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"Nous rejetons l'idée que croissance économique et protection de l'environnement sont toujours en conflit. Au contraire, les opportunités de croissance vont augmenter dans les prochaines années précisément à cause de la demande en produits et procédés durables" affirme Jim Wallace, le ministre de l'entreprise et vice-premier ministre de l'Exécutif écossais, en préambule du rapport sur la Stratégie pour des Emplois Verts - Towards a Green Jobs Strategy-. "En prenant dès maintenant des mesures pour s'assurer du développement d'une économie durable, à faible émission de carbone, poursuit Jim Wallace, nous pouvons faire de l'Ecosse la capitale européenne de l'entreprise verte." Depuis l'an 2000, le gouvernement écossais s'est engagé dans une réflexion de fond autour du développement durable. Avec un recensement des activités "écologiquement correctes" regroupées en trois axes spécifiques : les énergies renouvelables, le recyclage et la performance énergétique. Sa stratégie s'est traduite en objectifs chiffrés. D'ici 2020, l'Ecosse veut recycler 55 % de ses déchets domestiques et produire 40 % de son électricité, à l'aide d'énergies renouvelables. Comparés aux 16 000 emplois du Danemark liés à la seule filière éolienne, le secteur des énergies renouvelables ne concerne actuellement en Ecosse "que" 2 000 personnes (dont environ 1 200 dans l'éolien). Mais les décideurs écossais aimeraient adapter à leur environnement ce modèle industriel notamment dans le secteur marin, où l'Ecosse dispose de conditions naturelles particulièrement favorables (voir article lié sur l'expérimentation hydro-électrique). La vision du gouvernement écossais, ambitieuse, suppose des investissements et changements structurels : création de nouvelles filières, restructurations, formations... Les opportunités existent mais encore faut il les concrétiser pour figurer dans le peloton de tête des économies "vertes": emplois locaux et parts de marché internationales à la clé. Processus de concertation rôdé La campagne de consultation "Toward a Green Job Strategy" s'est déroulée en plusieurs étapes et s'apparentait aussi bien à une démarche de relations publiques qu'à du lobbying. Annoncée début mars, elle n'a débuté concrètement que le 15 juin 2004, avec la diffusion d'un rapport récapitulant les points clés de la stratégie du gouvernement écossais et les questions soumises à discussion auprès d'un ensemble de décideurs et d'experts, panel composé de représentants d'associations professionnelles, de membres d'ONG ou de chefs d'entreprise liés aux secteur de l'énergie et de l'environnement. En une trentaine de pages et presque autant d'interrogations, l'administration écossaise a invité ses interlocuteurs à s'exprimer sur l'ensemble du projet. Définissant cinq problématiques distinctes : les secteurs et marchés potentiels, les conditions d'accès à ces opportunités, les compétences requises, le rôle du gouvernement et la mesure d'impact. Un groupe de travail ad hoc - trois personnes missionnées par l'Exécutif écossais - a ensuite conduit une série de rencontres. "La consultation s'est achevée le 30 septembre. Nous avons reçu 92 réponses parmi les 350 personnes ou organisations consultées" résume une représentante de l'Exécutif, membre de l'équipe. Auditions individuelles ou séance plus formelles de questions réponses collectives, "les propos de ceux qui nous ont autorisé à les publier sont librement consultables sur le site du gouvernement, avec les documents de la consultation" poursuit la représentante de l'Exécutif. La dernière étape de la consultation a été une conférence de clôture, organisée à Glascow le 12 novembre dernier. Lors de cette journée, l'agriculture biologique, l'éco-habitat et le tourisme vert ont été évoqués. Le rôle prépondérant des pouvoirs publics a été souligné ainsi que la simplification des démarches, la mise en commun des informations ou des bonnes pratiques aussi. Les représentants de l'Exécutif se sont remis au travail pour faire de nouvelles propositions : projet de loi, incitations fiscales ou grands chantiers ? Une version détaillée de la stratégie pour les emplois verts est attendue pour le printemps 2005.
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