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La nouvelle réglementation européenne sur l'étiquetage et la traçabilité des OGM, qui entre entre en vigueur le 18 avril, exige que les produits, ingrédients ou additifs issus d'OGM soient désormais étiquetés. " Concrètement, cela signifie que de nombreux produits étiquetés "issus d'OGM" pourraient apparaître dans les magasins dès le 19 avril, comme les huiles de soja ou de colza et les ingrédients ou additifs issus de soja ou de maïs ", explique Arnaud Apotecker de Greenpeace. Les OGM jusqu'ici " cachés " dans l'alimentation vont donc être dévoilés aux consommateurs, et surtout, l'étiquetage de l'alimentation animale va désormais permettre de savoir s'ils ont été ou non nourris avec des produits OGM, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici.
Une lacune subsiste toutefois : si l'étiquetage de l'alimentation animale permet aux eleveurs de choisir une alimentation animale sans OGM, l'absence d'étiquetage des produits dérivés d'animaux (viande, lait, œufs, beurre, fromage, etc) nourris aux OGM ne donne pas au consommateur un véritable choix sur ces produits. Une lacune que Greenpeace entend combler avec une nouvelle campagne, qui vise à détecter la présence de ces OGM " cachés ".
Les consomateurs français peu favorables aux OGM
Commandé par 60 Millions de consommateurs et l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, un sondage, réalisé par Harris Medical International et publié le 24 février 2004 montre que les Français souhaitent une production agricole plus respectueuse de l'environnement. 53% des sondés attribuent la baisse de la qualité aux industriels et non aux agriculteurs. Quant aux OGM, 80% des sondés répondent "non" à leur culture (13% y sont favorables). Par ailleurs, un sondage de l'institut BVA pour le Syndicat national de la presse agricole et rurale révèle que 66% des agriculteurs ne sont pas prêts à planter des OGM, du fait de l'incertitude sur les risques et de l'absence d'utilité prouvée des OGM . En Grande-Bretagne, les conclusions du débat public intitulé "GM Nation?" ("Une nation génétiquement modifiée?") révèlent que " plus les citoyens sont impliqués dans les questions liées aux OGM, plus leurs attitudes se rigidifient et plus leurs inquiétudes s'aiguisent. "
Un consommateur "détective OGM"
" Même si le consommateur est privé d'étiquetage sur les produits issus d'animaux, ce nouveau réglement doit être l'occasion pour lui de réaffirmer son refus des OGM et de les éliminer définitivement de la chaine alimentaire. Greenpeace va l'y aider grâce aux détectives et au nouveau guide des produits avec ou sans OGM. L'industrie agroalimentaire doit savoir qu'elle ne pourra pas écouler ses OGM à notre insu " indique Arnaud Apoteker. Greenpeace organise, samedi 17 avril, une journee nationale d'information des consommateurs, en étant présente dans plusieurs enseignes de la grande distribution, dans 18 villes francaises. L'occasion pour les militants d'informer les consommateurs sur les OGM et de distribuer un guide des produits avec ou sans OGM. " Les groupes locaux organiseront des " visites guidées " des supermarchés afin d'expliquer aux consommateurs où peuvent se cacher les OGM et comment les éviter et les rejeter, précise l'ONG. Ils inviteront le public à devenir les " detectives OGM " de Greenpeace afin de debusquer et de diffuser instantanément le nom des produits OGM qui sont susceptibles d'apparaitre dans les magasins, suite à la mise en oeuvre de la nouvelle réglementation européenne et d'agir pour les éliminer au plus vite. " Le role des " détectives OGM " sera de traquer les OGM sur les etiquettes des produits alimentaires afin de les signaler sur le site internet créé à cet effet , www.detectivesOGM.org. De fait, les animaux sont d'ores et déjà nourris avec des produits transgéniques en Europe, sans que le consommateur le sache puisque l'étiquetage ne s'applique pas à l'élevage et qu'il est interdit aux éleveurs de valoriser commercialement l'alimentation " non OGM " de leur production.
La campagne lancée par Greenpeace vise également à interpeller le Brésil, premier pays producteur de soja non OGM au monde. " Le développement actuel du marché non OGM est une opportunité unique pour le Bresil. Autoriser les OGM irait à l'encontre de ses intérêts sociaux et écologiques et constituerait une aberration économique au moment ou le refus des OGM sur le marché international se confirme ", estime Greenpeace.
Le risque de contamination demeure
La nouvelle réglementation lève de fait le moratoire sur les OGM, mis en place par la Communauté européenne en 1999. Mais elle ne répond pas aux questions qui pèsent sur la coexistence des cultures transgéniques et traditionnelles, les risques de contamination des semences et la réparation des dommages subis par les agriculteurs dont les champs auront été contaminés. La récente décision du gouvernement belge, qui a autorisé l'importation du colza transgénique du groupe Bayer CropScience mais refusé sa culture sur le territoire belge, montre que les réticences à l'égard de la coexistence des cultures ne sont pas levées. Les experts belges du conseil de biosécurité, ont en effet conclu que la culture de colza génétiquement modifiée aurait des impacts négatifs incontrôlables sur la biodiversité et que les consignes données aux agriculteurs pour éviter la contamination étaient inapplicables. Cet avis renvoie par ailleurs à une étude publiée en Grande-Bretagne à la mi-janvier, montrant que la culture de colza transgénique était plus préjudiciable à l'environnement que celle de colza traditionnel. Pour les anti-OGM et une partie des experts scientifiques, il est par conséquent urgent que le législateur complète la réglementation, soit en obligeant l'étiquetage pour les animaux et produits animaux, soit en permettant un étiquetage "positif" pour les animaux et produits d'animaux nourris sans OGM.
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