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Alors que six pays -l'Allemagne, la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg - ont suspendu la culture du maïs MON810 de Monsanto, l’agence européenne de la sécurité alimentaire réitère sa position sur l’innocuité de cet OGM. Déjà, en 2007, l’EFSA avait demandé à la France de lever l'embargo sur le MON810 estimant qu’ « aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement, n’a été fournie pour justifier l’invocation d’une clause de sauvegarde ». Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie et Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat à l’écologie, avaient rapidement contre-attaqué. « Cette clause a été décidée dans le cadre du droit européen, et l’avis de l’EFSA ne constitue qu’une étape du processus » ont-ils répondu. « La France maintient sa position et elle la soutiendra au Conseil des ministres européens ». Comme la France, l’Autriche, la Hongrie et la Grèce ont fait jouer la clause de sauvegarde (disposition réglementaire prévue par l’UE qui permet aux Etats de retirer un OGM en cas de doute scientifique) sur le maïs MON810 de Monsanto. Dans certains pays, comme la Grande-Bretagne et la Belgique, la question des OGM ne s’est pas encore posée : il n’y a aucune culture mais aucune interdiction non plus…Les 6 pays qui ont suspendu la culture des OGM estiment ne pas avoir de preuves suffisantes sur leur innocuité, un avis aujourd’hui partagé par 8 autres Etats membres - Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie – qui demandent la possibilité d'interdire la culture de séquences génétiquement modifiées sur leur territoire. Enfin, 18 ministres de 12 Etats membres ont adressé à l’autorité européenne une lettre, expliquant leurs inquiétudes concernant les impacts du MON810 sur les insectes non ciblés. Or, comme le souligne Greenpeace « rien dans l’avis publié aujourd’hui par l’EFSA ne porte à croire que ces éléments aient été pris en compte ». Les ministres avaient notamment demandé l’étude, à long terme, des impacts environnementaux des OGM sur l’environnement, compétence que ne détient pas l’EFSA, spécialisée sur les aspects sanitaires. « Une fois de plus, l’EFSA se voile la face et choisit d’ignorer les preuves scientifiques relatives aux effets négatifs sur l’environnement de ce maïs pesticide. Ceci est d’autant plus grave que la Commission européenne, bien loin d’assurer son rôle de gestionnaire des risques et de prendre en compte l’incertitude scientifique, ne se base que sur l'avis de cette seule agence » s’indigne Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France. Ce nouvel avis doit pourtant permettre à la Commission européenne de proposer aux Etats membres le renouvellement de l'autorisation accordée en 1998 pour l'importation et la culture du MON 810. Rien ne dit pour autant que la Commission obtienne la majorité qualifiée des voix des ministres européens sur le sujet. Pour l’heure, le groupe Monsanto s’est félicité, dans un communiqué daté du 29 juin, de la décision des autorités européennes."Cette annonce de l'Union européenne démontre un engagement fort pour une prise de décision basée sur la science pour permettre aux agriculteurs de choisir des semences issues des biotechnologies pour leurs exploitations", explique Jerry Hjelle, un responsable de Monsanto.
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