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«On a face à nous un lobbying de plus en plus important ! » Le 11 juillet 2008, Didier Anger, membre du réseau "Sortir du nucléaire," dressait le tableau de la situation nucléaire française. Autour de la table, des militants allemands, autrichiens, turcs, anglais, venus partager leurs constatations et objectifs respectifs. Et tous s’accordent sur la conclusion du français : « Nous réussirons si nous sommes tous ensemble au niveau européen ». Si cette tentative de coalition anti-nucléaire européenne n’est pas la première, elle n’en reste pas moins farouchement portée par des militants toujours plus inquiets. La mobilisation, qui avait un peu décliné dans les années 90, est aujourd’hui dopée par le lobbying nucléaire « qui exploite les crises du pétrole et du climat pour communiquer. » Présidence française de l’Union, sommet de l’Union Méditerranéenne, l’actualité de Nicolas Sarkozy, grand promoteur de l’énergie à base d'uranium, a donc convaincu les ONG de se réunir pour établir un projet commun. Au terme de cette journée de discussion, les militants se sont accordés sur deux priorités : améliorer la communication en créant un journal à dimension européenne, et étendre la campagne française « Ni nucléaire, ni effet de serre » à l’international. Les habitants des zones stratégiques à mobiliser La bête noire des militants européens ? Le leader mondial du nucléaire civil, Areva, « une pieuvre dont le corps est français mais qui étend ses tentacules un peu partout dans le monde » dixit Didier Anger. Les ONG ont convié des Touaregs nigériens à donner leur point de vue sur les pratiques de l'entreprise, présente dans le nord du pays depuis plus de quarante ans. Ils dénoncent la spoliation des terres agricoles, des bénéfices sans retombées pour les populations locales, une contamination radiologique des faibles ressources en eau et surtout, les conditions de travail qu'ils jugent déplorables. Par ailleurs, les militants craignent que l’Union pour la Méditerranée encourage les pays pétroliers du bassin à s’engouffrer dans le nucléaire civil, pour pouvoir esperer disposer, un jour, du nucléaire militaire. Pour contrer les intentions d’Areva de s’implanter dans cette zone stratégique, Didier Anger entend mobiliser les troupes antinucléaires : «A nous de nous organiser pour être plus présents dans la région. » Soutenir la lutte qui s'organise dans les pays en voie de nucléarisation, tel est l’objectif des militants européens. D’autant que le nucléaire séduit de plus en plus. Les pays de l’Europe de l’Est, notamment, envisagent le recours à ce type d’énergie comme un moyen de s’émanciper de la tutelle russe. En dehors des questions de sécurité, se pose aussi la question du financement des projets de ce type. A la table des discussions, une déléguée bulgare a d’ailleurs alerté les militants européens sur les risques liés au projet de centrale nucléaire de Belene, sous-traité notamment par Areva. (voir article lié)
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