Consolar : une PME allemande mise avec succès sur le solaire

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Publié le 08-02-2006

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La croissance du secteur des énergies renouvelables en Allemagne se fait par le développement de PME comme Consolar qui entend contribuer par ses produits, sa manière de travailler et sa gestion à l'élaboration d'une société et d'une économie durable. Pour ce faire, elle développe une technologie permettant la production d'énergie solaire thermique, qu'elle veut exporter plus, notamment en France.

Chauffe-eau solaires, capteurs, réservoirs solaires, chaudières, la PME Consolar se proclame spécialiste et met en avant ses brevets et son savoir-faire technologique. Elle propose ainsi des techniques pour chauffer l’eau ou pour alimenter le chauffage central, voire ce qu’elle nomme un « système combi », c’est-à-dire une technique permettant de chauffer l’eau et d’alimenter le chauffage central à la fois. Ces produits peuvent être intégrés dans des installations déjà existantes, les prix variant entre 3 500 euros et 15 000 euros, selon la formule et le modèle choisis.  
Consolar emploie 22 salariés qu’elle fait participer à la vie de l’entreprise. La répartition et le montant des salaires sont fixés par la direction et les salariés, introduisant ce que Dieter Fitsch, responsable à l’exportation chez Consolar, nomme une « organisation démocratique du travail». A cela s’ajoute la possibilité d’adapter son emploi du temps à la vie familiale, via le télétravail ou la réduction des horaires de travail.

L’exportation, moteur d’expansion

« Nous voulons nous implanter en France et sommes à la recherche d’un partenaire. Jusqu’à présent, nous ne sentions pas de véritable volonté politique en faveur des énergies renouvelables en France. Maintenant, la situation est en train de changer et c’est pourquoi nous nous intéressons au marché français », indique Dieter Fitsch. Consolar réalise un tiers de son chiffre d’affaire sur les marchés européens, une part que l’entreprise voudrait faire passer à 50% d’ici 2007. En 2005, le chiffre d’affaire a atteint 3 millions d’euros, un chiffre en hausse de 60% par rapport à l’année précédente. « Pour 2006, nous nous sommes fixés comme but d’atteindre les 5 millions d’euros », dévoile Dieter Fitsch, qui précise que 15 000 installations sont en cours d'installation en Europe. Le responsable à l’exportation est convaincu que les conditions de développements de l’énergie solaire ne peuvent que s’améliorer dasn cette région. C’est notamment vrai pour l’Europe du sud avec le Portugal et l’Espagne .    

Implication de l’Etat allemand

La "success-story" de Consolar repose aussi sur la politique incitative du gouvernement allemand. Depuis quelques années, l’Etat a reconnu tout le potentiel qu’il pouvait tirer du secteur des énergies renouvelables, notamment en termes d’emplois et de savoir-faire technologique. C’est ainsi qu’en plus de déductions fiscales, les ménages allemands peuvent se tourner vers la Kredit Anstalt für Wiederaufbau, l'équivalent allemand de la Caisse des dépôts, pour se voir attribuer des crédits à taux préférentiels s'ils veulent refaire leurs installations en utilisant les énergies renouvelables. Selon les chiffres du ministère allemand de l’environnement, le secteur des énergies renouvelables emploie près de 150 000 personnes. Près de 10% de la production totale d’énergie en Allemagne provient des énergies renouvelables, contre 6,7% en 2000. L’Etat allemand s’est fixé comme objectif d’atteindre la barre des 12,5% d’ici 2010 et celle des 20% d’ici 2020.

De fait, le chiffre d’affaire réalisé par les installations allemandes a atteint 11,6 milliards d’euros en 2004, réduisant les émissions de CO2 de 52 millions de tonnes. L’énergie solaire représente 20% du chiffre d’affaire total. L’industrie de l’énergie renouvelable s’accorde à dire que cette expansion n’aurait pu avoir lieu sans la loi sur les nouvelles énergies, promue en 2000. « Cette loi nous garantit un prix fixe, nous prodiguant ainsi une sécurité sans laquelle nous ne pourrions véritablement exister », commente Dieter Fitsch. Elle prévoit d’une part de contraindre les grands fournisseurs d’énergie à collecter et distribuer les énergies renouvelables. D’autre part, elle fixe un prix minimum pour ces énergies, dont le montant et la durée (entre 15 et 20 ans) varient en fonction de l’installation et du secteur énergétique concerné (éolienne, solaire, etc…). La fourchette va ainsi de 5,39 centimes d'euros pour un Kilowatt/Heure produit par l’éolienne, à 59,28 centimes d'euros pour un KWh produit par l’énergie solaire. Ce sont les consommateurs allemands qui financent ce prix fixe à hauteur de 0,5 centime par mois, soit 1,5 euros pour une consommation moyenne de 3 500 KWh par an.  

Claire Stam
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