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Le 21 mars dernier, le groupe biotechnologique Syngenta a reconnu avoir vendu "par erreur" du maïs BT-10, interdit, au lieu du maïs BT-11, variété autorisée. Commercialisé illégalement depuis quatre ans, le BT-10 a été cultivé sur 15 000 hectares aux Etats-Unis et importé par l’Union européenne depuis 2001, à hauteur de 1000 tonnes. Selon Syngenta, la protéine BT de la lignée BT-10 est identique à celle du Bt-11, qui a été autorisé en 1998 dans l'UE pour l'alimentation animale et humaine (sous forme de produits dérivés comme l'huile, la farine ou les confiseries) et sous forme de maïs en boîte en 2004.
Contamination du riz en Chine
Selon Greenpeace Chine, du riz transgénique a contaminé la chaîne alimentaire, alors que le Gouvernement chinois n’a jamais autorisé la culture ou l’importation de riz transgénique. L’équipe de chercheurs de Greenpeace a découvert que des semences transgéniques sont vendues et cultivées illégalement dans la province chinoise de Hubei depuis 2 ans. Des échantillons de riz, récupérés auprès de revendeurs de semences, de paysans et de meuniers, ont montré la présence d’ADN transgénique dans 19 échantillons. « Il s’agit d’un problème grave car certains tests ont révélé la présence de la protéine Bt Cry1Ac, soupçonnée de provoquer des réactions allergiques chez les consommateurs. A ce jour, aucune étude sur les risques du riz Bt pour la santé humaine n’a été conduite », a indiqué Janet Cotter, conseillère scientifique de Greenpeace International. Greenpeace estime qu’entre 950 et 1200 tonnes de riz OGM ont contaminé le marché du riz depuis la dernière récolte.
Le groupe affirme par ailleurs que cette variété de maïs « ne présente aucun danger pour la santé humaine ». Un avis que ne partage par la Commission européenne. Bruxelles a en effet annoncé que ce maïs contenait un gène résistant aux antibiotiques et demande au groupe de lui transmettre toutes les informations sur le BT-10. «Nous pensions recevoir ces réponses cette semaine, malheureusement cela n'a pas été le cas, a déploré vendredi 8 avril le porte-parole de la Commission responsable de la santé. Nous avons de nouveau souligné à Syngenta que nous devions recevoir ces informations (...) pas plus tard que mardi», a –t-il ajouté. Les recherches qui ont été faites -notamment par des ONG- ont révélé que le marqueur de résistance antibiotique du BT10 était de l’ampicilline, un antibiotique indispensable et très largement utilisé pour traiter les infections chez l’être humain et les animaux. Or, la directive 2001/18 de l’Union européenne exigeait que ce type de marqueur résistant à un antibiotique soit retiré des OGM avant la fin 2004. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) avait en effet stipulé que ce type de gène « ne devrait pas être présent dans les plantes OGM mises sur le marché ».
Absence de contrôle
En réaction à cette affaire, Bruxelles a demandé à l'Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) de lui fournir une déclaration sur les risques éventuels associés à cette variété de maïs et envisage des mesures à prendre au cas où Syngenta ne fournirait pas les moyens de détection du BT-10 en temps voulu. La suspension temporaire de l'importation de maïs transgénique en provenance des Etats –Unis destiné à l'alimentation animale pourrait alors être décidée, ce qui représente 3,5 millions de tonnes. « Dix kilos de semences BT-10 en France et en Espagne ont été aussi importées pour des essais de recherche. Les matériaux issus de ces recherches ont été détruits », a par ailleurs indiqué le porte-parole de la Commission. Pour les ONG, la dissémination du BT-11 est une parfaite illustration de l’absence de contrôle de la chaîne alimentaire en Amérique du nord. « Le fait qu'un produit illégal ait pu être distribué pendant si longtemps pose un sérieux problème. Les deux tiers du maïs américain nourrissent les animaux, et un tiers atterrit dans les assiettes, commente le Center for Science in the Public Interest, ONG américaine spécialisée dans les questions alimentaires. La technologie des OGM a besoin d'une véritable surveillance gouvernementale, qui ne doit pas se limiter à un feu vert initial». De son côté, Greenpeace Canada souligne que « le fait que le gouvernement canadien ait annoncé le 24 mars dernier qu’il avait entamé une enquête confirme qu’il n’existait pas de contrôle systématique, continu et sérieux des OGM par le gouvernement fédéral. Ceci démontre un fois de plus que le gouvernement canadien protège les intérêts des entreprises comme Syngenta et Monsanto et néglige la protection de l’environnement, la santé publique et les intérêts des agriculteurs », accuse l’ONG.
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