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« So schön ! ». Susanne Herzog se réjouit à l’avance des travaux de rénovation dans son nouveau logement. Elle vient en effet d’hériter d’une maisonnette à Bornheim, un des rares quartiers de Francfort ayant échappé aux bombardements de la dernière guerre – et par conséquent très prisé par une clientèle aisée se voulant « alternative ». Un bijou immobilier fort convoité donc, qu’il s’agit de rénover tout en conservant son charme centenaire. « Les nouvelles fenêtres auront du triple vitrage, les murs vont être isolés, et je vais faire installer une chaudière qui sera alimentée en granulés de bois, complétée par des panneaux solaires sur le toit », annonce cette enseignante. Le montant des travaux, soit 27 000 euros, n’ébranle en rien l’enthousiasme de cette mère de famille. La Sparkasse, l’équivalent des Caisses d’épargne françaises dont les grands « S » rouges émaillent le paysage urbain allemand, lui propose en effet un crédit au taux de 1,4% qu’elle peut combiner avec des subventions prévues par l’Etat pouvant aller jusqu’à 2 500 euros. C’est le cas des fenêtres, par exemple, qu’un artisan doit faire sur mesure afin de ne pas défigurer l’architecture de la petite maison. Succès écologique et social A l’instar de Susanne Herzog, de plus en plus de particuliers, mais aussi de gestionnaires d’actifs immobiliers prennent le parti d’une construction ou d’une rénovation énergétique. "En 2008, plus de 100 000 crédits et subventions ont été accordés via les programmes de la KfW, ce qui représente un volume total de 6,4 milliards d'euros", rapporte Eske Ennen, porte-parole de la KfW spécialiste des questions d’économie d’énergie dans l’immobilier. "Notre programme de rénovation énergétique a été si populaire qu’en août déjà, le budget mis à disposition par le gouvernement était épuisé. Il a dû réinjecter 500 millions d’euros supplémentaires ». Pour 2009, Berlin met à disposition 1,5 milliards d'euros destinés à la bonification d'intérêts et aux subventions. De plus, la KfW a simplifié son catalogue de mesures en ramenant les cinq différents programmes à deux : le premier est destiné à la rénovation thermique, le second à la construction basse énergie. Au Ministère des transports et du logement, on se réjouit de l’impact non seulement écologique, mais aussi social, de ces travaux thermiques. "Depuis 2006, nous avons rénové environ 800 000 logements", fait-on savoir à Berlin. "Notre programme allége les frais de chauffage des citoyens. Cette année, environ 360 millions d'euros ont pu être ainsi économisés. Egalement, notre programme permet aux entreprises artisanales d’obtenir des contrats fiables, et de mieux affronter les effets de la crise actuelle ». Selon le Ministère des transports, 220 000 emplois ont pu être assurés depuis 2006 chez les artisans. Donner l’exemple Clé de voûte du programme d’économie d’énergie dans l’immobilier, la KfW, détenue à 80% par la Fédération (Bund) et à 20% par les Länder, occupe une place bien particulière dans le paysage bancaire allemand. Comparable à la Caisse de dépôts en France, la KfW entend bien appliquer et faire appliquer les principes du développement durable dans le secteur économique et financier. « Nous sommes une banque environnementale », insistait Wolfgang Kroh, membre de la direction de la KfW, lors d’un récent colloque à Francfort. De fait, une charte officielle fixe la politique de développement durable de l’institution créée en 1948. Wolfgang Kroh souligne ainsi que les programmes de crédits à l’étranger sont d’abord passés au filtre non seulement économique, mais aussi écologique et social, comme le prévoient les principes d'Equateur. Voulant faire figure d’exemple, ces principes durables sont également appliqués de manière la plus tangible possible au siège de la banque. Ainsi, les bâtiments ont fait l’objet d’une rénovation respectant « les plus hauts standards » de la construction écologique, une politique d’économie d’énergie et de réduction du bilan carbone a été mise en place, privilégiant par exemple les conférences vidéos aux voyages d’affaire en avion. Sans oublier une politique de relations humaines qui se veut exemplaire. Mais la machine bien huilée de la KfW connaît aussi ses ratés. La presse allemande n’a pas manqué de la clouer au pilori après la révélation d’un virement de 317 millions d’euros à Lehman Brothers, le lundi 15 septembre 2008. Soit le jour de l’annonce de la faillite de la banque américaine, alors que celle-ci était connue depuis le week-end par tous les milieux financiers. Selon la KfW, il s’agissait d’une « erreur d’estimation ».
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