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Les villes de Francfort et de Ludwigshafen ont entrepris de rénover, sous l’égide du Passivhaus Institut de Darmstadt, 81 appartements locatifs situés dans des quartiers populaires. L’Institut de Darmstadt, dont le fondateur Wolfgang Feist a été primé avec son collègue suédois Hans Eek pour avoir conçu le principe des maisons passives, a accompagné la phase de planification et de construction. Il s’agit maintenant de mesurer le lien entre qualité de l’air et baisse de la consommation d’énergie. Pour cela, 270 capteurs ont été placés dans les bâtiments. Ils relèvent des données toutes les 10 minutes. A Ludwigshafen, une comparaison va être établie entre deux bâtiments, l’un rénové en mode passif et l’autre rénové selon les normes de rénovation en vigueur. S’il est encore trop tôt pour disposer de données précises et concluantes, les premiers résultats semblent positifs. Non seulement la baisse de la consommation d’énergie a été drastique (80%), mais Ludwigshafen se réjouit aussi qu’« une habitation respectueuse de l’environnement et dont les coûts liés à l’énergie ont été réduits au minimum soit devenue accessible à une large couche de la population». La ville ajoute que « les demandes et considérations des locataires ont été prises en compte dans le processus de décision ». Résultat : la rénovation du parc immobilier social le rend plus attractif, notamment pour les jeunes familles. Les appartements ne restent plus indéfiniment vides. L’érosion sociale, pour reprendre la terminologie de la ville, se trouve stoppée. Adapter les normes passives aux logements sociaux Le projet est à un stade expérimental et, pour être généralisée, la rénovation d’immeubles en mode passif devra surmonter des difficultés précises, listées par Ludwigshafen. Par exemple, les conduits d’air, colonnes vertébrales des constructions en mode passif, transportent le bruit d’appartement en appartement. Les balcons en béton, si caractéristique des constructions d’après-guerre, ainsi que les caves et les cages d’escaliers apportent le froid de l’hiver dans les appartements. Autre point sensible, il faut également concilier les besoins individuels de chauffage dans un bâtiment d’où est proscrit tout radiateur. Fidèle aux normes de la construction passive, un effort tout particulier a été porté sur l’isolation des bâtiments. Un triple vitrage a été mis aux fenêtres, et une couche de 30 cm de Polystyrol a été appliquée sur les façades extérieures. Une installation photovoltaïque de 140 mètres carrés a également été installée sur le toit produisant plus d’énergie que ce que les locataires consomment. A l’intérieur du bâtiment, un échangeur de chaleur pour l’air et l’eau diffuse la chaleur dans tout le bâtiment. « Ce projet a été mené dans la perspective de le standardiser pour pouvoir mener d’autres rénovations en série» précise-t-on à Ludwigshafen. « La rénovation du parc immobilier est LE sujet du moment », observe Sabine Stillfried, du Passivhaus Institut. De fait, la majeure partie du parc immobilier communal allemand a été bâtie après la guerre jusque dans les années 70, et ce, en grand nombre pour répondre à un besoin urgent. Or, ces logements ne répondent plus ni aux normes ni aux exigences actuelles et les villes sont confrontées à des rénovations à grande échelle de leurs parcs immobiliers. Financement attractif Les prix de l’énergie, particulièrement élevés en Allemagne, constituent une raison supplémentaire pour que les villes et les communes se penchent sur le mode de construction passive. Selon l’institut Passivhaus, les 150 euros par mètre carré supplémentaires que nécessite une rénovation en mode passif sont amortis dès le départ par la baisse de 80% de la consommation d’énergie et la valorisation substantielle du bâtiment. La ville de Francfort élargit, par exemple, son parc immobilier passif aux établissements publics, comme les écoles ou crèches – précisément en raison de la baisse drastique des coûts de l’énergie. Parallèlement aux prix élevés de l’énergie, la Kredit Anstalt für Wiederaufbau (KfW), le pendant allemand de la Caisse des dépôts, vient de simplifier, et par là, de rendre plus attractif encore ses crédits destinés à la rénovation de bâtiments anciens selon les normes passives (pour plus de détails, voir le lien, en anglais). Fort active en ce domaine, la KfW a, depuis février 2006, délivré plus de 170 000 crédits destinés à la rénovation et construction de bâtiments énergiquement neutres. Selon ses chiffres, cela représente un total de neuf milliards d’euros. « La demande des particuliers pour les logements passifs est grande, les appartements construits ou rénovés selon ces normes se louent beaucoup mieux» observe Sabine Stillfried. « On peut véritablement dire que le mode de construction passif est devenu un argument de vente efficace. La qualité de l’air surtout est particulièrement appréciée par les locataires et acheteurs d’immobilier. » En Allemagne, on compte 6 000 appartements, bureaux, écoles et autres bâtiments construits sur le mode passif, selon l’institut.
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