La maison passive : un succès international

Planète \Environnement \Habitat

Publié le 22-04-2009

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La maison passive se porte bien. Si bien que le concept né d'une coopération allemande et suédoise commence à s'exporter aux quatre coins de la planète. Et prouve qu'il peut s'adapter à des conditions climatiques et à des usages très différents.

« La Croatie n’abrite encore qu’un petit nombre de maisons passives, » relève Ljubomir Miševi, professeur à la faculté d’architecture de l’Université de Zagreb, lors d’une conférence tenue à l’occasion de la 13ème Conférence internationale sur la maison passive à Francfort. « Mais l’intérêt des investisseurs, ingénieurs, fabricants et installateurs ne cesse de grandir ». L’universitaire croate a lui-même conçu et réalisé 10 maisons passives en l’espace de trois ans, ainsi qu’un grand nombre d’habitations à basse consommation. Par ailleurs, le projet « Sunica » (Sunny) près de Zagreb, actuellement en cours, a toutes les chances de devenir le premier immeuble multifonctionnel passif du pays, destiné à un usage public. Pour cela, Ljubomir Miševi adapte les principes de la maison passive aux conditions climatiques de son pays : « Les pays avec un fort taux d’ensoleillement, comme la Croatie, ont des besoins de chauffage réduits mais exigent des solutions plus complexes en ce qui concerne la climatisation ».

Même constat…au Sri Lanka. Le Tsunami de 2004 a eu entre autres effets dévastateurs la disparition d’environ 72 bibliothèques communales sur toute la partie sud de l’île. L’architecte allemand Georg Zielke a été invité par le Goethe Institut et l’Université de Moratuwa (Colombo) à travailler sur la reconstruction de ces bibliothèques, que les autorités locales veulent performantes au plan énergétiques. « De part sa situation géographique, le climat du pays y est chaud, les températures oscillant entre 16 et 32°, avec une grande humidité dans l’air », rapporte l’architecte allemand. « Aussi, la question de la climatisation dans les salles de repos prend toute son importance. Tout comme le fait que la climatisation représente une grande dépense. La possibilité d’augmenter le confort tout en réduisant les dépenses liées á la climatisation incite les pouvoirs publics à développer les constructions passives ».

Motivation politique

Cette 13ème édition de la Conférence internationale offre un beau tour du monde de la maison passive. La Corée, le Chili, mais aussi la Russie et les pays de la zone antarctique, autant de pays aux climats, à la législation et aux conditions financières différents. Et pourtant. « C’est le début de l’internationalisation de la maison passive », observe-t-on à la Passivhaus Institut. « C’est ce que nous souhaitons le plus, et c’est un point sur lequel nous commençons à travailler activement ». L’institut, organisatrice de la manifestation, recense actuellement 16 500 habitations passives dans le monde, parmi lesquelles 12 500 en Allemagne, et 800 dans la seule ville de Francfort (voir article lié).

 Le directeur de l’institut et concepteur de la maison passive, Wolfgang Feist, y a accompagné plusieurs projets immobiliers passifs. Mais il s’agit désormais de se développer à travers l’Europe, et la création d’un réseau européen « pass-net », soutenu par la Commission, est un premier pas, au-delà des frontières allemandes, vers les nouveaux pays membres de l’Union.

Et à mesure que les standards de la construction passive s’exportent, la question de la labellisation devient de plus en plus complexe. Car le terme « Passivhaus » n’est pas protégé, « et c’est voulu », explique-t-on à l’institut. « Il s’agit avant tout d’exporter les standards ». L’organisme s’appuie sur la coopération internationale. En France, c’est l’association « La maison passive » qui prend le relais de l’institut de Darmstadt.   Pour autant, tous les efforts de traduction, de formation et de coopération ne sauraient pallier le manque de motivation politique, fait-on remarquer à l’institut. « Si le monde politique ne se montre pas convaincu, alors les chances de voir les standards passifs s’établir sont minimes ». De fait, les projets présentés à Francfort présentent, au-delà de toutes les différences, une importante similitude : le soutien des gouvernement nationaux. De la Croatie à la Corée, les gouvernements ont mis sur pieds une structure législative et financière favorisant les économies d’énergie, via, pour le plus grand nombre, l’utilisation des énergies renouvelables - une composante essentielle de l’habitat passif. 

Claire Stam à Francfort (Allemagne)
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