Reynard-Ford Cosworth 
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Une voiture propre aux 24 Heures du Mans

Première mondiale : une voiture, de l'écurie britannique Nasamax, roulant avec un carburant propre, le bio-éthanol, a pris le départ des 24 Heures du Mans. L'un des pilotes de l'équipe, Romain Dumas, est Français, et son enthousiasme n'a d'égal que la détermination de la Team Nasamax à poursuivre ce genre d'initiative.

L'édition 2003 des 24 Heures du Mans a montré que la compétition automobile pouvait peut-être s'interesser à la question du respect de l'environnement.  Dans un contexte de recherche d'économie des ressources naturelles et de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), l'initiative de l'écurie britannique Nasamax n'est pas passée inaperçue. Elle a mis au point, avec ses partenaires techniques (O2Empower Corporation, Applied Sciences Technology (ASTEK) et Cosworth Racing), une voiture de compétition, la Reynard-Ford Cosworth, dotée d'un moteur nouveau spécialement adapté pour fonctionner au bio-éthanol. Si ce carburant vert avait déjà été testé sur des courtes distances, son utilisation dans une compétition comme celle du Mans est une première, sur ce circuit où les seules " expériences " ont porté sur le GPL.

Une démarche réfléchie et prometteuse

Le bio-éthanol est un carburant obtenu à partir d'une matière première végétale comme le blé, la betterave, le maïs, ou encore la pomme de terre... S'il est souvent présenté comme l'énergie renouvelable de demain, présentant un bilan écologique très positif, c'est que sa production (qui valorise certains déchets végétaux) comme son utilisation (mélangé à de l'essence par exemple) permettent de limiter notablement les émissions de GES. C'est le premier argument mis en avant par l'écurie Nasamax, crée par le hong-kongais Tony King, qui se définit comme " un environnementaliste, doublé d'un financier et d'un sportif. " Pour lui et son équipe, il ne s'agit pas d'un simple coup de pub. Nasamax est une entreprise d'ingénierie créée pour développer et promouvoir l'utilisation d'énergies renouvelables et de technologies durables dans la compétition automobile de haut niveau. Autant dire que cette innovation devrait en appeler d'autres...

Un parfum d'avancée technologique

Sur le plan de la course, si le premier exploit a déjà été pour cette voiture de réussir les sélections, et d'être admise alors que le règlement ne prévoit pas un tel carburant, les performances ne resteront pas inoubliables. Le cap de la nuit a été franchi, mais l'équipe a du abandonner le dimanche aux aurores, le moteur ayant terminé brutalement sa course. De l'avis de tous, cela n'est pas imputable au bio-éthanol mais à un défaut électronique.

Seul bémol noté sur l'usage du carburant vert, ses performances énergétiques : " En fait, le bio-éthanol est moins énergétique que l'essence classique, explique Romain Dumas, pilote français de cette écurie, enchanté d'avoir testé le carburant. Cela signifie que pour obtenir les même performances, il faut une plus grande consommation, donc un ravitaillement plus fréquent. " Pour les autres particularités, elles sont anecdotiques et plutôt sympathiques : une voiture de course roulant à l'éthanol " crache " des flammes bleues, au lieu des jaunes usuelles, et on dit même d'elle " qu'elle sent bon " !

Un succès médiatique qui fait taire les sceptiques

Le succès aura été plutôt médiatique, l'équipe ayant même décroché le prix de la meilleure communication décerné par l'ACO (Automobile Club de l'Ouest). Au début assez sceptiques, les journaux et autres radios spécialisés, " qui s'attendaient à un moteur de paysan ", ironise Romain Dumas, se sont laissés charmer par cette voiture verte avec son drôle de carburant. Le pilote français ne cache pas que cette médiatisation attendue l'a incité à adhérer au projet. Le succès marketing, plus qu'un engagement environnemental, pourrait donner envie à d'autres marques de se lancer sur la voie du " carburant durable ".

La rumeur court déjà entre les stands qu'un nouveau diesel révolutionnaire est attendu pour 2004. " En fait, si l'on veut généraliser de telles innovations, confie Romain Dumas, il faut que les organisateurs de la course créent un catégorie nouvelle dans leur règlement, qui permettent à des voitures comme la nôtre de disposer d'un réservoir plus grand par exemple. Je pense que ce serait une bonne incitation pour que les initiatives se multiplient. " 

Sylvie Touboul
Mis en ligne le : 19/06/2003
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