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Quelles sont les conséquences de la diminution des crédits alloués aux énergies renouvelables ? Arnaud Brunel : Nous recevons actuellement beaucoup de plaintes de nos adhérents car les projets sont en attente de financement et nous n'obtenons pas de réponse des directions régionales de l'Ademe pour l'instant. L'aide est un facteur de décision, pour les particuliers comme pour les collectivités. Leurs projets, qu'il s'agisse d'énergie solaire, photovolcaïque ou éolienne, sont motivés par le fait d'avoir une aide financière. Par ailleurs, les particuliers comme les collectivités ne peuvent pas attendre ces subventions indéfiniment et finissent pas abandonner leur projet. Si un particulier fait construire une maison, il n'attendra pas 6 mois pour avoir une réponse sur le financement d'un chauffe-eau solaire ou d'une chaudière à bois, par exemple. Cette attente devient insupportable pour tout le monde Le ministère va-t-il compenser cette baisse ? Arnaud Brunel : Une rallonge nous a été promise par le ministère de l'industrie, mais on ne connaît ni l'échéance, ni le montant. Si le gouvernement définit une politique en faveur des énergies renouvelables, il faut s'y tenir et s'en donner les moyens, sinon ça ne sert à rien. Actuellement, on lance des campagnes de communication qui ne sont pas suivies d'effet, or, la France est déjà très en retard. Développer les énergies alternatives n'est pas une tâche facile, et dans ces conditions, c'est encore pire. Nous pensons par ailleurs que le mode d'attribution des subventions est trop lourd et nous souhaitons que soit mis en place un crédit d'impôt, qui serait beaucoup plus simple à gérer, et plus incitatif. L'Ademe y travaille actuellement. Le secteur des énergies renouvelables se développe-il suffisamment selon vous ? Arnaud Brunel : Ce secteur commence enfin à se développer en France, les premiers résultats positifs tombent. La France dispose d'un marché exponentiel. Tous les groupes pétroliers comme BP, Shell ou Total ont des équipes dédiées à la veille sur le marché français, mais pour l'instant c'est à perte... Les communes ont consacré du temps pour monter des projets d'éoliennes et effectuer un travail de concertation avec la population. Si on ne leur accorde pas de réponse, les élus abandonneront leurs projets, car ils n'ont pas les moyens de les financer eux-mêmes à 100%. De même, certaines entreprises du secteur sont obligées de se délocaliser dans les pays qui ont développé ce marché, faute de débouchés en France, alors qu'elles ont un réel projet économique et qu'elles pourraient participer au développement local et à l'aménagement du territoire. Pensez-vous que la France parviendra à atteindre les objectifs de la directive européenne, qui prévoir que 20% de la production d'électricité doit être assurée par les énergies renouvelables d'ici 2010 ? Arnaud Brunel : Compte-tenu du retard que nous avons pris, nous risquons de ne pas atteindre ces objectifs et donc de devoir payer une forte amende pour cela.
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