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istock Planète \EnvironnementBataille de communication autour de la viandeAlors que les Français restent les premiers consommateurs européens de viande bovine de l'Union européenne, les associations écologistes qui dénoncent l'impact de l'élevage sur l'environnement se font de plus en plus entendre dans l'Hexagone. Ces derniers mois, deux acteurs ont été au centre de cette « bataille » : le Centre d'information des viandes et la L214. Chacun avec leurs méthodes propres.
Ces derniers temps, la viande n’a pas bonne presse. « Pour la planète : êtes-vous prêts à manger moins de viande », interrogeait ainsi le magazine Terra Eco dans son numéro de février, tandis que Libé clôturait le salon de l’agriculture avec la tonitruante Une : « Mort aux vaches ! »…A l’origine de ces articles ; une vague d’appels, de livres, de rapports dénonçant l’impact environnemental de l’élevage, les conditions de vie animale ou les risques sanitaires de la surconsommation de viande (voir encadré) qui ont trouvé un écho dans l’Hexagone alors que jusqu’à présent, les Français –qui restent de gros consommateurs de viande et de produits laitiers- y étaient assez peu sensibles. « Cela fait six mois que l’on ne peut plus donner d’information rationnelle sur la viande », s’emporte Louis Orenga, le directeur du Centre d’information sur la viande (CIV). « On commence à voir une mobilisation sur le sujet même si elle tardive et reste timide par rapport à l’étranger », estime de son côté Brigitte Gothière, de l’association de protection des animaux L214. Aujourd’hui, ces deux associations qui s’opposent diamétralement sont au cœur de la polémique. Et chacune, dans son registre, affute ses armes pour faire passer son message. Le Centre d’information des viandes La consommation de viande remise en question
Depuis fin 2009, on recense le livre de Fabrice Nicolino, « Bidoche », qui a eu un fort retentissement médiatique, l’appel à la journée sans viande de Paul McCartney suivi de la grève de la viande de plusieurs personnalités politiques lors du sommet de Copenhague et à laquelle la filière viande a répondu par une grande campagne de publicité dans la presse nationale et régionale. Puis, en début d’année le rapport annuel de la FAO met l’accent sur les dangers de l’élevage sur l’environnement, la santé humaine et animale ainsi que les moyens de subsistance. On attend désormais les conclusions du groupe d’experts de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) qui étudie depuis début mars les impacts de l'élevage sur les écosystèmes et les changements climatiques.
Toutefois la force de frappe du CIV est impressionnante : en 2008, il a diffusé près de 10 millions de brochures, kits, dossiers et périodiques d’information. « Tous sont revus par les différents comités et 10% ont été corrigées pour qu’elles soient parfaitement exactes », tient à préciser Louis Orenga. En outre, le centre utilise beaucoup le web pour « travailler son e-influence » et « approcher les blogueurs & influenceurs identifiés (par son service de veille internet) sur la base d’information vérifiées ». Mais c’est surtout son action envers les enfants qui pose problème. En cause ; une édition spéciale du quotidien « L’actu » sur l’impact de l’élevage sur l’environnement, son site www.planetviandz.org qui entend « conférer de l’attractivité au produit viande, voire générer un capital sympathie de la part des jeunes vis-à-vis de la viande », selon le rapport annuel du centre, et son action « Bien manger, c’est mon choix » qui se déroule actuellement dans les écoles. L214 De l’autre côté, l’association L214, qui tire son nom de l’article du code rural sur le sujet. Emanation de « Stop gavage » créé en 2003 par des militants végétariens, elle se bat contre les « pratiques nocives pour les animaux et représentatives des problèmes généraux posés par la production de viande, dont (elle) prône l'abolition. ». Elle fait également partie du collectif viande.info avec l’association végétarienne de France, Peta France ou Ecologie sans frontière. Et cherche l’appui de personnalités politiques ou médiatiques pour faire entendre sa voix. Louis Orenga s’indigne cependant de ne pas avoir « entendu parler de cette association lors de la maladie de la vache folle où le CIV s’est battu pour imposer la traçabilité, ni lors de la grippe aviaire ». A part une courte entrevue lors d’une campagne sur les lapins que L214, les deux associations n’ont d’ailleurs aucun dialogue, précisent les deux parties. Pour étayer ses campagnes, l’association, financée par les dons de ses membres et sympathisants, épluche les publications scientifiques et autres textes règlementaires, et enquête sur le terrain. La plupart du temps par des « infiltrations » qui lui permettent de filmer les pratiques dans les élevages ou abattoirs : « si vous y allez en tant qu’association de protection des animaux, soit on ne vous laisse pas entrer, soit on vous ne montre pas tout », précise Brigitte Gothière. En 2009, L214 s’est ainsi fait remarquer pour son reportage sur l’abattoir Charal de Metz, suite auquel elle a assigné l’entreprise en justice pour « cruauté envers les animaux ». Avant de recevoir une mise en demeure de Charal destinée à lui faire enlever la vidéo sur son site (ainsi que sur des sites d’information l’ayant relayée) et une plainte adressée à l’enquêteur de l’association. L214 est aussi en procès avec le CLIPP (collective du lapin) pour une campagne réalisée en 2008 avec la SPA sur les conditions d’élevage des lapins. Au titre de ses succès, après un dialogue avec l'entreprise, elle a convaincu Novotel de s’approvisionner avec des œufs de poules uniquement élevées en plein air. Des campagnes plutôt bien relayées dans les médias spécialisés sur l’environnement mais aussi plus généralistes comme Rue89. Et maintenant ? Alors que le Québec s’apprête à lancer la campagne « un lundi sans viande », qui commence à avoir du succès aux Etats-Unis, en Finlande, en Angleterre et autres pays, le collectif Viande.info, avec l’aide du député Yves Cochet et le soutien de parlementaires de tous bords politiques, vont organiser un grand « raout » à l’Assemblée nationale pour présenter l’initiative d’ « un jour sans viande ». De son côté, le CIV entend se battre pour que « l’on arrête de donner en référence aux gens les productions étrangères comme les élevages argentins dans le film Home » et plus généralement à réhabiliter les éleveurs auprès du grand public. Pour aller à la rencontre des consommateurs sensibles à ces questions, le CIV a d’ailleurs décidé d’avoir un stand sur le salon Planète durable, fin mars.
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