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« L’enjeu électoral cette année est capital », insiste Thorben Becker, de l’organisation BUND, la branche allemande des Amis de la terre. « Selon le consensus atomique, sept centrales nucléaires sur les 17 que comptent actuellement le pays devraient fermer dans les quatre prochaines années. Il s’agirait alors non plus d’une sortie théorique du nucléaire, mais d’un réel abandon de l’énergie atomique ». C’est en 2000 que le gouvernement « rouge-vert » (sociaux-démocrates et écologistes) négocie le fameux « consensus atomique » avec les plus grands groupes énergétiques du pays qui prévoit la sortie du nucléaire en 2021. Pour compenser la baisse de production d’énergie, le gouvernement de l’époque choisit alors de jouer à plein la carte des énergies renouvelables en adoptant la même année la loi sur les énergies renouvelables (EEG), à l’origine de l’envolée spectaculaire des nouvelles énergies et des technologies environnementales qui y sont liées. Selon les derniers chiffres du Ministère de l’environnement, les « green jobs » représentent ainsi 1,8 millions de salariés, soit 4,5% du marché national de l’emploi. Près de 250 000 personnes travaillent dans la seule industrie des nouvelles énergies, un secteur largement dominé par les PME. Au final, les centrales nucléaires fournissent autour de 22% de l’électricité du pays, les énergies renouvelables atteignent déjà les 15% - un pourcentage en hausse continuelle, insiste-t-on au Ministère. Or, s’ils arrivent en tête des élections du 27 septembre, les conservateurs allemands entendent remettre en cause la sortie du nucléaire si âprement négociée en rallongeant la durée d’exploitation des centrales nucléaires, certaines vieilles de 25 ans. L’énergie nucléaire, une énergie « écologique » pour les conservateurs allemands « Ceux qui soutiennent le rallongement de la durée d’exploitation des centrales nucléaires mettent un frein à une extension rapide des énergies renouvelables dans la production d’électricité », dénonce la Fédération de l’industrie des énergies renouvelables (BEE). « Allons-nous continuer à nous appuyer sur des énergies fossiles de plus en plus rares et de plus en plus chères? Ou bien allons-nous développer de manière conséquente le secteur des énergies renouvelables, et rendre l’Allemagne énergétiquement indépendante ? » Sensible, le débat sur le nucléaire occupe aussi bien la sphère politique que civile, le quotidien populaire Bild n’hésitant pas à démontrer en sept points les bienfaits de l’énergie atomique. Les partisans de l’atome, conservateurs et libéraux en tête, choisissent pourtant d’adopter un profil bas, soucieux de ne pas offrir d’angle d’attaque dans une campagne électorale jugée jusque-là particulièrement atone outre-Rhin. « Instrumentaliser les événements de Krümmel est vraiment irresponsable », déclare ainsi sans ambages Tuomo Hatakka, le patron du géant suédois Vattenfall et exploitant de la centrale en panne. Certains conservateurs, en voulant déminer le débat, n’hésitent pas non plus à qualifier l’énergie nucléaire d’ « Öko-Energie », une déclaration qui ne manque pas pourtant de faire bondir plus d’un « Grün » qui voit rouge - et redonne du poil de la bête à des sociaux-démocrates, jusque-là malmenés par les sondages, soucieux de défendre un des projets phares de l’époque Schröder. Il n’empêche, le débat a quand même lieu. Les défenseurs du consensus atomique ne cessent ainsi de marteler lors de meetings politiques que le rallongement de l’exploitation des centrales nucléaires ne servirait que les intérêts financiers des quatre oligopoles (EnBW, E.ON, RWE et Vattenfall) en leur rapportant un million d’euros par jour. Et dénoncent parallèlement la construction prévue de 29 nouvelles centrales au charbon - qui, si elles devaient toutes effectivement voir le jour, émettraient un total de 189 millions de tonnes de CO2 par an. « Or, si neuf centrales sont en cours de construction, des associations de riverains ont pu empêcher la construction de neuf autres, prouvant par là la réticences des citoyens à cautionner des énergies polluantes et dangereuses », souligne-t-on chez Greenpeace. Bien plus, le tournant énergétique, ou « Systementscheidung », qu’appelle de ses vœux la sphère environnementale allemande, est en passe de devenir le maître-mot dans le débat politique actuel sur l’énergie : production d’énergie décentralisée (ou répartie) contre production centralisée, petites centrales contre grandes centrales, énergie renouvelable contre énergie conventionnelle, quel sera le choix au final? Réponse le 27 septembre.
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