Les associations de défense de l'environnement quittent le débat national sur l'énergie

Planète \Energies

Publié le 05-03-2003

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Agir pour l'environnement, Greenpeace, le Réseau Action Climat, France Nature Environnement, et le WWF ont annoncé, mardi 4 mars, qu'elles quittaient le comité consultatif du débat sur l'énergie organisé par le gouvernement et dirigé par Nicole Fontaine, ministre de l'industrie.

" Après avoir tenté, par tous les moyens et plusieurs semaines durant, de convaincre ses organisateurs de l'importance des enjeux environnementaux et du traitement équilibré des différents sujets, nous constatons que nous avons été écoutés, mais pas entendus ", explique la coalition des ONG. " Nous refusons de cautionner un dispositif qui ne prend pas en compte les enjeux environnementaux, précise Marina Faetanini, chargée de mission sur les changements climatiques au WWF. Si le gouvernement, et notamment Nicole Fontaine, ont accepté de considérer quelques modifications dans la préparation du débat, la situation reste bloquée sur les questions de fond ". Sur la forme, les ONG dénoncent le fait d'être informées en même temps que la presse des travaux préparatoires et de prendre connaissance du déroulé des séances au dernier moment, ce qui ne leur laisse pas le temps de travailler et de consulter leurs adhérents. " Je reconnais que le déroulé a été envoyé tardivement, mais le système informatique du Ministère a été victime d'une cyber-attaque , se défend le conseiller en communication de Nicole Fontaine, qui réfute par ailleurs les accusations des ONG. " La ministre avait reçu les associations peu de temps auparavant et elles ne l'avaient pas informée de leur départ. Nous regrettons leur décision, car elles pouvaient tout à fait exprimer leurs opinions ".

" Le gouvernement se contente de nous tolérer "

Autre motif de départ des associations : l'absence d'experts au sein des tables rondes qui réunissent entreprises, élus et ONG. " Le comité consultatif fait une large place au lobbys de l'énergie nucléaire et des énergies fossiles. Ce que nous obtenons porte sur des points de détail, changer un titre de table ronde par exemple, explique Marina Faetanini. Nous avons demandé un vrai débat, mais en réalité le gouvernement se contente de nous tolérer ". Le ministère reconnaît l'absence d'expert, mais rétorque qu' " il s'agit de la première table ronde, 6 autres sont prévues... Nous regrettons par ailleurs  que les associations aient intitulé leur initiative " le vrai débat ", car les intervenants ne sont pas très représentatifs des différentes opinions sur le sujet ", ajoute le conseiller de Nicole Fontaine.
Les ONG ont commencé, depuis la fin février, à organiser des débats alternatifs à Paris et en Province en invitant des experts et des représentants de collectivités locales venus d'autres pays européens (Belgique, Allemagne et Suisse) pour témoigner sur des expériences alternatives en matière d'énergie. Ces débats, ouverts au public, ont pour objectif de donner une information " citoyenne " sur les énergies. Les actes feront l'objet d'une publication. Le deuxième volet de ce que les ONG appellent " le vrai débat " se déroulera lors de l'examen du projet de loi au Parlement, qui aura lieu en juin 2003.

Véronique Smée
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