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Au cœur de Lyon, au sud de la presque-île coincée entre le Rhône et la Saône, l’ancienne zone industrielle et portuaire laisse petit à petit la place à un quartier flambant neuf. Autour de la nouvelle place nautique, formée d’une promenade longeant un grand bassin de plaisance, se dresse désormais un ensemble d’ilots hétéroclites de bois, de cuivre, de verre ou d’acier, réalisés par des grands noms de l’architecture (Winy Maas, Tania Conko, Massimiliano Fuksas, etc) et des équipes locales. D’ici peu, ouvriront en face un pôle de loisirs et des bureaux puis, tout autour, des centres culturels, un parc, un groupe scolaire, etc.… A terme, « Lyon confluence » devrait constituer une sorte de deuxième centre, accueillant 25 000 habitants et 22 000 emplois. Mais plus encore, ce nouveau quartier devrait « montrer ce que doit être la ville du XXIème », estime le maire. Une ville dense, mixte, agréable…en un mot « durable ». Car « dès le départ, il a été conçu pour être de haute qualité environnementale », a rappellé Gérard Collomb, lors de l’inauguration de la première phase du quartier, organisée le 14 octobre.
Les éco-quartiers, le nouveau dada des villes
« L’éco-quartier est devenu le symbole d’un projet d’aménagement durable », estiment les auteurs de l’étude BMJ ratings sur le développement durable dans les grandes villes et agglomérations en 2010 (voir document lié).Longtemps à la traîne par rapport à leurs homologues européennes, les villes françaises s’y mettent aujourd’hui avec zèle. Selon l’étude, la majorité des grandes villes déclarent avoir un projet d’éco-quartier. Néanmoins il s’agit de projets très hétérogènes, tant par la surface concernée (de 1,8 ha pour la Zac Commandant Maria de Cannes à 600 ha pour la zone ViaSilvia de Rennes Métropole), le nombre d’habitants et de logements prévus (de 110 à 10 000 logements) et leur implantation géographique (41% rénovation urbaine, 44% friches réhabilitées, 41% nouveaux quartiers). En 2009, l’Etat avait récompensé 10 quartiers avec le label éco-quartier, dont celui de Lyon Confluence (voir article lié).
Des performances énergétiques exemplaires De fait, les 660 logements et 1500 m² de bureaux des trois premiers ilots (Lyon Island, Saône Park et le Monolithe), devraient consommer entre 30 et 60 kWh/m²/an, soit 3 à 10 fois moins que les bâtiments anciens et 2 à 4 fois moins que la règlementation thermique en vigueur (120 kWh/m²/an). Des besoins couverts à 80 % par des énergies renouvelables, grâce aux trois chaufferies collectives à bois et aux panneaux solaires thermiques et photovoltaïques intégrées en toiture. Et les ilots construits lors de la deuxième phase du projet seront dotés de bâtiments passifs et de bâtiments à énergie positive. De quoi en faire « l’un des quartiers les plus performants en Europe » selon un représentant de la Commission européenne qui a alloué, via le programme Concerto*, 3,9 millions d’euros de subventions au projet. A charge ensuite aux occupants d’utiliser au mieux les possibilités des bâtiments comme les invitent les affichettes pour des formations « Bien connaître son logement et faire des économies d’énergies », placardées sur toutes les entrées d’immeubles. Les sociétés qui vont s’implanter dans ce quartier desservi par le tramway mais où les places de parking seront restreintes, réfléchissent déjà à des plans de déplacements inter-entreprise pour leurs salariés, assure de son côté Gérard Collomb. « Nous allons faire tout un travail d’éducation pour que les habitants, les commerçants et les travailleurs prennent effectivement le pli d’un mode de vie durable », explique Julie Delcroix, chargée de l’urbanisme pour le WWF. Pour ce faire, l’ONG a signé une convention de 5 ans « One planet Living » avec le Grand Lyon et le SPLA Lyon Confluence pour réduire l’empreinte écologique du quartier autour de 10 grands axes : zéro carbone, zéro déchet, mobilité durable, matériaux locaux et durables, alimentation locale et durable, gestion durable de l’eau, etc… « Différents groupes constitués d’acteurs de la ville travailleront sur ces sujets qui seront évalués chaque année et dans trois ans, nous ferons un audit écologique du quartier », précise Julie Delcroix. Un quartier mixte Qui habitera dans cet éco-quartier, situé à quelques encablures de la gare de Perrache ? Jusque là, les barrières de la voie ferrée et de l’autoroute A7 rendait le quartier peu attractif mais la marque architecturale, les futures facilités de transport et les nombreuses activités commerciales, sportives et culturelles promettent d’en faire l’un des nouveaux lieux branchés de la ville… Pour autant, pas question pour la Mairie qu'il devienne un repaire de "bobos". Certes, des lofts luxueux dotés d’immenses terrasses avec vue plongeante sur le bassin ou les coteaux boisés de la Saône, devraient séduire les familles aisées de Lyon, mais 23 % des premiers ilots et 50 % de ceux de la deuxième phase seront réservés à des logements sociaux et intermédiaires, insiste le maire. L’ancien quartier populaire de Sainte Blandine dont la réhabilitation est progressive depuis quelques années va aussi bénéficier de l’effet Confluence. Dans les prochains mois, un diagnostic du bâti devrait ainsi être réalisé sur 2000 logements (60 % du quartier) avant que les immeubles choisis ne fasse l’objet d’une rénovation thermique permettant de diviser par 4 leur consommation d’énergie. D’ici 2015, le tableau sera complété par le « quartier du marché », un projet de l’équipe d’architectes urbanistes Herzog & de Meuron associés au paysagiste Michel Desvigne qui mêlera un espace dense abritant de nouveaux logements, bureaux, commerces et espaces publics avec, en prolongement, un grand parc sur le bout de la presque-île. Le tout relié aux rives du Rhône et de la Saône par des ponts et passerelles. * Lancé en 2003 le programme Concerto encourage les collectivités territoriales à développer des projets urbains majeurs (réhabilitation de sites existants ou de nouveaux quartiers), exemplaires en matière d’efficacité énergétique et d’emploi des énergies renouvelables.
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