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"L'inscription dans le catalogue des semences de l'UE constitue une étape logique après la mise à jour du cadre réglementaire communautaire concernant les OGM", a déclaré David Byrne, membre de la Commission responsable de la santé et de la protection des consommateurs. Signifiant ainsi la levée concrète du moratoire européen sur les OGM, Bruxelles étend aux 25 Etats membres la possibilité d'acheter ces semences, réservée jusqu'ici à l'Espagne et à la France. "Ce maïs a fait l'objet d'une évaluation approfondie quant à son innocuité pour l'homme et l'environnement. Il a été cultivé en Espagne pendant des années sans qu'aucun problème n'ait été signalé. Les semences porteront un étiquetage clair indiquant qu'il s'agit de maïs génétiquement modifié, afin que les agriculteurs puissent choisir en connaissance de cause ", a précisé David Byrne. Ces décisions ont été vivement critiquées par les organisations anti-OGM. L' argument du commissaire européen ne satisfait pas les organisations écologistes ainsi qu'une partie de la communauté scientifique, qui estiment que l'évaluation des risques sanitaires est loin de garantir l'innocuité des plantes transgéniques. S'agissant du colza, l'autorisation concerne l'alimentation animale et non la culture agricole. Le colza GT 73 (génétiquement résistant au Round Up, herbicide également fabriqué par Monsanto) avait reçu en mars dernier un avis favorable de l'Agence européenne de sécurité des aliments (Aesa), qui a estimé qu'il était "aussi sûr que le colza conventionnel" au plan sanitaire et environnemental. Mais il n'en va pas de même pour les OGM destinés directement à la consommation. Si l'Afssa, dans un rapport publié fin juiller, estime qu' " aucun problème de santé n'a pu être spécifiquement attribué à un OGM mis sur le marché ", elle indique également que "cela n'exclut pas qu'il puisse exister un risque, mais aujourd'hui celui-ci ne peut être ni précisément identifié, ni a fortiori quantifié". Les risques d'allergies et de résistance aux antibiotiques provoquées par les OGM, notamment, n'ont pas encore fait l'objet d'études approfondies. Le 3 décembre dernier, l'Afssa avait ainsi émis, pour la 3ème fois, de sérieuses réserves sur le maïs BT 11, estimant que les essais conduits sur des animaux par Syngenta étaient insuffisants. Dans son avis (uniquement consultatif), l'Afssa estimait " qu'en toute rigueur, afin d'éliminer la possibilité d'effets inattendus, il conviendrait d'évaluer l'impact d'une consommation régulière de maïs doux portant la transformation BT 11 par une étude de toxicité/tolérance chez le rat ou une étude de tolérance/alimentarité chez un animal d'élevage (...). Des essais ont été conduits sur des animaux, mais uniquement pour la variété de mais "grain" BT 11 et non sur le maïs doux qui serait effectivement consommé par l'homme (...) Des effets inattendus (...) ne peuvent être écartés", avait conclu l'agence. Autre sujet de controverse : l'étiquetage des semences OGM. La Commission a préféré repousser, pour l'instant, son projet de directive. Les professionnels de l'agriculture biologique exigent l'étiquetage de toutes les semences contenant 0,1 % et plus d'OGM. La Commissaire européenne à l'environnement, Margot Wallström, avait proposé 0,3%, seuil refusé par le président de la Commission. Cette question est cruciale pour les agriculteurs conventionnels et les filières biologiques, qui veulent " fournir des produits de qualité " sans OGM " sur un marché européen et mondial de plus en plus demandeur ". Outre le seuil de 0,1%, la fédération de l'agriculture biologique demande " le maintien dans le cahier des charges européen de l'agriculture bio l'exigence d'absence d'OGM et donc la fixation du seuil de présence fortuite dans ces produits au-dessous de 0.1% ". Un procédé qui permettrait de protéger les cultures conventionnelles et biologiques d'une contamination transgénique.
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