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![]() Planète \Environnement \EnergieDu charbon vert pour réduire les gaz à effet de serre ?Depuis son inscription au programme des stratégies discutées à Copenhague, l'option biocharbon, des grains de charbon de bois issus d'une lente carbonisation, emballe les associations environnementales. Universitaires et industriels défrichent cette solution miracle. Certaines ONG y sont favorables, d'autres dénoncent son bilan écologique trompeur.
C’est une poudre noire, des particules de charbon de bois de 2 mm maximum ajoutées à la surface des terres agricoles. Ses bénéfices sont significatifs dès la première année. « On augmente de plus de 50 % la production des légumes, en particuliers des oignons, et les quantités de maïs sont triplées. Avec du biochar et très peu d’engrais, les rendements sont équivalents à de l’agriculture chimique intensive, » décrit Guy Reinaud, président de Pro-Natura, la première ONG à défricher l’usage du biochar avec de véritables agriculteurs, en conditions réelles. Le biochar présente un second avantage, presque inespéré : capturer plus de carbone qu’il n’en libère, s’affirmant ainsi comme un « puits à carbone » écologique, stable et à moindre coût. Gain net ? Au moins 40 % du carbone accumulé lors de la croissance des végétaux serait conservé dans le sol et non restitué dans l’air, a calculé l’universitaire Johannes Lehmann dans la revue scientifique Nature. « Le biochar, pour tous les spécialistes qui s’intéressent au sujet, est perçu comme le levier le plus puissant pour limiter le changement climatique en séquestrant du carbone atmosphérique dans le sol à long terme. Actuellement, il y a environ 10 milliards de tonnes (gigatonnes, Gt) d’émission carbone. Avec le biochar, d’ici 15 ans, nous devrions pouvoir en séquestrer près de 2 Gt par an, » poursuit Guy Reinaud. En terre inconnue Car tous les biochars ne se valent pas. Leur efficacité dépend d’abord de la nature du sol (sableux, argileux, acide, tropical humide…), mais aussi du type de biomasse végétale utilisée. Bois mort, pailles de riz, feuilles de palmier, fumier, coques de noix ou résidus de scierie... Les propriétés du biochar diffèrent non seulement selon le type de déchets verts employés mais encore, à matière première identique, selon sa température de combustion. « A climats différents, sols différents, donc biochars différents » résume l’ingénieur Ruy Korscha Anaya de la Rosa, ancien de Action Carbone et doctorant au New Zealand Biochar Research Center. « Des projets pilotes sont en place en Australie, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et en Nouvelle Zélande, ainsi que dans plusieurs pays en voie de développement. » Bilan carbone négatif « La découverte de l’effet du charbon de bois dans le sol date des années 1950, en Amazonie, où on l’a appelé terra preta, explique Ruy Korscha. L’idée que la terra preta pourrait résoudre le problème du réchauffement de la planète date d’un article publié en 1992. » Depuis 2006, la très influente International Biochar Initiative (IBI), un lobby scientifique et industriel présidé par Lehmann lui-même, s’active à faire reconnaître ce procédé. Objectif : l’intégrer au Mécanisme de Développement Propre (MDP), ce qui donnerait au biochar accès au marché de la compensation carbone et de ses incitations financières. A Poznan, en décembre 2008, le biochar a officiellement rejoint les propositions visant à réduire les gaz à effet de serre discutées à la conférence de Copenhague. Biochar responsable ?
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