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Lors de l'examen du projet de loi sur les énergies, l'assemblée nationale a adopté un amendement privilégiant les projets éoliens de grande puissance. Il stipule en effet que l'obligation d'achat, par EDF, d'électricité issue de l'éolien ne s'appliquera désormais qu'aux grandes installations de plus de 20 mégawatts contre 12 mégawatts auparavant. Or, ce sont précisément les opérations de moyenne puissance qui sont actuellement les plus développées en France. Les ONG dénoncent ce mécanisme, qui aura pour conséquence selon elles, de freiner considérablement le développement des parcs éoliens en France. Rappelons que la réglementation européenne exige qu'en 2010, 21% de la consommation d'énergie soit assurée par les énergies renouvelables et que l'hexagone accuse d'ores et déjà un certain retard dans l'application de cette directive.
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Selon les auteurs de l’amendement – trois députés du groupe UMP- ce texte aurait pour objet d’éviter le « développement anarchique des projets éoliens au détriment de la protection des paysages ». Cet argument justifie selon eux de privilégier la concentration de grandes installations, au détriment de parcs de taille moyenne -qui représentent néanmoins la grande majorité des projets en cours. Un argument réfuté par les ONG comme par le CLER ( Comité de liaison des énergies renouvelables, qui regroupe les professionnels de ces filières). « Il faut souligner qu’à l’heure actuelle, l’implantation d’un parc éolien nécessite des études paysagères très poussées et des enquêtes très contraignantes, concernant notamment l’impact paysage Toutes ces contraintes sont bien acceptées par les professionnels, mais elles contribuent à maintenir le sous-développement de la production éolienne en France : 400 MW installés pour des engagements européens de 5 à 10 000 MW en 2010, encore confirmés récemment par le gouvernement », souligne le CLER. Pour les opposants à cet amendement, la protection du paysage ne serait qu’un prétexte, qui masque « la volonté profonde de renforcer toujours plus la centralisation du réseau électrique français ». Certains élus locaux , qui craignent de voir disparaître des projets porteurs pour l’économie locale, ont rejoint la protestation des ONG, à l’instar de l’Association des régions de France (ARF) qui déclare se joindre « aux multiples réactions des collectivités locales et des associations en affirmant son indignation concernant l’amendement proposé par le député Serge Poignant ». Par ailleurs, l’ARF souligne que « l’amendement confie au ministère de l’industrie le soin de décider des territoires propices à l’éolien, ce qui renforcera encore les difficultés des promoteurs de projets. Il s’agit de l’enterrement de la filière éolienne en France, avec la disparition à court terme de plusieurs milliers d’emplois, ainsi que l’abandon de toute perspective de tout développement français dans un domaine pourtant fortement créateur d’emplois en Europe ». A titre d’exemple, tous les projets en cours d’étude en Alsace devraient être abandonnés, car ils ne répondent plus aux critères exigés par l’amendement… Le projet de loi doit désormais revenir au Sénat en deuxième lecture, mais, quoi qu’il en soit, le respect des engagements français en matière d’énergies renouvelables semble plutôt compromis. Alors qu’il engage la politique énergétique de la France pour les 30 prochaines années, ce texte fait l’objet, depuis son adoption en conseil des ministres, de vives critiques de la part des ONG et des acteurs de la filière des énergies renouvelables. Deux défis majeurs restent en effet posés : la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance de l'économie aux énergies fossiles. Enfin, selon l’European Wind Energy Association (EWEA), la France dispose de 386 mégawatt de capacités installées et reste loin derrière l’Allemagne (16.620 MW ) et l’Espagne (8.263 MW). Les dix nouveaux pays de l’Union européenne sont presque totalement dépourvus de parcs éoliens, et ne bénéficient que d’une capacité totale de 132 MW.
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