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15 établissements publics, 7 entreprises et 38 maisons individuelles accueilleront ce week-end les visiteurs intéressés par les sources d’énergies alternatives. Cette manifestation, relayée par les adhérents locaux du CLER (Comité de liaison des énergies renouvelables, qui réunit les professionnels du secteur), se déroule dans 64 sites répartis dans 40 départements. Objectif : permettre aux particuliers d’apprécier, in situ, l’efficacité énergétique des installations solaires, photovoltaïques et hydrauliques, ou encore de visiter des parcs éoliens, des bâtiments construits selon la norme HQE (haute qualité environnementale) et les principes bioclimatiques. « Une première édition en 2002, consacrée aux installations solaires avait très bien marché, explique Arnaud Brunel, directeur du CLER. Cette année, elle concerne toutes les énergies renouvelables, avec parfois plusieurs sources sur un même site. L’opération permet aux clients potentiels de discuter et de partager l’expérience des utilisateurs, ce qui est plus toujours plus convaincant que d’acheter sur catalogue ou dans un salon professionnel ». Volontairement organisé en hiver pour montrer l’efficacité énergétique de ces installations, ce week-end « portes ouvertes » concerne des sites appartenant à des particuliers, des entreprises et des associations ainsi que des collectivités, qui utilisent différentes énergies renouvelables : le bois énergie, l’éolien, le solaire thermique, le biogaz, le solaire photovoltaïque et l’hydraulique. Dans l’Ain, la mairie et l’école de Vandeins ont ainsi adopté la démarche HQE pour l’extension de l’école et la création du restaurant scolaire, une chaudière automatique au bois déchiqueté (80 kW) alimente les bâtiments de l’école, la mairie et un logement, grâce à un réseau de chaleur de 60 mètres de long. Le combustible est stocké dans un silo de 60 m3 et acheminé vers la chaudière en fonction des besoins de chauffage. Les parisiens pourront visiter la maison d’un particulier équipée en solaire thermique et photovoltaïque située à Montrouge, un restaurant (Les Nouveaux Robinsons), à Montreuil, utilisant une installation solaire thermique ou encore une installation solaire photovoltaïque sur le toit d’un bâtiment HLM (à Montreuil également). 220 m2 de panneaux solaires photovoltaïques connectés au réseau y ont été installés en toit-terrasse et produisent en moyenne 22 MWh par an. Monopole de l’électricité
La Banque mondiale investit dans les ER
La Banque mondiale a annoncé le 3 juin dernier qu'elle allait augmenter de 20% en moyenne par an pendant les 5 prochaines années ses financements en faveur des énergies renouvelables. La Banque mondiale consacre actuellement 200 millions de dollars par an au solaire et au photovoltaïque et à l'efficacité énergétique (réduction de la consommation d'énergie). Souvent accusée de privilégier les énergies fossiles à travers des projets ayant des impacts environnementaux et sociétaux négatifs dans les pays du Sud, l’institution promet d’"accélérer et d’agrandir son rôle" dans la promotion des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique dans les pays émergents. Par ailleurs, elle a d’ores et déjà engagé un vaste processus de consultation préalable des parties prenantes pour les projets qu’elle finance dans ces pays.
Si l’on constate un intérêt croissant du public pour ces nouvelles énergies durables, le retard français en la matière est patent. Malgré les crédits d’impôts instaurés par l’Ademe, on ne compte actuellement que 6000 chauffe-eau solaires sur les 20 millions de foyers français, tandis que l’électricité reste une énergie dominante, avec 200 000 nouveaux cumulus électriques installés chaque année. « La comparaison avec l’Allemagne est très parlante, observe Arnaud Brunel. Nous n’avons pas encore atteint le seuil des 5 mégawatts en production photovoltaïque quand l’Allemagne en produit 400, soit 80 fois plus. Même constat pour l’éolien, où nous arrivons à peine à 300 mégawatt contre 15 000 pour l’Allemagne ». Alors que nos voisins européens investissent sur un marché économiquement rentable, écologiquement durable et créateur d’emplois, la France continue à privilégier le tout électrique. « Les professionnels du secteur des énergies renouvelables font preuve de courage pour rester sur ce marché qui subit à la fois la concurrence d’EDF et celle des leaders européens du secteur, qui ont réussi à baisser leurs coûts avec le développement de la demande, regrette le directeur du CLER. Mais surtout, le combat avec EDF et GDF reste inégal. EDF a les moyens de vendre au strict minimum de la rentabilité et peut, grâce à sa puissance, détourner des clients d’autres sources d’énergies ». Les énergies renouvelables doivent par ailleurs s’affranchir d’obstacles techniques et administratifs – les autorisations pour l’installation d’un parc éolien relèvent souvent du parcours du combattant- pour se développer et devenir une véritable alternative aux modes de production d’énergie traditionnels… Insuffisance des crédits de recherche
Les difficultés que rencontre la filière des énergies renouvelables en France sont également présentes dans de nombreux pays occidentaux. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un rapport publié en juin 2004 (Renewable Energy, Market and Policy Trends in IEA countries), notait que la part des "renouvelables" dans la consommation d'énergie avait diminué dans les dernières années, en dépit des intentions affichées par les gouvernements. Après avoir atteint 6 % en 1992 contre 4,6 % en 1970, cette part a régressé à 5,5 % en 2001. Pour l'AIE, les énergies renouvelables ont pâti de la baisse de la recherche publique et des subventions consacrées à ces filières à partir de 1982. Aujourd’hui, sur les vingt-six Etats membres de l’agence (tous les pays occidentaux, plus la Turquie, la Hongrie, la République tchèque et la Corée du Sud), seuls 3 pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne) leur ont consacré un budget digne de ce nom. "La part déclinante des crédits publics de recherche et développement consacrés aux énergies renouvelables n'est manifestement pas compatible avec les intentions politiques affichées dans beaucoup de pays membres de l'AIE d'augmenter la contribution des renouvelables au bouquet énergétique", déplore l’agence.
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