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Avec ou sans OGM ? La réglementation européenne sur l’étiquetage des produits alimentaires ne permet pas de répondre totalement à la question. Si elle exige que soient étiquetés le maïs, le soja ou le colza présents dans les aliments, -lorsqu’ils contiennent ou sont fabriqués à partir de plus de 0.9% d’OGM-, ainsi que l’alimentation des animaux si elle contient des ingrédients et/ou additifs composés à plus de 0.9% d’OGM, la réglementation ne s’applique pas aux produits animaux ou provenant d'animaux nourris avec des OGM. Ce qui signifie que la viande, le lait, les oeufs, le beurre, la crème, mais aussi les biscuits, les plats préparés ou les aliments pour bébé peuvent contenir des ingrédients « OGM » sans que le consommateur en soit averti. « Cette lacune du règlement est très grave car, en effet, 80% de la totalité des OGM entre dans la chaîne alimentaire par le biais de l’alimentation animale », souligne Greenpeace, qui lance un « guide 2004 » axé sur ces produits répartis en 8 catégories et classés en liste verte, orange ou rouge, selon que les entreprises garantissent ou non des produits animaux ou issus d'animaux nourris sans OGM. Outre l’information des consommateurs, ce guide a pour objectif « de faire pression sur les producteurs et distributeurs alimentaires afin qu'ils mettent tout en oeuvre pour éliminer complètement les OGM de la chaîne alimentaire », précise l’ONG, qui lance parallèlement une pétition européenne pour l’étiquetage obligatoire de ces produits. Retrait de certains produits Un lobbying qui connaît déjà quelques succès : l’entreprise G. Soreau, importatrice de produits étiquetés OGM provenant du Canada et des Etats-Unis, a décidé de cesser ses importations de Marshmallows Rocky Mountain sous la pression des militants. Dernièrement, c’est le PDG de l'entreprise SDV, importatrice des produits Classic Foods of America et Newman's Own, qui a annoncé que les produits Classic Foods ne seraient plus fabriqués à partir d’OGM. « Nous nous en réjouissons et insistons pour que la même démarche soit entreprise pour les produits Newman's Own (…) Continuons à faire pression sur les importateurs et fabricants de produits OGM et retournons dans les supermarchés pour s'assurer que les produits transgéniques de G. Soreau en sont éliminés », demande Greenpeace à ses « détectives OGM ». Les importateurs de produits venant des Etats-Unis sont particulièrement visés par cette campagne. La plus grande part des cultures transgéniques se trouve en effet aux Etats-Unis (63%), en Argentine (13.9%), au Canada (4.4%) et en Chine (2.8%). Selon les chiffres donnés par l’ONG, la plante transgénique la plus cultivée est le soja (43 millions d'hectares), suivie du maïs (16 millions d'hectares), du colza (7.5 millions d'hectares) et du coton (3.6 millions d'hectares). Et la liste des plantes commercialisées ou en voie de l’être est longue : la banane, la betterave, le blé, le cacao, le café, la chicorée, le chou, le colza, le concombre, le coton, la courge, la laitue, le maïs, le manioc, le melon, l'oeillet, le peuplier, la papaye, la pomme de terre, le pommier, le riz, le soja, le tabac, la tomate, le tournesol et la vigne.
Un mouvement européen
Rappelons qu’il n'existe en France aucune culture de plantes transgéniques à des fins commerciales. Seuls des essais en plein champs à but expérimental ont été mis en place dans certaines communes. Par ailleurs, 15 régions françaises revendiquent le statut de « région sans OGM », un mouvement qui rejoint celui de l'association des régions d'Europe (250 régions) et des Amis de la Terre, qui réclament " des zones et régions sans OGM". Objectif : obtenir "la mise en place d'une réglementation communautaire contraignante sur la coexistence entre les cultures traditionnelles et les cultures OGM " afin d'éviter toute contamination. Actuellement, cette décision relève en effet des Etats membres, mais seul le Danemark a légiféré pour protéger les exploitants traditionnels en cas de contamination. Depuis 1999, près de 2000 collectivités locales et régionales en Europe se sont ainsi déclaré " zones sans OGM ". Elles demandent l'application du principe pollueur-payeur, la définition de distances minimum de séparation entre cultures traditionnelles et transgéniques, et l'établissement d'un registre public des parcelles OGM.
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