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Fin décembre 2005, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) ne cachait pas sa satisfaction de voir qu'un engagement pris lors du Sommet de Johannesburg était tenu. " Le Partenariat pour des carburants et des véhicules propres (PCFV) a été formé lors du SMDD en 2002 en tant que partenariat dit de Type II, dont le premier objectif était l'élimination progressive de l'essence au plomb en 2006 (...) Cela implique un monde plus sain pour des millions de personnes à travers l'Afrique ", se félicite l'agence onusienne. Ce partenariat " public/privé " associe notamment le groupe pétrolier Shell, qui s'était engagé à éliminer progressivement le plomb et à réduire le soufre dans le gazole. Le plomb, métal lourd, a en effet des graves conséquences pour la santé humaine, notamment chez les enfants, qui peuvent subir un développement cérébral retardé. Eliminé dans les autres régions du monde, il était encore largement utilisé en Afrique, où des études ont montré la forte concentration de ce métal dans le sol et dans les aliments, en zone urbaine. " L'analyse de feuilles de choux frisés, un aliment de base au Kenya, achetés dans des kiosques de rues à Nairobi révèlent une concentration de près de 5 000 microgrammes par kilogramme, un taux bien supérieur à la valeur limite de 300 microgrammes par kilogramme recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ", indique le PNUE. Outre les bénéfices directs sur la santé, " l'introduction d'essences sans plomb dans les stations-service signifie que les véhicules pourront être équipés de pots catalytiques, réduisant ainsi les émissions polluantes, souligne le PNUE. La transition a déjà été réussie en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord et dans certaines régions de l'Extrême Orient ".
Le soufre, combat suivant du PNUE
Après l'élimination réussie du plomb, le partenariat du PNUE veut également réduire les quantités de soufre dans les carburants. Si, en Europe, la teneur moyenne en soufre du diesel est de 10 à 50 parties par million, dans les pays en voie de développement, la teneur est parfois 1 000 fois plus élevée. " Actuellement par exemple, dans la plupart des pays d'Afrique, la teneur en soufre est de 5 000 parties par million. D'autres pays, d'Afrique et d'ailleurs, ont des teneurs en soufre encore plus importantes ", souligne le PNUE. Au Soudan, la teneur en soufre du diesel atteint 11 000 parties par million ; en Ethiopie, au Kenya, en Irak, en Jordanie et en Tunisie, elle est de 10 000 parties par million et en Zambie de 7 000 parties par million. Enfin, l'Amérique latine connaît elle aussi de fortes concentrations . Des pays tels que le Nicaragua, le Panama, le Venezuela et le Honduras, utilisent des diesels d'une teneur en soufre de 5 000 parties par million. D'où la nécessité de sensibilisr ces pays, car le soufre contenu dans les carburants automobiles est à l'origine de nombreux problèmes de santé, respiratoires et cardio-vasculaires. " C'est extrêmement préoccupant, souligne le directeur du PNUE Klaus Toepfler. Je suis donc ravi que (...) nous puissions finalement mettre fin à ce monde bipolaire dans lequel le monde développé a des teneurs en soufre plus saines et moins polluantes que le monde en développement ". Reste désormais à " convertir " des pays qui n'envisagent pas même la suppression de l'essence au plomb : l'Afghanistan, l'Algérie, le Bhoutan, le Cambodge, la Corée du Nord, Cuba, l'Irak, le Laos, la Mongolie, le Myanmar, l'Ouzbékistan et le Turkménistan. D'autres, au contraire, commencent à développer des filières de biocarburants - l' Afrique du Sud, Madagascar et l'Ile Maurice.
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