alimentaire ont ainsi une influence avérée sur la hausse des problèmes de fertilité, tant chez l’homme que chez la femme. La consommation médicamenteuse ou la pratique de certains métiers à risque sont également en cause. Il n’est donc pas aisé pour les chercheurs de prouver l’impact réel des pollutions environnementales sur l’homme.

Il existe de nombreux exemples documentés concernant les effets de certains polluants sur l’appareil reproductif. L’utilisation du plomb a ainsi été sévèrement réglementé pour lutter contre les effets du saturnisme, dont certaines malformations congénitales ou fausses-couches peuvent être les conséquences directes. Pour leur part, les pesticides au DDE ont été interdits à la suite des conséquences de certains accidents. La population d’alligators du lac Apopka en Floride a ainsi diminué de 90% au début des années 1980 à la suite d’une pollution par des pesticides Dicofol. Cette pollution a toutefois eu un impact plus durable sur les populations restantes. On constate en effet désormais une diminution du taux d’éclosion, une prédominance de femelles et des organes génitaux anormalement petits chez les mâles.

Des preuves aussi manifestes n’existent toutefois pas pour évaluer l’impact des principales pollutions dues à l’homme sur la fertilité humaine. Une étude menée par une équipe de l’université de Copenhague (Danemark) a néanmoins permis de conclure à une importante diminution de la qualité séminale chez l’homme entre 1938 et 1991. Elle a notamment établi une diminution des deux tiers du compte spermatique ainsi que l’augmentation de 28% entre les années 60 et 90 du nombre d’hommes ayant une hypospermie (carence). La présence d’effets environnementaux dans ce phénomène semble de plus prouvée par une étude similaire effectuée sur des animaux entre 1981 et 1996.    

De nombreuses causes environnementales

Grâce aux recherches menées sur le sujet depuis de nombreuses années, les effets de certaines pollutions environnementales commencent à être scientifiquement identifiés. Les effets de la pollution automobile sur l’homme ont ainsi été connus grâce à l’étude d’une population  travaillant sur un péage autoroutier. Les conclusions de cette étude de l’université de Naples incriminent les gaz d’échappement pour leur rôle dans la baisse de la fertilité. Malgré ses limites sur d’autres aspects environnementaux, la nouvelle génération de véhicules « propres », qui arrivera sur le marché au cours des 20 prochaines années, devrait permettre d’éliminer les principales manifestations visibles de la pollution automobile et leurs effets sur la santé humaine.

La qualité de l’eau peut également influer sur la fertilité. La consommation d’une eau à la concentration anormalement haute en pesticides ou en d’autres polluants agricoles et industriels  peut ainsi occasionner des problèmes de fertilité, voire une stérilité. La concentration d'oestrogènes dans l’eau pourrait également avoir des conséquences. Certains détergents, la pilule contraceptive et d’autres produits chimiques, contribuent à augmenter la concentration d’œstrogènes dans l’eau. Les effets d’une telle pollution «homéopathique» sur l’homme ne sont pas encore bien identifiés, mais l’introduction du patch contraceptif féminin risque d'engendrer des menaces environnementales . A la fin de leur durée d’utilisation, ces produits contiennent  encore une grande partie de leurs principes actifs. Un rejet massif de ces patchs dans l’environnement pourrait donc être lourd de conséquences, ce qui explique que les laboratoires veuillent informer les consommatrices sur la nécessité de les jeter de façon écologique.

Pierre-Marie Coupry
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