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Après plus de dix ans d’efforts, les promoteurs de l’oléoduc BTC ont eu la satisfaction de voir, le 25 mai 2005, ce pipeline de 1765 km, inauguré symboliquement par les présidents d’Azerbaïdjan, de Géorgie et de Turquie. Enterré sur une grande partie de son itinéraire, le pipeline traverse ces trois pays et aura coûté plus de 4 milliards de dollars. Le montant pharaonique de ce projet résulte essentiellement de la volonté géopolitique des Etats-Unis de voir "l’or noir" de la mer Caspienne sortir de l’emprise russe. La mise en production de l’oléoduc servira dans les mois à venir à tester l’étanchéité des tuyaux et le bon fonctionnement des différentes stations de pompages de cette infrastructure. Si le tronçon géorgien ne connaît pas de nouveau retard, le pipeline BTC devrait être opérationnel, fin 2005; et acheminera, dans un premier temps, près de 400 000 barils jours. « Le pipeline BTC est un énorme succès car non seulement le consortium est parvenu à construire cette infrastructure mais ils l’ont fait d’une manière qui établit de nouveaux standards internationaux pour la construction de pipeline, » s’enthousiasme Steve Mann, le conseiller de la Maison Blanche pour les questions énergétiques dans la région Caspienne. « Les futurs projets de pipeline dans le monde devront atteindre les standards BTC » ajoute-t-il. Cet enthousiasme est loin d’être partagé par les opposants du pipeline. Au cours de sa construction, les ONG environnementales ont eu l’occasion de constater de nombreux manquements aux normes de constructions et aux engagements sociaux et environnementaux pris par le consortium lors de la présentation du projet. Les activistes s’inquiètent notamment d’une éventuelle rupture du pipeline dans certaines zones, à haute activité sismique et géologique. « BP [l’entreprise leader du consortium] a déclaré à de nombreuses reprises que le pipeline serait construit selon les standards les plus exigeants mais quand ceux-ci entravent le planning de construction, ils sont oubliés» s’offusquait Hannah Griffiths des Amis de la Terre, après l’annonce de l’arrêt des travaux ordonné par le gouvernement géorgien, en juillet 2004. Dans une note confidentielle, le représentant du gouvernement géorgien reprochait à BTC de ne pas avoir satisfait à ses différentes obligations contractuelles, notamment en terme de normes de construction et d’enfouissage du pipeline. Cette prise de position du pouvoir central géorgien est intervenue, après la divulgation par la presse de nombreuses autres irrégularités de conception du pipeline. Le consortium a ainsi été contraint de déterrer de larges sections du pipeline afin de vérifier l’état de corrosion des soudures et d’appliquer un nouveau revêtement protecteur. Ces derniers mois, le consortium BTC semble, toutefois, être devenu plus légaliste. Le consortium et l’état géorgien ont trouvé un terrain d’entente sur les normes de construction dans la région de Borjomi (voir dossier lié). BTC a, de plus, proposé aux habitants de Dgvari un million de dollars pour les aider à s'installer dans une zone moins dangereuse, ce qui pourrait mettre fin au calvaire quotidien de la population vivant dans ce petit village. (voir dossier lié) Désormais la mise en fonctionnement du pipeline départagera les enthousiastes des sceptiques. Il est à souhaiter, pour de nombreux écosystèmes vulnérables traversés par le pipeline ainsi que pour l’économie géorgienne, que les opposants à l’oléoduc BTC aient été trop pessimistes.
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