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Habitat : comment économiser l'énergie?

Planète \Environnement \Habitat

Publié le 19-09-2007

BedZED
BedZED

L'habitat représente une part majeure de la consommation d'énergie de nos sociétés développées. Le secteur représente en France près de 40 % de la consommation d'énergie primaire et 25 % des émissions de gaz à effet de serre. L'actuel développement du parc immobilier et de l'équipement multimédia des foyers n'inversent pas la tendance. Les bonnes pratiques forment le nouvel étalon du marché.

L'empreinte énergétique du bâtiment augmente en moyenne de 1,4 % par an, en hausse constante depuis 10 ans. A ce rythme, l'habitat sera le premier consommateur d'énergie en 2025, devant les transports ou l'industrie. Un phénomène d'autant plus préoccupant qu'une fois construit, la durée de vie d'un logement est de 40 ou 50 ans.

Une filière mal informée

Plus que l'impact environnemental de la construction elle-même, « l'analyse du cycle de vie montre que 80 à 85 % de la consommation totale d'énergie et des émissions de CO2 d'un bâtiment proviennent de son usage : chauffage, climatisation, ventilation, eau chaude sanitaire", constate Bruno Lafont, PDG de Lafarge et co-directeur du projet « Efficacité Energétique des Bâtiments » du Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable (WBCSD). Cette organisation regroupant 200 entreprises de 35 pays milite pour la construction de bâtiments résidentiels et commerciaux à bilan énergétique nul.

Effinergie fait sa rentrée
Lancé au printemps 2007 et présenté au salon EcoBuilding, le label Effinergie associe les régions Languedoc-Roussillon, PACA, Bourgogne, Alsace, Centre, Poitou-Charentes et Franche-Comté, ainsi que d'autres acteurs publics et privés, comme le CSTB, la Caisse des dépôts et la Banque populaire. Objectif : promouvoir les habitations à basse énergie, seules en mesure de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Car le parc immobilier actuel de la France a des allures d'épave thermique, avec des consommations moyennes dépassant les 300 kWh/m2 par an. Seuls les bâtiments consommant moins de 50 kWh/m2 par an pour les nouvelles constructions et moins de 80 kWh/m2 pour les anciennes pourront prétendre à ce label. Des conditions désormais réglementaires avec l'arrêté « bâtiments basse consommation » pris le 8 mai 2007.
Son rapport préliminaire, publiée fin août, épingle le manque de connaissances des professionnels du secteur. Réalisée auprès de plus de 1400 personnes travaillant en Europe (Allemagne, Espagne, France) mais aussi aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde, en Chine ou au Japon, l'étude montre que les participants évaluent à 17 % les coûts supplémentaires d'un bâtiment « haute performance énergétique ». Soit plus de trois fois le surcoût réel du chantier, chiffré à 5 %. Les émissions en gaz en effet de serre sont aussi sous-estimées par les architectes, ingénieurs et maîtres d'oeuvre interrogés, avec un taux moyen de 19 % contre près de 40 % dans la réalité. Selon le WBSCD, ces conceptions erronées représentent l'essentiel des freins à l'essor des bâtiments à faible consommation énergétique.

Une autre construction est possible…

Construire différemment, diminuer les besoins en énergie... Le savoir-faire et les technologies permettant d'édifier des bâtiments verts existent. L'utilisation de matériaux « passifs » et l'isolation, intégrés dès la conception, accroît l’efficacité énergétique d'un bâtiment de 35% et réduit ses coûts de chauffage de 80%, rappellent les signataires du rapport. Les immeubles de l'expérience BedZED - Beddington Zero Energy Development - entamée dans la banlieue de Londres, se composent de 82 appartements partageant une conception bioclimatique, un chauffage central au bois, des équipements électriques basse consommation et des panneaux solaires. Bilan ? Un résident de BedZED présent une empreinte écologique inférieure de 40 % de la moyenne britannique.

Le rapport Vital Signs de l'Institut WorldWatch, dévoilé mi-septembre, souligne les performances énergétiques de tels « écovillages ». Ces groupes d'habitations, hameaux ou quartiers, bâtis selon des approches intégrées et souvent très respectueuses de leur environnement, combinent énergies renouvelables, habitat passif et diverses innovations sociales comme le co-voiturage et une agriculture locale. De plus en plus nombreuses, WorldWatch en recense 379 dont 138 en Europe et 110 en Amérique du Nord, ces communautés montrent l'exemple, adoptant des modes de vie durables et très performants. Leur empreinte écologique et leurs émissions de gaz en effet de serre apparaissent comme divisées par 2 ou par 3 en regard des moyennes nationales. Des résultats à même de justifier des politiques publiques à long terme mais volontaristes (voir encadré).

Maxence Layet
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