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Si la France a réduit la voilure sur l’énergie solaire, la Chine, en revanche, accélère. Premier producteur mondial de panneaux solaires avec plus de la moitié de la production mondiale de cellules photovoltaïques, la Chine est aussi de plus en plus un consommateur d’énergie propre. Le marché du photovoltaïque domestique a ainsi augmenté de 50 % en 2008 et on estime qu’une maison sur dix est pourvue d’eau chaude solaire dans le pays. La part du renouvelable dans le mix énergétique chinois devrait ainsi passer de 7% à 15% d'ici 2020. Objectif final : 40 % d’énergie renouvelable produite en Chine d’ici 2040. Un objectif ambitieux mais qui s’explique par deux raisons principales : d’abord réduire la pollution dont les effets néfastes provoquent de plus en plus de contestation sociale ; ensuite, réduire sa dépendance aux importations, notamment de gaz et de pétrole. La Chine importe actuellement 50% de son pétrole et ce pourcentage pourrait atteindre 75% en 2050. Sans compter que le charbon, particulièrement polluant, constitue toujours 70% du mix énergétique chinois. Première centrale électrique à combiner les énergies solaires et éoliennes Si le développement du nucléaire et des centrales hydroélectriques est lent et coûteux, l’éolien et le solaire en revanche ont beaucoup d’atouts. La Chine a pour elle une véritable industrie verte, capable de produire des panneaux solaires beaucoup moins chers que les autres, sans compter de vastes espaces désertiques, notamment dans les plaines de Mongolie intérieure. C’est là que se dresse depuis quelques semaines la dernière trouvaille des ingénieurs chinois : une cheminée gigantesque posée sur un tapis de silicium. Il s’agit de la première centrale électrique à combiner les énergies solaires et éoliennes. La centrale va produire 400 000 kmh électricité par an, ce qui permettra d’économiser l’équivalent de 100 tonnes de charbon et 900 tonnes d’eau, par rapport à une centrale thermique traditionnelle. Cette cheminée high-tech a été construite près le ville de Wuhai, en Mongolie intérieure. Un petit bijou de technologie né de la collaboration de l’Université des Sciences et des Technologies de Mongolie intérieure et de l’Université Technique de Madrid en Espagne. « Ça nous a pris trois ans de recherches pour créer cette centrale, explique le Professeur Wei Yili, responsable du projet. C’est une centrale qui peut fonctionner 365 jours par an et 24 heures sur 24 car la véritable innovation a été d’introduire un système éolien qui permet de produire de l’électricité en hiver lorsque l’ensoleillement est réduit ». Budget : 140 millions d’euros. Une infime partie de l’enveloppe de 300 milliards d’euros que le gouvernement entend consacrer aux énergies renouvelables. Ce site pilote sera ainsi étendu à terme sur 277 hectares. Pas de problème d’espace ici, le désert de Gobi s’étend sur deux millions et demi d’hectares. « Ce terrain est très favorable car le sable absorbe la chaleur et accumule de l’énergie, ce qui ajoute encore à l’efficacité de la centrale », conclut le Professeur Wei.
| Plainte des USA contre les subventions chinoises à l'éolien |
Les aides du gouvernement chinois s'apparentent selon Washington à un protectionnisme excessif, inscrit dans une stratégie globale du pays qui vise à interdire l'accès au marché des technologies vertes aux américains. Le gouvernement américain a indiqué fin décembre que les aides versées seraient conditionnées au fait que les assembleurs chinois d'éoliennes utilisent en priorité des composants chinois. Par ailleurs, selon le règlement de l'OMC sur les subventions, la Chine aurait du signaler l'existence d'une telle mesure. Les États-Unis ont donc porté plainte devant l'OMC au sujet de ces aides et d'autres plaintes pourraient suivre en cas d'échec des négociations sino-américaines sur les subventions aux industries vertes. Une visite du président Hu Jintao est prévue aux Etats-Unis courant janvier.
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Et des projets comme celui-là, la Chine en a lancé des centaines à travers tout le pays. Sans compter les travaux menés dans les laboratoires des universités chinoises pour développer l’énergie photovoltaïque de 3ème génération. Une technologie qui devrait permettre de produire des cellules plus efficaces et moins chères.La Chine en tout cas ne s’embarrasse pas des plaintes européennes et américaines. Washington et Bruxelles ont en effet saisi l’Organisation mondiale du Commerce pour entrave à la libre concurrence (voir encadré). Selon eux, les subventions massives de Pékin au secteur des énergies propres sont contraires aux règles de l’OMC. A Washington, les parlementaires voient rouges et menacent de surtaxer les produits chinois. Un nouvel épisode dans la guerre commerciale entre les deux pays. Leadership mondial Il faut dire que le secteur est particulièrement lucratif. Selon une étude que vient de publier le cabinet américain Solarbuzz, le chiffre d’affaires de l’industrie photovoltaïque frôlait les 14 milliards d’euros au troisième trimestre de cette année, soit une hausse de 74% sur un an, dont la plus grosse partie va dans la poche des Chinois. Huit des douze plus gros fabricants mondiaux de cellules photovoltaïques sont en effet originaires de Chine ou de Taiwan. Les industriels chinois ont assuré 51% des livraisons mondiales de cellules photovoltaïques cette année, contre 47% en 2009. Ils inondent le marché à des coûts de 30 à 40% inférieurs aux autres. Le groupe chinois JA Solar est le numéro un mondial des cellules photovoltaïques avec 8% de parts de marché, suivi d’un autre Chinois, Suntech Power. Le premier Américain, First Solar, ne se classe que troisième. Mais la Chine va devoir se recentrer de plus en plus sur son marché intérieur. La fin des subventions en France notamment est un sujet d’inquiétude pour les entreprises chinoises. Elles redoutent un effet boule-de-neige, elles qui exportent 98% de leur production. Autre sujet d’inquiétude pour Pékin : la mise en réseau des centrales solaires et éoliennes. Actuellement, l’électricité produite par la Chine est totalement subventionnée. L’Etat contrôle le secteur et inonde les industriels de subventions. « La prochaine étape sera de produire une électricité propre et rentable, explique un expert. La plupart de ces centrales solaires et éoliennes ne sont pas connectées au réseau. Elles produisent une énergie encore trop chère et le réseau électrique chinois est trop vétuste ». On estime que 8 à 10% des aides gouvernementales devraient ainsi aller à la modernisation des infrastructures électriques.
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