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Le secteur du bâtiment, premier poste de consommation d’énergie, est responsable de 25 % des émissions de CO2 et de 42 % de la consommation d'énergie finale en France. Les objectifs du protocole de Kyoto, associés à la hausse exponentielle des tarifs du gaz et du pétrole poussent les propriétaires privés et les collectivités locales à se tourner du côté des énergies renouvelables. Solaire thermique ou photovoltaïque, éolien, géothermie, biogaz, le choix des énergies renouvelables s’étend et les équipements deviennent de plus en plus performants.
Les professionnels des équipements à énergie positive enregistrent de réelles progressions. "En 2005, on a dépassé les objectifs du Plan Soleil 2000/2006," se réjouit André Joffre, PDG de Tecsol, bureau d’étude spécialisé dans l’énergie. "Près de 16 500 chauffe-eau solaires ont été installés l’an dernier, soit 34 % de plus qu’en 2004. Et cette année, ce chiffre devrait encore doubler." Mené par l’Ademe, le Plan Soleil s’est appuyé sur un réseau de plus de 9000 industriels et d’installateurs certifiés Qualisol pour dynamiser et professionnaliser la filière des équipements solaires thermiques. Jean Blum, patron de Supra, entreprise spécialisée dans le chauffage, dresse lui aussi un constat positif. "L’état du secteur est bon. Il se vend 400 000 appareils à bois de plus par an, et 80 % du marché est tenu par des industriels français." La filière bois est stimulée par un crédit d’impôt de 50 % sur l’achat d’un appareil à bois labellisé Flamme Verte. Ce label, mis en place par l’Ademe et certains fabricants, garantit la qualité et les performances énergétiques et environnementales des appareils domestiques de chauffage au bois. Pourtant, l’offre peine encore à rencontrer la demande. "En 2005, nous avons pu noter un essor des investissements dans les énergies renouvelables grâces aux aides publiques," note Hervé Casterman, délégué environnement de Gaz de France. "Pour que cette évolution continue, il faudrait une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs des filières, qui inclue les architectes, les constructeurs, les bureaux d’étude etc. Également, il faudrait aller dans le sens d’une intégration énergétique ; il s’agit de considérer la demande et de penser les énergies globalement, de manière complémentaire."
"Les énergies renouvelables représentent pour EDF un chiffre d’affaires de 600 à 700 millions d’euros par an," explique Paul Rossines, directeur des énergies renouvelables chez EDF. "Ce n’est donc plus seulement une question d’image, mais une véritable industrie. Notre difficulté aujourd’hui, c’est que les clients ne s’y retrouvent pas dans les différentes filières. Nous allons donc faire des efforts dans ce sens." Comme les particuliers, les collectivités locales ont du mal à trouver les bons interlocuteurs. "Paris est en retard par rapport aux autres villes et pays," reconnaît Yves Contassot, adjoint au maire de Paris en charge de l’environnement. "Il existe une réelle envie, mais elle s’accompagne d’une certaine angoisse : est-ce que c’est possible ?" Des expériences pilotes ont été mises en place dans certaines piscines municipales ou des gymnases, désormais alimentés en énergie photovoltaïque. La municipalité mène une étude sur les ZAC, en vue de les adapter à l’énergie positive. Néanmoins, les infrastructures publiques ne sont toujours pas concernées. "Il faudrait surtout former les Architectes de bâtiments de France (ABF) au développement durable," suggère Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables et des marchés énergétiques à l’Ademe. Pour développer un quartier Vauban comme à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne ? "Paris n’a pas les mêmes besoins que Fribourg, répond Yves Contassot. C’est une ville plus haute et de densité plus importante. Il faudrait donc imaginer un plan d’urbanisme au moins aussi performant, mais qui réponde à nos spécificités. Ce n’est pas un problème avec les ABF, qui ne posent pas d’objections de principe. Mais une question de formation et d’information."
De plus en plus impliqués dans les problématiques environnementales, les grands opérateurs se substituent à l’Ademe pour devenir des ambassadeurs des énergies renouvelables auprès des institutions, des professionnels et du grand public. "On a tous à y gagner, se réjouit Jean-Louis Bal. L’Ademe représente 800 personnes, alors que EDF et GDF comptent environ 150 000 personnes. Ces entreprises ont des moyens d’action et de communication bien plus efficaces." L’Ademe ne quitte pas pour autant la partie, et sait qu’elle doit continuer à inciter, coordonner et surtout rassurer les différents acteurs sur la nécessité et la cohérence économique de l’énergie positive.
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