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Qui sont les « foyers photovoltaïques » de demain ? D’après la société de services marketing Axciom, ces propriétaires motivés par l’installation de panneaux solaires sur leur toit, « épicuriens, plutôt aisés financièrement et adeptes d’activités culturelles diverses », habitent majoritairement dans le sud de la France, ont entre 25 et 54 ans, sont en couple, et sont évidement « sensibles à la nature et aux problématiques écologiques. » Le profil type de « ces nouveaux consommateurs écolos », Acxiom l’a élaboré au fil de sa « Grande enquête sur la consommation des foyers français », réalisée entre mai et juin 2010. Publiés début en avril 2011, les résultats semblent déjà obsolètes. Car depuis, le moratoire sur le photovoltaïque a changé la donne. Et nombre de ces « écolos-épicuriens » ont abandonnés leurs projets solaires. Mauvaise publicité pour le photovoltaïque « Les français n’ont plus confiance dans le photovoltaïque. » Aujourd’hui, la plupart des installateurs dressent ce même constat. Leurs carnets de commandes se réduisent à peau de chagrin, et leurs perspectives d’avenir avec. D’après Richard Loyen, délégué général d’Enerplan (Association de professionnels de l’énergie solaire), « les demandes de raccordement au réseau auprès d’ERDF ont chuté de 40 à 60% par rapport à l’année dernière ». Une évaluation qu’Enerplan a réalisée auprès de ses membres, qui révèle également que ces entreprises ont licencié 38% de leur effectif global. « Le discours du gouvernement et des medias a fortement entaché la réputation du photovoltaïque », observe Jean-Baptiste Noblet, installateur rhône-alpin. Après la baisse du crédit d’impôt en septembre 2010, « on a vu de nombreux reportages sur les entreprises opportunistes qui profitaient d’un business florissant en travaillant vite et mal. Puis le moratoire. Et finalement, un nouveau dispositif de financement qui offre peu de visibilité, car les tarifs d’achats peuvent être révisés tous les trimestres. » Depuis le début de l’année, l’entrepreneur a licencié un salarié (sur quatre), et estime à près de 30% les pertes sur son chiffre d’affaires. « Le bouche à oreille ne fonctionne plus », résume-t-il. Même constat en Champagne-Ardenne, où Severino Trigo, a monté son entreprise en 2007. « Nous avons réalisé une douzaine de chantiers résidentiels l’année dernière. Cette année, nous n’avons toujours pas signé de commande. » D’après lui, « les particuliers ne comprennent plus rien au dispositif. Ils pensent que les tarifs fixés par leur contrat d’achat vont changer tous les trois mois. Ce qui est évidemment faux, puisqu’ils sont fixés pour toute la durée du contrat. Mais cette instabilité réglementaire suscite les incertitudes. » Comment redorer le blason du solaire ? « Pourtant, l’investissement dans des solutions techniques solaires reste pertinent », plaide Richard Loyen. Et de citer la plus-value d’un bien immobilier équipé de panneaux et de chauffe-eau solaires, la maîtrise de la facture énergétique, ou encore les retours sur investissement de plus en plus rapides, « même avec les tarifs d’achat en vigueur », comme ses meilleurs arguments de vente. Un discours que les professionnels du solaire auront l’occasion de tenir auprès des particuliers lors des Journées européennes du Solaire, organisées dans les collectivités françaises du 9 au 15 mai prochain. Un millier d’actions de sensibilisation et d’information sur l’énergie solaire sont prévues en régions, parmi lesquelles des visites d’installations, des conférences grand-public, des animations pour les enfants, des portes ouvertes dans les entreprises… Jean-Baptiste Noblet participera à l’événement, même s’il concède « qu’avec la baisse des commandes, le budget communication est bien maigre. » Autre moyen d’action pour remobiliser les « foyers photovoltaïques » : miser sur la fabrication locale. La mauvaise qualité des panneaux asiatiques, accusés de surcroît d’être sponsorisé par les tarifs de rachat français, incite les professionnels à valoriser le Made in France. C’est dans cette optique que le Syndicat des énergies renouvelables lancera dans quelques semaines le label « France » pour les modules photovoltaïques fabriqués dans l’Hexagone. « Ce label sera un véritable atout auprès des consommateurs », estime Jean-Baptiste Noblet. « Bien souvent, les particuliers sont sensibles à l’origine des produits, et le marché résidentiel est capital pour le maintien de la filière. » Pour Richard Loyen, « ce label sera effectivement un indicateur pertinent, mais insuffisant. Le prix, le rendement et la durabilité des panneaux resteront des critères de choix fondamentaux. » Et de répéter, « les professionnels, comme les consommateurs, ont surtout besoin aujourd’hui d’une réglementation stable. » Ces efforts de communication et de promotion du Made in France, portés par les professionnels, trouvent en tout cas plusieurs facteurs en leur faveur : une hausse exponentielle et durable des prix des énergies fossiles, et un avenir compromis pour le nucléaire post-Fukushima. De quoi redorer l’image du solaire ?
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