Avec plus de 11 millions de km2 de mer, la France dispose du deuxième domaine marin au monde après les Etats-Unis, dont 97% situés Outre-Mer. Le pays a donc une responsabilité particulière en matière de gestion des pêches et de protection de la biodiversité marine. A l'issue du Grenelle de la mer, qui a débuté en juin dernier, plusieurs mesures d'ampleur ont été adoptées par les cinq collèges qui y participaient (Etat, patronat, syndicats, collectivités locales et ONG). Satisfaites, les associations affirment toutefois rester « vigilantes » sur leur application.
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Lancé en avril, le Grenelle de la mer s’est achevé le 15 juillet avec l’adoption de mesures concernant les énergies marines, la protection des ressources halieutiques, la réduction des déchets en mer ou encore la réduction de la pollution des eaux. Satisfaites, les ONG restent toutefois vigilantes sur l’application concrète de certaines d’entre elles. Le WWF « espère que cette volonté politique n’échouera pas sur les écueils de la haute administration des ministères concernés », Greenpeace salue un « bilan globalement positif » mais souligne que « les associations signataires seront particulièrement attentives au développement donné à certains sujets d’importance ». Notamment la mise en œuvre d’une aquaculture durable, la protection des écosystèmes, les pollutions et le traitement des déchets. Parmi les mesures attendues, la France a annoncé son soutient à l’interdiction du commerce international du thon rouge, particulièrement menacé et devenu le symbole de la disparition des espèces. Plus généralement, la France s’engage à respecter les avis scientifiques dans l’élaboration des quotas de pêche européens.
La surpêche coûte 50 milliards de dollars par an
Selon un rapport conjoint de la Banque mondiale et de la FAO publié en février 2009, les pertes économiques dans le secteur des pêches maritimes, qui résultent de la mauvaise gestion, de l’inefficacité, et de la surpêche se montent à plus de 50 milliards de dollars par an. "Les milliards engloutis", titre du rapport, sont dus à l’épuisement des stocks et à la raréfaction de poissons à pêcher, et en conséquence aux coûts associés à la recherche et à la capture de ces poissons. Par ailleurs, la surcapacité des flottilles de pêches –"trop de pêcheurs pourchassant trop peu de poissons" – rendent les coûts d’opération trop élevés. Les prises mondiales en mer stagnent à environ 85 millions de tonnes par an depuis plus d’une décennie.
Dans son discours prononcé au Havre à l’issue du Grenelle de la mer, Nicolas Sarkozy a également annoncé l’objectif d’instaurer, d’ici 2020, 20% d’aires marines protégées, ce qui représente 2,2 millions de km² de mer. « Si ces objectifs sont réellement mis en œuvre, la France deviendra le leader mondial en termes de protection de la biodiversité et de gestion des pêches », se félicite Greenpeace. D’autres objectifs chiffrés ont été adoptés, comme l’écolabellisation des produits d’aquaculture, pour atteindre 25 % de la production française en 2015, ou encore le « zéro rejet urbain non traité en mer en 2030 ». Les questions délicates relatives aux métiers de la pêche seront en revanche débattues lors des Assises de la Pêche, qui auront lieu à la rentrée. Le ministère n’a pas, au final, compétence pour traiter l’avenir de la filière, qui relève de la Direction des Pêches Maritimes et de l'Aquaculture (DPMA), rattachée au ministère de l'agriculture.Quid des pollutions d’origine terrestre ?
Le Grenelle promet également de réduire de 40% d’ici 2012/2014 les nitrates et phosphates d'origine agricole, urbaine ou industrielle dans les zones vulnérables et dont le littoral est eutrophisé (algues vertes, plancton toxique…). Il s’agit toutefois d’un objectif non contraignant, qui pour FNE, « n’apporte pas une réponse à la hauteur du problème ». L’association souligne par ailleurs qu’elle restera vigilante sur « les dossiers qui n’ont pas encore vraiment trouvé de réponses, soit parce que le Grenelle de la Mer est le fruit d’un compromis à cinq, soit parce que le Président les passés sous silence ». La maîtrise de la « bétonnisation du littoral » n’a effectivement pas été évoquée, ni le démantèlement des navires en fin de vie ou les pollutions et les déchets d’origine terrestre (estimés à 80% du problème). Enfin, dans le domaine climatique, le Grenelle de la mer n’a pas pris de mesures sur la réduction des émissions de CO2 du transport maritime, mais a adopté un plan d’investissement de 400 millions d’euros consacré aux énergies marines, prévoyant une production de 6000 MW en 2020.
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