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Le projet de pipeline Tchad-Cameroun a été confié à un consortium pétrolier - Exxon Mobil, Petronas et Chevron - qui a été chargé d'exploiter le pétrole. L'Etat tchadien reste propriétaire et récipiendaire des financements de la Banque Mondiale. Il est donc gestionnaire des bénéfices financiers et garant des critères fixés pour l'exécution du projet. Si le Tchad produit actuellement 100 000 barils de pétrole par jour, il compte, d'ici fin 2003, atteindre un rythme de croisière de 225 000 barils quotidiens.
Pétrole au service du développement durable
"Dans un premier temps, explique Youssouf Abassallah, le ministre tchadien du Pétrolele, le consortium paie une redevance de 12,5%. Quand il aura amorti ses investissements, il s'acquittera d'un impôt sur les sociétés correspondant à 50% de leurs bénéfices". Bref, l'Etat devrait engranger au minimum 2 milliards de dollars pendant 25 ans, durée de la concession pétrolière. Soit une hausse de 45 % des recettes nationales. Le gouvernement tchadien veut donner des gages de transparence sur l'utilisation de cette manne. Une loi, votée par le Parlement, régit la répartition des revenus du pétrole : 10% sont déposés sur un compte bloqué à destination des générations futures. Le reste est réparti entre la fonction administrative (15%) et les secteurs prioritaires (80%) qui copmprennent l'éducation, la santé, les transports et l'environnement. 5% sont versés dans les caisses des collectivités décentralisées de la région pétrolière.
Malgré tout cet afflux d'argent a généré des convoitises. Le fils du président est soupçonné de s'être offert des hélicoptères avec le pré-financement de la banque mondiale. Le député écologiste, Ngarlédji Yorongar, accuse le gouvernement d'avoir perçu 29 millions de dollars, à titre d'avance sur des royalties, qui n'auraient servi ,selon lui, " qu'à l'achat d'armes ". Le ministre du Pétrole se veut rassurant : " Dès la fin du mois, les premiers revenus devraient être déposés sur un compte off-shore, pour garantir une meilleure transparence. De plus, un collège de contrôle formé par des membres de la société civile surveillera l'application de la loi. "
Un projet respectueux de l'environnement ?
Les aspects environnementaux du projet sont au coeur d'une vive polémique. Associations et ONG avaient déjà retardé le projet de plusieurs mois pour permettre la réalisation d'études quant à l'impact de la construction du pipeline sur les populations et la nature envionnante. " Les prévisions pessimistes émises par les opposants au projet ne se sont pas réalisées, ajoute le ministre du pétrole. Les associations peuvent venir sur place visiter ! " Le problème est que les principaux dégâts sont du côté camerounais où sont installées 900 des 1070 kms que compte le pipe line. Par exempke, les déchets qu'a entraîné la construction de l'oléoduc ont entrainé la mort de cheptels entiers et la prolifération de maladies, en juin 2003, dans le département de Mayo-Rey. L'indemnisation des propriétaires terriens et des exploitants a été le premier problème rencontré par les gouvernements tchadien et camerounais. "Aujourd'hui, affirme le ministre tchadien, il n'y a plus de doléances. Tous ceux qui ont été déplacés ont été entièrement payés. " Le pétrole devrait être, pour quelques années, une source de richesse pour le Tchad. Bien que les réserves des gisements du bassin de Doba, situés dans le sud, soient estimées à 900 millions de barils et que l'extraction de 225 000 barils par jour risque de siphonner le sous-sol en moins de dix ans, les sociétés d'exploitation ont déjà prospecté d'autres champs qui s'avèrent prometteurs. Le consortium a de beaux jours devant lui.
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