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« Très combatif » selon les commentaires des participants, Jean-Louis Borloo a pris les premières mesures phares du grenelle, particulièrement attendues par les ONG. Concernant le bâtiment, l’Alliance s’est félicitée de mesures « ambitieuses et correspondant à nos préconisations », a déclaré Yannick Jadot, porte-parole de Greenpeace. Sur les bâtiments neufs, le ministre a su imposer une norme « très haute performance énergétique » (THPE) pour 2010. Une nouvelle réglementation thermique exigera qu’en 2012 les nouvelles constructions consomment au maximum 50 kWh/m2/an en 2012 (contre 230 kWh/m2/an aujourd’hui ). Concernant les bâtiments anciens, le ministre l’a emporté face à la ministre du logement Christine Boutin, imposant une rénovation thermique obligatoire et un seuil de consommation des bâtiments de 80 kWh/m2/an. Il a également annoncé la mise en œuvre d’un vaste plan d’amélioration énergétique des bâtiments publics, grâce à des prêts bonifiés de 20 milliards d’euros financés par la Caisse des dépôts. « En 2015, l’ensemble du parc public, soit 360 millions de mètres carrés de bâtiments, sera rénové » a-t-il assuré. Une loi de programmation, assortie d’un vaste plan de formation pour les professionnels du bâtiment, devrait être votée début 2008. Les transports, qui font également partie des négociations « climat et énergie », ont fait également l’objet de mesures d’envergure. En premier lieu, Jean-Louis Borloo a annoncé l’arrêt de la construction de nouvelles routes et autoroutes. Idem pour les aéroports, bien que « le secteur aérien semble vouloir s’extraire de ces mesures », a ajouté Yannick Jadot. Par ailleurs, 2000km de lignes TGV supplémentaires seront construites d’ici 2020, ainsi que des « autoroutes ferroviaires » pour transporter les camions. « A terme, il n'y aura plus de camions de transit sur les autoroutes et les routes. On va les mettre sur des trains", a annoncé le minstre, précisant que "deux premières lignes nord sud-ouest et nord sud-est seront construites dans les 5 ans". S’agissant du transport routier, le principe d’une "écopastille" sous forme de bonus-malus pour les voitures a été acté. Cette mesure vise à récompenser chaque année, fiscalement, les acheteurs de véhicules moins polluants, et taxer davantage les véhicules les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Enfin, la création d’une « écoredevance » sur le transport routier a également été actée mais, comme pour l’éco-pastille, les modalités restent à définir. S’agissant des économies d’énergie, les membres du Grenelle sont parvenus à définir les objectifs suivants pour 2020 : 20% d’énergies renouvelables dans la consommation d’électricité, une réduction de 40% de la consommation d’énergie dans l’habitat et de 20% dans les transports. Autre mesure d’importance, l’interdiction des ampoules à incandescence d’ici à 2010. Greenpeace assure qu'une « telle mesure va avoir un impact environnemental très fort. Interdire les ampoules à incandescence à partir de 2010 va permettre à la France d’économiser environ 11 TWh/an, ce qui correspond à la capacité de production d’un EPR », précise l'ONG. D’autres sujets majeurs, comme la taxe carbone et la réduction du nucléaire, doivent encore être négociés. S’agissant du nucléaire, le ministre n’a pris aucune décision, puisque ce domaine relève exclusivement du président de la République. Si les ONG estiment pour l’instant avoir obtenu ce qu’elles attendaient, elles se disent vigilantes sur les financements et les outils d’application qui seront décidés ultérieurement. Une loi de programmation doit en effet être débattue au parlement en janvier et février 2008, pour entériner les décisions issues du Grenelle. Pour Alain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, « le risque est grand de voir les mesures du Grenelle vidées de leur contenu par le Parlement. Je ne suis pas sûr que le travail de concertation que nous avons réalisé soit poursuivi par les parlementaires », a-t-il ajouté. Réponse en février prochain.
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