|
Situé au cœur du bois de Boulogne, ce chantier environnemental de 3 hectares constitue une première en France. Entièrement réhabilité par le WWF sur des critères d’éco-efficience, il a vocation à devenir d’ici 2007, date de son ouverture au public, un « site exemplaire », dédié à la pédagogie sur l’environnement et à l’accueil d’associations ou d’entreprises du secteur. L’idée est simple : montrer, de manière concrète et in situ, qu’il est possible d’agir au quotidien. Dotée d’un budget de 6 millions d’euros, la réhabilitation du domaine a été conçue sur des critères proches de la norme HQE (haute qualité environnementale), avec l’appui d’un conseiller de Gaz de France et du groupe Lafarge, partenaire de l’ONG depuis plusieurs années. Le pavillon 1880, qui devient le nouveau siège du WWF (60 permaments), a été rénové avec des matériaux écologiques et peu consommateurs d’énergie. Le parc du domaine de Longchamp, laissé à l’abandon depuis plusieurs années et endommagé par la tempête de 1999, est transformé en réserve naturelle. Le site abrite en effet 84 espèces animales (dont la moitié d'oiseaux) et 182 espèces végétales. Le WWF assurera ainsi une mission de valorisation du domaine et de maintien de la biodiversité. « Ce projet doit servir à convaincre le grand public, mais aussi les élus, les entreprises et les administrations, qu’il est possible de gérer autrement les bâtiments existants comme les nouvelles constructions, explique Olivier Albessard, en charge du projet au sein du WWF. Au-delà du bénéfice environnemental, il existe également un gain économique dans ce mode de gestion durable ». Les chiffres sont en effet convaincants : le prix de la réhabilitation au mètre carré pour le siège du WWF est de 1000 euros, alors qu’une rénovation dans le logement social s’élève en moyenne entre 3000 et 4000 euros… « Tout sauf un musée » L’ONG vise également une moindre consommation énergétique en faisant du bâtiment principal – l’ancien château de Longchamp- une construction « à énergie positive ». Ce concept, plus répandu en Allemagne, repose sur l’intégration de systèmes utilisant l’énergie solaire ainsi que des composants plus performants comme les isolants thermiques, et permet le stockage de la chaleur comme du froid. Ces bâtiments peuvent consommer jusqu’à trois fois moins d’énergie que les logements -mêmes neufs-, actuellement construits en France. Le WWF envisage également pour l’ancien château un système de récupération des eaux de pluies, et pour tout le site, un recyclage des déchets et des eaux usées. Chaque procédé fera l’objet d’une explication permettant d’en comprendre les performances écologiques et économiques. Enfin, un bilan de l’empreinte écologique – concept développé par le WWF- du bâtiment et de ses activités sera publié chaque année. Doté d’équipements accessibles aux personnes handicapées et aux mal-voyants, le projet comporte également un volet éducatif qui devrait faire l’objet d’un partenariat avec l’éducation nationale. Les équipes de l’agence de photographie Altitude, créée par Yann Arthus-Bertrand (installées sur le site) et d’autres partenaires comme la Mairie de Paris, la Région, et l’ADEME, y seront également associés. Le bâtiment principal accueillera des expositions, des salles de classes et un espace de documentation pour les universitaires. Et, cohérence oblige, le restaurant sera « bio, sans OGM et à bilan CO2 réduit ». Côté professionnel, le WWF veut faire appel à un incubateur d’entreprises et d’associations, financé par un jury d’experts qui sélectionneront entre 15 et 20 projets par an. « Il s’agit bien de faire du site un lieu vivant, ouvert à tous et qui permette aux différents acteurs d’entretenir une dynamique. Ce sera donc tout sauf un musée », souligne Olivier Albessard.
|