La Bretagne, nouveau territoire sans OGM

Planète \Environnement \OGM

Publié le 20-10-2004

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Le Conseil Régional de Bretagne a adopté une délibération pour interdire la culture d'OGM sur son territoire. Elle rejoint ainsi les quatorze autres régions françaises sans OGM . Une décision qui s'inscrit dans la campagne menée actuellement par l'association des régions d'Europe et les Amis de la Terre.

La délibération du conseil régional de Bretagne, votée le 7 octobre, pourrait faire date. En effet, non seulement la région a interdit les cultures d'OGM en plein champ (expérimentales et commerciales), mais elle entend diminuer également les importations et la commercialisation des OGM, notamment pour l'alimentation animale. "C'est une initiative de première importance, quand on sait que la Bretagne produit, par exemple, 60 à 70% des poulets et porcs français, animaux dont la ration alimentaire comprend près de 25 % de soja susceptible d'être OGM. Nous espérons que les producteurs bretons saisiront cette opportunité afin de promouvoir une alimentation animale non OGM et de faire des émules dans toute la France" a déclaré Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace France. "C'est en effet par le biais de l'alimentation animale que les OGM, pourtant refusés par les consommateurs, pénètrent en masse dans la chaîne alimentaire, à l'insu de tous puisque la réglementation sur l'étiquetage des OGM ne concerne pas les produits d'animaux nourris aux OGM, (comme la viande, le lait, les oeufs, etc."
Différentes mesures ont été prises par la région : interdiction des expérimentations en plein champ sur des plantes intégrant des OGM, soutien aux communes se déclarant " territoire libre d'OGM en extérieur " ; diminution constante de l'importation et de la commercialisation de produits OGM en Bretagne au profit de produits non OGM, développement de filière sans OGM de haute qualité ; soutien aux actions visant à réduire la dépendance vis à vis des importations de protéines et à développer ses filières de semences...
 Les élus se sont également engagés à soutenir les initiatives des acteurs des filières de production agricole; les lycées qui garantissent une alimentation sans OGM de qualité, l'information du public, etc...Reste désormais à convaincre les acteurs des filières bretonnes, qui s'interrogent sur la rentabilité d'une telle filière et sur son succès auprès des consommateurs.

Accord commercial avec le Brésil

Régions sans OGM
15 régions françaises ont fait le voeu d'interdire la culture et les essais en plein champs d'OGM :
Aquitaine, le 4 novembre 2002, Auvergne, le 11 juin 2004, Basse Normandie, le 26 juin 2004, Bourgogne, le 23 avril 2004, Bretagne, le 1er juillet 2004, Centre, 25 octobre 2002
Franche-Comté, le 24 juin 2004, Limousin, le 2 juillet 2004, Midi-Pyrénées, en 2003, Nord-Pas de Calais, le 18 mai 2004, Provence-Alpes-Côte d'Azur, le 1er juin 2003, Pays de la Loire, le 17 mai 2004, Picardie, le 18 mai 2004, Poitou-Charentes, le 26 avril 2004, Rhône-Alpes, le 29 avril 2004.

La région a par ailleurs engagé la création d'une filière non OGM avec l'Etat du Parranà, territoire du sud Brésilien producteur de soja non OGM. Cet accord prévoit des échanges commerciaux de soja entre le port de Paranaguá, principal port céréalier du Brésil, et plusieurs ports français en Bretagne et Pays de Loire. " L' Etat du Paranà a la particularité de cultiver majoritairement du soja non OGM, environ 12 millions de tonnes par an, soit 12 % de la production du Brésil, qui est le deuxième producteur de soja au monde ", souligne  Pascale Loget, vice-présidente de la région Bretagne et élue des Verts en charge de l'agenda 21. Cette initiative bretonne fait écho à la campagne menée actuellement au plan européen par l'Assemblée des régions d'Europe, (250 régions) et les Amis de la Terre, réclamant " des zones et régions sans OGM". Objectif : obtenir "la mise en place d'une réglementation communautaire contraignante sur la coexistence entre les cultures traditionnelles et les cultures OGM. " afin d'éviter toute contamination. Actuellement, cette décision relève en effet des Etats membres, mais seul le Danemark a légiféré pour protéger les exploitants traditionnels en cas de contamination. Depuis 1999, près de 2000 collectivités locales et régionales en Europe se sont ainsi déclaré " zones sans OGM ". Elles demandent l'application du principe pollueur-payeur, la définition de distances minimum de séparation entre cultures traditionnelles et transgéniques, et l'établissement d'un registre public des parcelles OGM.

Véronique Smée
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