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« L'artisanat n'est plus épargné par la crise. » Pour Jean Lardin, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises (Capeb), le constat est rude. « Nous pensions nous en sortir un peu mieux, croyant que la légère reprise économique de septembre allait se confirmer, mais nous sommes obligés de constater que les activités du bâtiment sont en recul de 8,5 % sur ce troisième semestre, par rapport à 2008. » Une tendance qui n'épargne pas les artisans du bâtiment qui devraient voir leur activité chuter de 5,4% sur l'année 2009. La rénovation et l'entretien soutenus par le Grenelle Si la construction neuve subit un recul inattendu de 10% sur ce dernier trimestre, l'entretien et de la rénovation des bâtiments sont en revanche moins touchés par cette crise. La Capeb prévoit en effet une baisse d'activité en volume de « seulement » 2,8% en 2009 sur ce terrain. Une conséquence directe des incitations financières élaborées par le gouvernement suite au Grenelle de l'environnement, pour répondre à l'objectif de réduction de 12% de la consommation énergétique du parc ancien d'ici 2012. Le « verdissement » des bâtiments amortit donc cette tendance générale à la baisse, comme le souligne Jean Lardin : « heureusement que nous avons les éco-PTZ et les éco-subventions pour générer une hausse de 15% des investissements dans la rénovation. » Ces éco-prêt à taux zéro, dont les premiers ont été signés début avril 2009, ont en effet séduit plus de 35 000 ménages, qui ont emprunté entre 15 et 17 000 euros en vue d'améliorer la performance énergétique de leurs habitations, ou d'assurer l'assainissement de leurs eaux usées. Quant à l'éco-subvention, créée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), elle s'inscrit dans le cadre du Plan de relance, et permet aux propriétaires d'économiser 20 à 30% du montant de leurs travaux de rénovations thermiques. Depuis le lancement du dispositif en mai dernier, l'Anah a distribué quelques 9000 éco-suventions, et estime à plus d'un million le nombre de logements potentiellement concernés.
Principales mesures du Grenelle
La norme « bâtiment basse consommation » impose une consommation inférieure à 50 kW/m2/an. Elle s'appliquera à toutes les constructions neuves dès la fin de l'année 2012 et, par anticipation, à toutes les constructions neuves de bâtiments publics et tertiaires à compter de fin 2010. Quant à la norme « bâtiment à énergie positive », qui impose une consommation inférieure à la quantité d'énergie produite par le bâtiment à partir d'énergies renouvelables, elle s'appliquera à toutes les constructions neuves à compter de la fin 2020.
Formation à la construction écologique Pour assurer ces travaux, les artisans du bâtiment ont pris conscience de la nécessité d'acquérir de nouvelles compétences. En témoignent les responsables des filières d'apprentissage, qui intègrent ces nouvelles pratiques dans leurs formations, et qui affichent aujourd'hui complet. La Capeb a de son côté anticipé ces besoins de qualification, en créant en avril 2008 le label « éco-artisan ». Désormais délivré par l'organisme de certification Qualibat, ce label rencontre un certain succès, tant auprès des professionnels que des consommateurs. Gage de qualité, il attire visiblement une clientèle de plus en plus exigeante, et surtout en quête d'une information rigoureuse. Depuis sa création, près de 1600 artisans se sont donc présentés à l'examen, et 1300 d'entre eux sont repartis avec le précieux sésame. Les retours positifs se font déjà ressentir, comme le raconte Jean Lardin. « J'ai rencontré un jeune peintre de Seine Maritime labellisé, dont le carnet de commande ne désemplit plus. Au point qu'il envisage de recruter du personnel, et de s'associer avec d'autres éco-artisans. » Prochaine étape donc, la création du label « éco-rénovation », dans le courant de l'année 2010, « quand nous aurons suffisamment d'éco-artisans pour garantir la réalisation de ces travaux », dixit Jean Lardin. Mais si le président de la Capeb salue les bienfaits des mesures du Grenelle, il n'en demande pas moins au gouvernement de soutenir encore davantage les artisans français. Notamment via des financements dégagés par le Grand emprunt national. « On met la barre haute avec le Grenelle. Ce serait bien, aussi, d'y mettre quelques moyens financiers ! » Et de rappeler que l'artisanat du bâtiment compte tout de même 1,2 million de salariés en France. Quoi qu'il en soit, les outils d'incitation à l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments devraient avoir de beaux jours devant eux. La mise en oeuvre de la taxe carbone pourrait , à terme, donner un coup de pouce supplémentaire au secteur.
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