Bâtiment : les artisans engagés dans la croissance verte

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Publié le 22-04-2009

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L'Assemblée générale de la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), syndicat rassemblant plus de 98% des entreprises du Bâtiment, a fait salle comble, vendredi 17 avril dernier, au Palais des Congrès de Paris. L'occasion de faire le point sur les difficultés conjoncturelles du secteur, et d'initier officiellement l'engagement des entrepreneurs dans la « croissance verte ».

Les patrons ont répondu à l’appel. Réunis autour de Jean Lardin, président de la Capeb, ils étaient quelques centaines à assister à ce rendez-vous annuel, placé sous le signe de la croissance verte. Victimes à leur tour de la crise socio-économique, les artisans du Bâtiment attendent avec impatience les effets du plan de relance et des promesses du Grenelle. Et pour cause, ceux qui réalisent plus de 60% du chiffre d’affaire du secteur ont vu leur activité chuter de 4% au premier trimestre 2009 et les carnets de commandes se désemplir dangereusement.

Croissance verte : la solution ?

Les espoirs placés dans la fameuse croissance verte n’en sont donc que plus grands. Pour Jean Lardin, prendre ce train en marche est plus que jamais la solution : « le chiffre d’affaire de l’entretien-rénovation thermique devrait au moins doubler d’ici 2012, pour atteindre 18 à 22 milliards d’euros par an. Nous avons devant nous une opportunité de croissance inespérée », assure-t-il.
 Les artisans ont à leur disposition deux mécanismes majeurs pour relancer leur activité.  D’abord, la création de la marque ECO Artisan®, lancée en juillet 2007 par la Capeb elle-même. L’objectif : former des professionnels capables de conseiller le client dans la mise en œuvre de ses travaux, en répondant aux enjeux de la rénovation thermique énoncés par le Grenelle. Pour l’obtenir, les artisans peuvent suivre une formation dispensée par la FEE Bât (Formation aux Economies d’Energies des entreprises artisanales du Bâtiment), non obligatoire mais fortement conseillée pour obtenir le diplôme, délivré par un organisme indépendant. A l’heure actuelle, plus de 8000 professionnels suivent cette formation. Les entrepreneurs envisagent cette marque comme véritable faire-valoir auprès des clients, qui devrait être massivement pris en compte par les propriétaires des 31 millions de logements en attente de rénovation thermique.

Par ailleurs, l’une des mesure-phare du Grenelle, l’Eco-prêt à taux zéro, suscite également bien des espoirs. Effectif depuis le 1er mars 2009, ce prêt bancaire sans intérêt est destiné aux particuliers qui engagent des travaux dans leur résidence principale, avec l’objectif d’en améliorer la performance énergétique (voir article lié). Le montant maximal est fixé à 30 000 €, pour un bouquet de trois actions de travaux ou l’atteinte d’un niveau global de performance énergétique du logement. La veille de l’AG, Jean-Louis Borloo, ministre de l’environnement, avait assisté aux signatures des cinq premiers Eco-PTZ à la Banque Populaire de Gif-sur-Yvette (Essonne). Philippe Pelletier, président du comité stratégique du Plan bâtiment du Grenelle de l’environnement, qui était aux côtés du ministre pour ces signatures, engage les patrons de l’assistance à promouvoir le dispositif : « l’Eco-PTZ est l’occasion inouïe pour vous de recréer l’activité, pour les particuliers de réduire leurs facture de charges, et pour la société, de réduire son empreinte écologique. »

Scepticisme et revendications

Dans les rangs de l’amphithéâtre, les paroles vertueuses font parfois grincer des dents. Surtout lorsque sont évoquées les relations entres patrons et banquiers. Guy Castelnau, responsable francilien de la Médiation du crédit aux entreprises, l’avoue lui-même, « les banquiers ne jouent pas tous leur rôle. Mais la Médiation aux crédits est un recours efficace : il permet de renouer le dialogue entre banquiers et artisans. »
Les banques ne sont pas les seules cibles des railleries ironiques de la salle. Les pouvoirs publics en prennent également pour leur grade. Quand Jérôme Bonaldi, animateur des tables-rondes, demande à Philippe Pelletier quelles actions ont été concrètement mises en place, la réponse de l’intéressé, « surtout des groupes de travail qui vérifient que les objectifs du Grenelle sont bien mise en œuvre », en fait rire plus d’un.

Mais le plus virulent reste sans aucun doute Jean Lardin lui-même, qui n’a pas mâché ses mots dans son discours de clôture en présence de Jean-Louis Borloo. Tout en signifiant que les échanges avec le ministère sont « cordiaux et productifs », il n’a pas manqué d’interpeler le ministre sur un sujet qui fait rage dans le secteur du Bâtiment : la récente création du statut d’ Auto-entrepreneur. Via ce dispositif, la création d’entreprise est grandement facilitée, allègements fiscaux à l’appui.  « Ce serait un peu ubuesque si ce n’était inquiétant. Nous qui avons choisi de défendre l’image de l’entreprise responsable, on ne peut pas nous demander de fermer les yeux. » La Capeb craint effectivement que cette mesure implique une déstructuration des métiers du bâtiment, en générant une concurrence déloyale.


Anne Farthouat
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