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La démarche HQE répond aux attentes nouvelles des acteurs de la construction et, plus largement, du public. Il en va en effet de la santé publique et du respect de l'environnement. Esthétique, nuisances, confort thermique et acoustique, luminosité, gestion des déchets, recyclage de l'eau, etc. : l'impact des bâtiments sur l'environnement est multiple. Selon l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), en 2000, les secteurs résidentiel et tertiaire en France ont consommé 46 % de la consommation nationale d'énergie, et rejeté 25 % des émissions françaises de gaz à effet de serre. " Il est techniquement possible de diviser au moins par deux les
Les 14 cibles de la Qualité Environnementale des Bâtiments
1. Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat 2. Choix intégré des procédés et produits de construction 3. Chantier à faibles nuisances 4. Gestion de l'énergie 5. Gestion de l'eau 6. Gestion des déchets d'activités 7. Gestion de l'entretien et de la maintenance 8. Confort hygrothermique 9. Confort acoustique 10. Confort visuel 11. Confort olfactif 12. Qualité sanitaire des espaces 13. Qualité sanitaire de l'air 14. Qualité sanitaire de l'eau
consommations d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel et tertiaire, tout en améliorant le confort des usagers et en diminuant leurs problèmes de santé. Atteindre cet objectif est d'abord affaire de volonté politique, les professionnels sont prêts à se mobiliser si on leur en donne les moyens " estime Serge Sidoroff, ingénieur de GECOB Conseil Environnement, spécialiste de la HQE.
La démarche HQE qui propose de mettre en œuvre des moyens permettant d'atteindre cet objectif, reçoit un écho de plus en plus large parmi les acteurs du secteur. Née dans le sillage des politiques d'économie d'énergie des années 70 et 80 et de l'émergence du développement durable dans les années 90, la démarche HQE est le fruit d'un travail de longue haleine de la part de quelques pionniers. Dès 1993, le ministère du Logement créait l'ATEQUE (Atelier d'évaluation de la qualité environnementale des bâtiments), groupe d'experts chargé d'un travail de réflexion sur cinq ans, et lançait dans la foulée 11 opérations HQE dans le logement social entre 1994 et 1998.
Deuxième acte, la création en 1996 de l'Association HQE, afin d'élaborer un langage commun et des référentiels de la qualité environnementale des bâtiments reconnus et acceptés par tous les acteurs du secteur. Outre différents partenaires institutionnels tels que l'Ademe, le ministère de l'Equipement et celui de l'Ecologie, ces acteurs sont tous présents par le biais de leurs organisations professionnelles (ingénieurs, architectes, économistes, fabricants, entreprises), ainsi qu'une trentaine de maîtres d'ouvrages publics (régions, départements, Union des HLM, Assistance Publique, Fédération des SEM, etc.). Penser le bâtiment comme un système global
La démarche HQE vise " à limiter les impacts d'une opération de construction ou de réhabilitation sur l'environnement, tout en assurant à l'intérieur du bâtiment des conditions de vie saines et confortables " (Ademe). Un bâtiment HQE répond ainsi à trois exigences complémentaires : maîtriser les effets du bâtiment sur le cadre extérieur, créer un environnement confortable et sain pour ses utilisateurs, préserver les ressources naturelles en optimisant leur usage. " Cette démarche HQE se définit par un objectif, la qualité environnementale des bâtiments, et un moyen pour atteindre cet objectif, un système de management environnemental des opérations de construction, d'adaptation et de gestion des bâtiments " explique Gilles Olive, conseil en stratégie technologique et président des Clubs D2C (Développement Durable du Cadre de vie bâti). La démarche HQE permet de fédérer les partenaires (maître d'ouvrage, maître d'œuvre, entreprises, exploitant) d'un projet autour d'un objectif commun : l'obtention d'un certain niveau de qualité environnementale tout au long du cycle de vie du bâtiment, de la conception à la réalisation, l'utilisation, la maintenance, l'adaptation, et jusqu'à la déconstruction du bâtiment. Comment aborder la démarche HQE ? l'Association HQE a défini 14 critères de la qualité environnementale (cf. encadré) qui font désormais référence. " Pour un projet de construction ou de réhabilitation, les acteurs du projet sont obligés d'examiner les 14 cibles mais, selon le contexte géographique donné, selon l'usage voulu pour le bâtiment, sa nature, toutes les cibles ne vont pas être équivalentes. Elles seront hiérarchisées, certaines apparaissant comme majeures et d'autres secondaires. " précise Dominique Bidou, président de l'Association HQE. Isolation renforcée du bâtiment, éclairage naturel performant, vitrages phoniques, maîtrise de la ventilation des locaux sont quelques exemples d'applications de la démarche HQE. De plus, cette démarche se préoccupe de l'état du chantier : réduction des nuisances, tri des déchets, etc. Vers la certification
Après une phase exploratoire, la démarche HQE tend à se répandre et à s'institutionnaliser, ce qui suscite une demande de certification. Les deuxièmes assises de la démarche HQE qui se sont tenues à Bordeaux les 9 et 10 décembre 2002 ont permis de faire le point sur les projets en cours dans ce domaine : " au cours de l'année 2003, au moins deux labels de certification d'opérations HQE devraient voir le jour : un concernant l'habitat social neuf, élaboré par Qualitel en réponse à la demande du Secrétariat d'Etat au Logement, et un concernant le tertiaire neuf élaboré par le CSTB. Leurs modalités d'attribution devront être en cohérence avec les référentiels de l'Association HQE et avoir été validées par AFNOR Certification." observe Serge Sidoroff. Une demande existe également concernant les agréments d'acteurs, auxquels réfléchissent également les Clubs D2C. L'enjeu est d'importance. " Derrière cette idée de certification réside une idée simple : reconnaître la qualité. Le bâtiment est de meilleure qualité, d'une durée de vie plus longue, il offre de meilleurs services, coûte moins cher en fonctionnement. Mais la certification ne doit surtout pas brider la créativité. Expérimentons, mettons en place un dispositif et ajustons-le " estime Dominique Bidou, président de l'Association HQE.
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