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Le ministre américain Ken Salazar, responsable de la gestion des terres et parcs nationaux vient de donner son feu vert pour la construction du premier parc éolien off shore, le long de la cote Atlantique, au large de Nantucket Sound. Cette étape décisive, qui intervient au bout de 9 ans d'enquêtes publiques ne décourage pas pour autant les opposants locaux au projet, réunis sous la bannière Alliance to protect Nantucket Sound. « Le combat n'est pas fini », peut-on lire en grand sur le site Internet de l'Alliance qui promet quelques poursuites judiciaires pour retarder "Cape wind", en clair Vent du Cape, le futur nom du parc éolien. Ce Cape wind, porte par le développeur Cape Wind Associates doit s'installer a plus de 8 km de la cote et a 22 km de l'île de Nantucket. Une fois ce projet de plus de 1 milliard de dollars terminé, s'aligneront au large de Cape Cod 130 turbines à vent sur une surface de plus de 60 km2. Chaque turbine pointera a 134 mètres au dessus de l'eau. De quoi assurer 75% des besoins en électricité de Cape Cod, Nantucket et Martha's Vineyard, le lieu de vacances préféré de l'aristocratie américaine. Arguments économiques
Ken Salazar entend faire de ce projet un exemple de la nouvelle orientation des États-Unis en faveur des énergies renouvelables. Il désire rattraper le retard vis a vis des Danois et d’autres pays européens qui disposent déjà, eux, de 800 turbines. Et il n'entend pas être devancé non plus par la Chine, qui doit inaugurer cette année sa première ferme à vent. Washington est d’ailleurs soutenu par le gouverneur de l'État du Massachusetts, Deval Patrick, les associations environnementales Sierra Club et Greenpeace. Et une fois n'est pas coutume, on retrouve dans le même camp la Chambre de commerce américaine. Ce premier Cape wind laisse en effet espérer le soutien bienveillant des politiques pour une demi douzaine de projets éoliens le long des côtes de l'Atlantique et des grands lacs de Chicago et de Cleveland. Et les stratèges de la Chambre de commerce voient d'un bon œil ce coup de pouce donne a l'économie. Pour les industriels, Cape wind devrait entrainer l'embauche de plus de 1000 personnes. Pour les écologistes, le projet réduit les émissions de CO2 en enlevant de la surface de la terre l'équivalent de 175 000 voitures.
Prix élevé Une multitude d'arguments qui n'ont pourtant pas convaincu Audra Parker, la présidente de « l'Alliance to protect Nantucket » et ses puissants amis. La famille Kennedy, propriétaire d'une très belle villa, avec vue sur le futur Cape wind, n'a jamais apprécié le projet. Le défunt sénateur Ted Kennedy, grand amateur de courses a voile, s'y est opposé vigoureusement jusqu'à sa mort, en août dernier. Depuis, la jeune génération a repris le flambeau: Joseph Kennedy, président de Citizens Energy Corporation a ainsi dénoncé dans une lettre au journal Cape Cod Times « des coûts démesurés qui n'apportent pas un retour sur investissement raisonnable ». Les fermes à vent off shore sont en effet coûteuses. Le prix du kilowatt est estimé a 4 600 dollars (3 620 €) en mer, 2 400 dollars (1 890 €)(seulement sur terre. Et même sur terre, le tarif de l'électricité éolienne soutenue par des allégements fiscaux et des subventions reste plus cher que l'électricité produite par les centrales à charbon. « Les abonnés seront obligés de payer les factures les plus élevées de la nation », prédit Audra Parker. Parmi les sympathisants de l'Alliance, on retrouve aussi les pécheurs locaux, les hôteliers et restaurateurs qui craignent une baisse d'affluence des touristes et les tribus indiennes Wampanoag. Ces dernières dénoncent le viol des tombes de leurs ancêtres, qui sont enfouies sous la mer, là ou la ferme va s'installer.
Pour tenter de calmer le jeu et démarrer enfin les travaux, le ministre Ken Salazar a réduit le nombre de turbines autorisées de 170 a 130. Il les a éloignées de la terre pour préserver la vue du district historique de Nantucket. Et il a demandé que les turbines soient peintes en blanc, en espérant qu'elles se fondraient mieux dans le paysage aquatique. Il n'empêche : l'alliance des antis n'est pas convaincue. Audra Parker a encore quelques billes en poche pour faire dérailler le projet. Elle attend la décision de l'agence FAA (Federal Aviation Administration) qui doit se prononcer sur d'éventuelles interférences des turbines avec les radars aériens. Et la Cour suprême du Massachusetts délibérera cet été sur de possibles violations de permis. Même les baleines sont de la partie. Une petite centaine d'entre elles ont été aperçues récemment, justement là où les turbines vont être construites. Le vent de la révolte se fait toujours entendre.
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