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Réduire de moitié la population privée d'eau potable d'ici 2015, soit 1/6ème de la population mondiale : l'objectif énoncé lors de la déclaration du Millénaire est devenu " la question la plus grave et la plus critique du 21ème siècle", souligne Klaus Toepfer, directeur du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), qui a mis les responsables politiques en garde contre " les dangers de l'environnement de plus en plus globalisés, rendant vulnérable l'humanité. " " Nous assistons à une mondialisation des problèmes d'environnement et nous devons parvenir à une action urgente et coordonnée des gouvernements, des milieux économiques et des organisations de la société civile", a-t-il ajouté. Dépassant les frontières et les particularismes Nord / Sud, les problèmes environnementaux se sont mondialisés, déréglant le fonctionnement normal du système naturel. Le continent asiatique est particulièrement menacé. Les pertes causées par les intempéries naturelles sont estimées à 60 milliards de dollars en 2003, or, 80% de ces imtempéries naturelles sont survenues en Asie. Ce continent souffre en outre du taux de population disposant d'eau potable le plus faible au monde et de villes qui comptent parmi les plus polluées de la planète.
Une situation qui deviendrait catastrophique si l'Asie poursuivait un modèle de développement identique à celui des pays industrialsés. "Historiquement, l'Europe, l'Afrique du Nord et le Japon se sont industrialisés d'abord et ont nettoyé ensuite. Une telle pensée rétrograde n'est plus possible dans un monde de six milliards d'habitants", a averti Klaus Toepfer. L'envergure et la densité des tempêtes de sable en Asie du Nord-Est se sont en effet multipliées par 5 par rapport aux années 50, déposant des métaux lourds et autres polluants venus de Chine responsables de troubles respiratoires parfois mortels chez les enfants et les personnes âgées, et de pertes affectant le bétail et les céréales. Par ailleurs, la superficie du désert de Gobi (Chine) s'est accrue de 52 000 km² entre 1994 et 1999. Près de 30% de la superficie en Chine subissent les impacts de la désertification, en raison de la surexploitation et de la destruction des forêts. Une désertification massive qui entraîne des pertes annuelles directes de 6,5 milliards de dollars selon le PNUE. Klaus Toepfer a souligné que " 400 millions de Chinois sont menacés par l'intensification de la désertification. Les études scientifiques récemment rendues publiques ont également montré que les déserts dans le monde ont de grands impacts inattendus sur les hommes ", a-t-il fait savoir aux ministres de l'environnement présents en Corée du Nord. Consciente du danger, la Chine tente désormais de le contrer en stoppant l'avancée du désert de Gobi grâce à la reforestation, mesure jugée efficace dans le rapport du PNUE.
Urgence
Autre dossier alarmant : l'apparition de "zones mortes" dans les mers et océans. Ces lieux sont privés d'oxygène, donc de vie, à cause de la pollution et constituent une grave menace sur la pêche et la conservation de la faune marine. Les experts ont constaté que le nombre de ces "zones mortes" dans les océans a doublé en dix ans. Cent cinquante zones côtières, comprises entre 1 km2 et plus de 70 000 km2, n'hébergent aujourd'hui quasiment plus de vie. Ce phénomène, apparu dans les années 60 aux Etats-Unis, puis dans le golfe du Mexique, en mer Baltique, en mer Noire et au nord de l'Adriatique, est causé par des quantités massives d'engrais azotés issus de l'agriculture et de polluants contenus dans les eaux usées transportées par les fleuves. L'Amérique du Sud, le Japon, la Chine, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont aujourd'hui touchés à leur tour. Soulignant les initiatives européennes prises pour réduire la pollution à l'azote du Rhin, le directeur Klaus Toepfer a appelé les Etats à une "réaction d'urgence pour traiter le problème à la source". Enfin, le PNUE a annoncé lors du Forum mondial que de " nombreuses petites îles paradisiaques "suffoquent " sous les ordures et les déchets " et qu'une " aide internationale d'urgence est nécessaire pour les aider à gérer cette situation inquiétante ". Outre la montée du niveau des océans, la pêche intensive et l'inefficacité des services d'hygiène, le niveau des déchets est en train de devenir un problème alarmant pour ces îles. " Le traitement des déchets solides provenant de l'industrie, des activités ménagères et du tourisme est devenu un nouvel enjeu pour lequel ils ont besoin d'aide et de conseils. Non seulement de tels déchets dégradent et enlaidissent la nature, mais ils contaminent également les rivières et la nappe phréatique de manière insidieuse ", a souligné Klaus Topfler, en indiquant que les Nations-Unies et les institutions spécialisées dans le traitement des déchets, aideront ces îles à établir des plans de gestion saine des déchets et à promouvoir des techniques de production générant moins de pollution. Une urgence : 90% des eaux usagées des petits Etats insulaires des Caraïbes sont en effet déversées dans l'océan sans avoir été traitées. Ce pourcentage atteint 98 % dans certaines parties du nord-est du Pacifique. Dans les Comores, le ramassage des déchets est inexistant, à Madagascar, seulement 6% des déchets et des ordures sont ramassés périodiquement. La population se débarrasse de ses déchets à proximité des plages ou dans les mangroves...
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