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Champlan, c'est un petit village verdoyant de 2500 habitants, situé dans l'Essonne. A 17 km au Sud de Paris, entre Massy, Palaiseau et Longjumeau. C'est aussi le lieu d'une expérience sans précédent en France, celle d'une étude sanitaire globale, scrutant l'exposition des personnes à de multiples facteurs environnementaux. Etude multicritères
La commune de Champlan est enfermée dans un rectangle délimité par l'A6 au Nord, par l'A10 au Sud et à l'Ouest, la N188 et la N20 à l'Est. Soit environ 500 000 véhicules par jour, un trafic routier qui dépasse celui du périphérique parisien. Outre ces infrastructures et l'aéroport d'Orly, situé à 2,5 km, la commune concentre aussi un grand nombre d'entreprises classées (broyage de béton, machefer, centrale de bitume, incinérateurs...) venues s'installer, les unes après les autres, depuis 40 ans. « Cette accumulation de nuisances a conduit en 2005 à une vaste enquête épidémiologique santé et environnement, grâce au soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, notre député de l'époque devenue la secrétaire d'État chargée de l'Écologie, » récapitule le maire de Champlan Christian Leclerc, également président de l'association de Défense de l'Environnement de Champlan, à l'initiative de l'étude. Champs magnétiques
Ainsi, après la mesure du bruit, puis celles liées à la qualité de l'air, l'AFSSET vient de rendre ses conclusions sur le volet électromagnétique. « Deux rues de Champlan sont surplombées par des lignes à très hautes tension (THT). C'est pourquoi nous avons décidé avec Supelec d'évaluer l'exposition de la population aux champs magnétiques basse fréquence occasionnés par le passage du courant, à travers un échantillon de 17 personnes dotées d'une sonde individuelle durant 24h » explique Olivier Merckel, responsable de l'unité agents physiques à l'AFSSET. « Au-delà d'une centaine de mètres, il n'est plus possible de mesurer le champ magnétique des lignes THT. Ponctuellement, devant par exemple un four à micro-ondes, un sèche-cheveux ou les portiques antivol d'un supermarché, les personnes se trouvent souvent soumises à des pics de champs approchant les 20 microTesla. Ces valeurs restent très inférieures aux limites légales, fixées à 100 microTesla. » Sous les lignes électriques, les valeurs de champs enregistrés vont de 0,5 à 2 microTesla. Voire 4 ou 5 microTesla dans les maisons à moins de 10 mètres des lignes. Donc bien au-dessus d'un autre seuil, de 0,2 microTesla, défini comme le niveau d'exposition chronique à partir duquel l'OMS note une augmentation du risque de leucémie infantile. Une situation que le maire de Champlan accepte d'autant moins qu'un décret d'application instaure depuis 2004 des servitudes de 30 m de part et d'autre des lignes THT. « La très grande majorité des préfets ignore l'existence de ce décret. Or, dès l'instant où il n'est pas officialisé par une signature de la préfecture, les maires ne peuvent le faire valoir et interdire les constructions en dessous des lignes à haute tension. » A Champlan, en 2007, deux pavillons se sont ainsi construits à la verticale des lignes traversant la commune. Privée d'antennes-relais ?
La photographie de l'exposition électromagnétique des champlanais se distingue aussi par une absence remarquée : celle des fréquences de la téléphonie mobile. « Nous avions demandé un inventaire complet : air, bruit et champs électromagnétiques. Seules les basses fréquences des lignes THT ont été retenues. Pas celles des antennes-relais présentes à Champlan, ni les émissions radars du couloir militaire dans lesquels se trouve la commune, regrette Christian Leclerc. Et quid de l'effet cocktail de ces multiples rayonnements et de leur interaction avec l'atmosphère ? Aujourd'hui, nous n'avons aucune réponse. Il est dommage de faire une étude relativement large et de ne pas inclure ces nuisances. Sur un budget global de 376 000 euros, l'étude aurait été plus complète sans forcément coûter beaucoup plus cher. » Olivier Merckel, de l'AFSSET défend l'étude : « Le mandat de l'AFSSET était de fournir une évaluation de l'exposition de la population aux champs magnétiques basse fréquence. Des pylônes de téléphonie mobile, on en trouve partout. Ce n'est pas spécifique à Champlan. Des rues surplombées par des lignes à haute tension... si ! » Contre expertise
« Pour aller plus avant sur les champs électromagnétiques, j'ai proposé que le Centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et Supelec associent leurs mesures. Ce serait une avancée significative », estime le maire de Champlan. Une autre idée, formulée depuis 15 ans, consiste à couvrir une partie de l'autoroute. D'autres mesures du Criirem sont prévues à Champlan dans les prochains mois, mandatées par la mairie. Elles porteront sur les antennes relais, le wifi et les radiofréquences de la TNT et de la FM. « Je souhaite m'affranchir du protocole de l'AFSSET, que j'estime trop restrictif. Cette étude complémentaire va me permettre de vérifier des secteurs les plus exposés. L’objectif reste de faire de Champlan un village modèle de réhabilitation environnementale, avec la mise en place de solutions pérennes servant les habitants, » considère le maire de Champlan. Un rendu final de l'enquête multicritères, incluant son volet sociologique, sera prêt à l'automne 2008.
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