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Après une progression de 24 % du nombre d’exploitations agricoles bio en 2009 (voir article lié), le rythme s’accélère encore en 2010. C’est en tous cas ce qui se dégage des premiers chiffres publiés cette semaine par l’Agence Bio. Sur les 7 premiers mois de cette année, on compte en effet 3345 exploitations nouvellement engagées dans la bio, auxquelles il faut soustraire 397 cessations d’activités, soit au total 2948 exploitations bio supplémentaires. C’est 30 % de plus qu’il y a un an à la même période. Au 1er juillet, la France compte donc 19594 exploitations bio et « la barre des 20 000 est automatiquement passée en septembre », se réjouit la directrice générale de l’Agence Bio, Elisabeth Mercier. Une progression qui s’est répercutée dans tous les départements mais c’est dans le sud que l’on note le plus grand dynamisme, la Dordogne en tête, suivie du Gers, du Vaucluse et de la Drôme. « C’est une excellente nouvelle. Avec l’engagement du Grenelle de tripler les surfaces en bio d’ici 2012 et l’accroissement de la demande des consommateurs, la France est enfin en train de rattraper son retard par rapport aux autres pays européens », estime ainsi Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture à FNE. En 2009 en effet, le pays se classait encore en cinquième position en termes de production, loin derrière l’Espagne (1,3 million d’hectares soit le double de la surface française). Du côté des ventes, la croissance est également au rendez vous. Les premiers chiffres 2010 portant sur la grande distribution hors hard discount) où se réalise 83% des ventes, montrent que les boissons, et particulièrement les jus de fruits, ont font un bond de 31% quand les produits frais ont grimpé de 18%, l’épicerie de 16% ou le lait de 4,4 %. On note aussi le décollage des gammes surgelé et traiteur, précise l’agence Bio. Rappelons tout de même que le bio a rapporté 3 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2009 (contre 1,6 en 2005), ce qui représente seulement 1,9% du marché alimentaire total (contre 1,1% en 2005). Pour doper la consommation, le ministère de l’alimentation élabore donc un cahier des charges sur la restauration à caractère commercial et prévoit de modifier le code des marchés publics d’ici la fin de l’année pour permettre aux cantines publiques d’accorder une préférence aux productions issues de circuits courts, et donc de produits bio.
La viticulture bio prend son essor
La vigne bio connaît une forte progression : entre 2008 et 2009, elle a fait un bond de 39 % avec une part des vignes en conversion supérieure au nombre de vignes arrivées au terme de la période. Aujourd’hui, celle-ci compte pour 4,6 % de la SAU totale de vignes mais d’ici un an et demi, on atteindra les 6 %, estime Elisabeth Mercier. Selon les projections de l’Agence Bio, on devrait ainsi atteindre 80 000 hectares en 2012, soit un doublement de la surface par rapport à 2009. On attend également un doublement de la production de vin, aujourd’hui de 600 000 hectolitres, et qui passerait à 1,3 million d’hectolitres en 2012.A noter que les vins issus de raisins « bio » comptent pour 36 % des 190 millions d’exportations exportés en 2009 par la France.
Des conversions qui doivent encore être accompagnées Une telle montée en charge, si elle est souhaitable, n’est pas sans poser quelques problèmes, particulièrement d’ordre financier. Cet été, les agriculteurs et les associations avaient tiré la sonnette d’alarme : selon les correspondants en région de FNE, 15 à 25 % des demandes de conversion à l’agriculture biologique risquaient de ne pas être honorées faute de budget disponible…Un signal finalement entendu par le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture qui, le 28 septembre, a annoncé avoir dégagé 6 millions d’euros supplémentaires pour les aides à la conversion 2010. « Au total, en 2010, plus de 100 millions d’euros seront dédiés à la production biologique, dont 10 millions du ministère pour les conversions engagées cette année », précise ainsi le ministère. Par ailleurs, plusieurs dispositifs permettent de structurer la filière, encore faiblement organisée en France. Le ministère affirme y avoir consacré près de 10 millions d’euros depuis 2008 en priorisant l’accès au Fonds d’intervention stratégique des industries agroalimentaires (FISIAA), renforçant ainsi l’action de l’Agence Bio dans ce domaine. L’agence gère en effet le fonds « Avenir Bio » doté de 3 millions d’euros par an et qui permet de soutenir les projets professionnels (collecte, transformation, commercialisation) -de dimension nationale ou supra régionale-, pour accroître de l’offre de produits « bio » en France. Cinq appels à projets ont été lancés en 2008, 2009 et 2010, tandis que 76 porteurs de projets ont bénéficié d’aides directes du fonds, principalement dans le Grand ouest et le Sud. Les agriculteurs peuvent également bénéficier d’autres dispositifs d’aide comme des crédits de la part des collectivités territoriales, des directions régionales en charge de l’agriculture, de France Agri Mer ou de l’agence de l’eau. L’Aquitaine a ainsi été la première région de France à avoir mis en place un fonds de structuration amont/aval des filières biologiques dès 2007, pour un montant de 400 000 euros en 2009/2010. Enfin, le crédit d’impôt (déplafonné) applicable aux exploitations biologiques, a également été reconduit pour deux ans. Cela ne sera pas de trop si l’on en croit les projections de croissance auxquelles s’est livrée pour la première fois l’agence Bio. En se basant sur les chiffres 2009 (+ 24% de croissance du nombre d’exploitation) et une surface moyenne de 45 hectares, elle table sur 33 000 exploitations pour 1,4 million d’hectares en 2012, soit 4,8 % de la surface agricole utile française. C’est bien, mais cela ne sera encore pas suffisant pour atteindre l’objectif de 6% de la SAU prévu par le Grenelle à cette même date.
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