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Beaucoup restent sceptiques. Le président du Comité Olympique International a indiqué que les épreuves de fond pourraient être repoussées en cas de forte pollution. Certains athlètes pourraient porter des masques durant les entraînements. Le Wall Street Journal, suivi du New York Times, révélaient récemment les résultats d’une étude réalisée par un consultant nord-américain dénonçant des « irrégularités » du système de surveillance de la pollution atmosphérique à Pékin. La municipalité l’aurait modifié en 2006, remplaçant les mesures de sites proches du trafic automobile par celles de stations situées dans des zones moins exposées aux polluants. « Sans une telle modification indique l’étude, les objectifs de qualité de l’air auraient été loin d’être atteints en 2006 et 2007 ». Selon Benjamin Guinot, chercheur au CNRS qui étudie la pollution atmosphérique à Pékin depuis plusieurs années, « de telles affirmations paraissent simplistes. Pékin compte aujourd’hui six périphériques et sa superficie ne cesse de s’étendre. Le réseau de mesure de la pollution doit évoluer pour prendre en compte cette formidable transformation. Certaines stations doivent être déplacées du fait des nouveaux aménagements routiers ». Si Pékin fournit des indices journaliers de qualité de l’air, leur analyse détaillée révèle des « bizarreries statistiques », laissant penser qu’un « filtre politique » est appliqué à ces données. 2007 compte ainsi 70 journées pour lesquelles l’indice de qualité de l’air est compris entre 90 et 100, soit le niveau 1 correspondant à l’objectif de « ciel bleu », tandis que seulement 14 jours sont comptabilisés pour un indice de 101 à 110, qui passe au niveau 2. Ces manipulations garantiraient l’atteinte des objectifs annuels, sans pour autant déformer sensiblement les données de pollution. Un air propre dans 6 mois ?
Par ailleurs, Pékin fait des efforts considérables pour remédier à la situation. La municipalité annonce avoir dépensé 11 milliards d’euros pour améliorer son environnement entre 1998 et 2006. « Les efforts réalisés par les autorités chinoises sont incontestables. De nombreux sites polluants ont été soit fermés soit déplacés hors de Pékin » indique Patrick Dutartre, représentant du Comité olympique français à Pékin. Il souligne néanmoins la forte augmentation du trafic automobile. Les chantiers sont interdits depuis le 1er janvier, à l’exception de certaines constructions de grande envergure ou destinées aux Jeux. Des mesures drastiques sont également prévues durant quelques semaines : réduction de moitié du trafic automobile, fermeture temporaire de sites polluants, à Pékin mais aussi Tianjin, port situé à une centaine de kilomètres, ainsi que dans cinq provinces voisines. Pourquoi un tel périmètre d’action ? Des recherches récentes montrent que sous certaines conditions météorologiques, une part importante voire majoritaire de la pollution dans Pékin provient des provinces limitrophes, très industrialisées. Les polluants, transportés par les vents, sont bloqués par les montagnes au nord et à l’ouest de la capitale. L’équation est la même qu’à Athènes, où la pollution du Pirée est prise au piège par les collines. Les organisateurs chinois comptent également sur de fortes précipitations, très fréquentes l’été, pour « nettoyer » l’air. Prêts à assumer le coût médiatique
Les autorités comme la population chinoises comptent sur ces premières olympiades pour montrer au monde entier la réussite économique du pays. Pékin est prêt à assumer le coût de cette opération médiatique. La seule aciérie de Shougang, située en périphérie de Pékin subira ainsi une perte économique temporaire de 250 millions d’euros du fait de la diminution de moitié de sa production. Pourtant, la pollution pourrait avoir un impact économique : une douzaine de pays ont déjà annoncé que leurs équipes s’entraîneraient plutôt au Japon ou en Corée, afin d'éviter une exposition prématurée à l'air de la capitale chinoise. Le recordman mondial de marathon Haile Gebrselassie menace même de ne pas participer à la discipline. Environ 500 athlètes auraient choisi de s'entraîner en Corée du Sud, tandis que le Japon a déjà annoncé avoir attiré vingt équipes olympiques, dont des nageurs britanniques et 150 athlètes suédois. La Corée a déjà chiffré à 200 millions de dollars les retombées économiques engendrées par l’accueil des athlètes. Quoi qu’il en soit, le village olympique sera néanmoins prêt pour accueillir les quelques 10 000 athlètes inscrits aux Jeux et autant de personnes les encadrant. Près de 30 000 journalistes et 550 000 visiteurs sont également attendus entre le 8 et le 24 août. Et le comité chinois d’assurer que Pékin « ne connaîtra pas de stades vides comme c’était le cas à Athènes ».
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