Des substances nuisibles à la couche d'ozone sont toujours autorisées

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 13-04-2004

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Trou de la couche d'ozone, Antarctique, septembre 2003, NASA
Trou de la couche d'ozone, Antarctique, septembre 2003, NASA

En 1985, la communauté internationale prend conscience de la diminution de l'épaisseur de la couche d'ozone dans des proportions alarmantes en Antarctique. Le Traité de Montréal, adopté deux ans plus tard, traduit la volonté des Etats d'adopter un processus contraignant : au 1er janvier 2005, l'utilisation du bromure de méthyle, un pesticide agricole nuisible à la couche d'ozone, sera théoriquement interdite. Huit autres substances doivent être progressivement éliminées. Mais le traité comporte des possibilités d'exemption que plusieurs pays n'hésiteront pas à utiliser, en raison de leurs " besoins intérieurs fondamentaux " et des " efforts de rationalisation industrielle " à consentir pour remplacer ces produits. Ainsi, l'Australie, la Belgique, le Canada, la France, la Grèce, l'Italie, le Japon, le Portugal, l'Espagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pourront, selon le compromis adopté le 26 mars dernier, continuer d'utiliser le bromure de méthyle en 2005. "La meilleure façon pour les gouvernements de respecter l'intégrité du protocole de Montréal est d'envoyer un signal puissant aussi bien aux producteurs qu'aux utilisateurs sur le fait  que le bromure de méthyle n'a pas d'avenir", a déclaré dans un communiqué le directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer, qui rappelle que " les pays développés ont réduit leur utilisation de bromure de méthyle de 25% en 1999, de 50% en 2001 et de 70% en 2003. "


Un accord difficile à obtenir


Les exemptions accordées pour 2005 portent en tout sur 13 438 tonnes de bromure de méthyle. En 2001, les 34 pays les plus développés en avaient utilisé 23 488 tonnes et les autres Etats 18 058 tonnes. Déjà, en novembre à Nairobi, la communauté internationale n'était pas arrivée à se mettre d'accord en raison des exigences américaines. L'administration Bush a en effet déposé auprès des autorités onusiennes une demande visant à hausser de 1,1 tonne le niveau de sa consommation actuelle. Les États-Unis utiliseraient ainsi plus de la moitié des 13 438 tonnes autorisées, l'Europe un tiers. De quoi remettre en cause les efforts consentis par ailleurs pour éliminer les CFC, gaz utilisés  pour la réfrigération et la climatisation, dont la durée de vie est d'environ à 100 ans dans l'atmosphère... Or, pour que la couche d'ozone se stabilise et redevienne normale à l'horizon 2050, " le calendrier des éliminations prévu par le Protocole de Montréal doit être parfaitement respecté ", a rappelé le PNUE, qui se satisfait néamoins d'être " parvenu à un accord " avec les Etats.

Ces exemptions interviennent pourtant dans un contexte particulièrement critique : le trou de la couche d'ozone s'étend en effet sur 28 millions de kilomètres carrés et s'étend au delà de l'Antarctique pour toucher le Chili, la Nouvelle Zélande et l'Australie. Les conséquences sont désormais bien connues : un nombre accru de cataractes et de cancers de la peau l'affaiblissement des systèmes immunitaires, la réduction de la production végétale, des dommages causés aux écosystèmes océaniques, la réduction des bancs de poissons, des effets indésirables sur les animaux et sur les matières plastiques.

Véronique Smée
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