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Entouré d’une dizaine de « personnalités qualifiées » qui président aux travaux du Grenelle de l’environnement, Jean-Louis Borloo a présenté à la presse les 6 grands chantiers retenus et le calendrier, très serré, de ces travaux. Les six groupes de travail, composés de représentants d’ONG, d’entreprises, de l’Etat, des syndicats et des collectivités territoriales, couvrent l’ensemble des problématiques du développement durable - Climat-énergie, biodiversité; santé-environnement; production et consommation durable, gouvernance et démocratie écologique, modes de développement, emploi et compétitivité -. Ils sont présidés par des personnalités expertes dans leur domaine, et désignées pour leur « indiscutable indépendance d’esprit », a tenu à souligner le ministre, ajoutant que « seuls deux élus politiques ont été sélectionnés, et ce en raison de leur personnalité ». Il s’agit de Marie-Christine Blandin, sénatrice (Verts) du Nord et Jean-François Legrand, sénateur de la Manche et président d’un parc naturel régional, qui présideront le groupe sur la biodiversité.
Appel pour le « Live Earth »
Evoquant le concert pour la planète qui a lieu samedi 7 juillet et pendant 24h pour lutter contre le réchauffement climatique, Jean-Louis Borloo « souhaite que la France soit associée à cette démarche planétaire, que partout où il y aura de la musique, dans les boîtes de nuit, dans les concerts, on chante et on danse pour défendre notre planète ». Le ministre lance « un appel aux artistes, animateurs de radios, festivaliers disc jockey pour relayer toute la journée ce message exceptionnel auprès du public : samedi, c'est la fête pour la défense de la planète ». Il a également annoncé l’organisation, pour l’année prochaine, « de grandes manifestations culturelles de ce type afin de sensibiliser tous nos concitoyens ».
Les enjeux majeurs du réchauffement climatique sont abordés par le groupe Climat-Energie, co-présidé par deux personnalités reconnues, Nicholas Stern (ancien vice-président de la Banque mondiale, conseiller de Tony Blair et auteur du fameux rapport sur le coût économique du changement climatique) et Jean Jouzel (climatologue et représentant français du GIEC). Le groupe santé, dirigé par Dominique Maraninchi (président de l’institut national du cancer) et Alain Grimfeld (chef du service pédiatrie-peneumologie de l’hôpital Trousseau), traitera des impacts sanitaires de la pollution, de la qualité de l’alimentation et des OGM. Fait notable, les OGM ont été décorrelés de la question agricole pour être évalués sous l’angle des impacts sanitaires. C’est d’ailleurs au sein du groupe Consommation et production durable qu’est traitée l’agriculture, groupe qui devra encourager le développement de nouvelles filières bio et la certification des exploitations. Il est co-présidé par le « rural » Denis Tillinac (éditeur et écrivain) et l’ « urbain » Jean-Robert Pitte (président de la Sorbonne).
Côté institutions, le groupe « démocratie écologique », présidé par Nicole Notat, a en charge la gouvernance et la prise en compte de l’environnement dans les institutions. La présidente de Vigeo (agence de notation sociale des entreprises), devra initier dans ce groupe des indicateurs et des méthodes d’évaluation pour l’action publique. Enfin, le groupe développement écologique, emploi et compétitivité est plus directement orienté vers les entreprises. Il traite de la fiscalité écologique, de l’économie verte, des comportements et de la publicité responsable. Dominique Bourg (philosophe), Bernard Ramanantsoa (président d’HEC) et Roger Guesnerie, (président de l’école d’économie de Paris) en sont les présidents.Un calendrier serré « La grande difficulté est de réunir tous les acteurs concernés sur un programme, mais je ne crois qu’à ça, a affirmé Jean-Louis Borloo. Quoi qu’il arrive, nous mettrons en place des programmes opérationnels, avec des fiches d’actions indiquant les moyens, les responsables politiques, les acteurs, le financement, et le suivi ». Si les objectifs sont clairs – déterminer une vingtaine de mesures prioritaires et immédiates-, le calendrier semble cependant très court, compte-tenu de la complexité des sujets et des intérêts divergents des acteurs… Des réunions de travail auront lieu en juillet et reprendront en septembre pour proposer ensuite un rapport d’étape au président de la République. Les propositions devront être prêtes pour la fin septembre, date à la quelle sera lancé le débat territorial (6 réunions publiques sont prévues), puis national via internet. La synthèse sera ensuite débattue au sein du Conseil économique et social pour être approuvée et présentée en octobre. L’urgence des mesures à prendre bouscule quelque peu les acteurs, qui doivent s’organiser pour défendre leurs orientations. Le MEDEF estime ainsi que la réussite du "Grenelle de l’environnement sera en grande partie liée à la capacité d’associer les entreprises aux réflexions et à l’action ». L’organisation patronale a annoncé le 26 juin la création de la « commission développement durable », «chargée de la définition de la stratégie du Medef sur les questions d’environnement, d’énergie et de développement durable». Elle est présidée par Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Rhodia et a pour mission « de porter clairement la position du Medef sur les sujets environnementaux.» Comme l’a souligné le ministre en évoquant ces travaux, « la confrontation nous permettra d’établir ce sur quoi nous sommes d’accord ou pas. Nous allons essayer de prendre ce grand risque démocratique, scientifique et opérationnel qui renforcera l’intelligence de la France dans l’après Kyoto ». Très présente à l’esprit du gouvernement, la présidence française de l’Union européenne en 2008 devrait s’inspirer, selon Jean-Louis Borloo, des mesures décidées par le « Grenelle » pour négocier les accords internationaux sur le climat.
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