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Alors que le marché de l’électricité s’ouvre à la concurrence, l’offre d’énergie verte part avec deux handicaps majeurs, le manque de garantie sur l’origine réelle de l’électricité et un surcoût, allant jusqu’à 20%, par rapport à l’offre « conventionnelle » issue des énergies fossiles. « Toutes les offres estampillées vertes ne garantissent pas le même niveau de qualité ni la certitude de développer les énergies renouvelables. Or, ces offres sont commercialisées avec un surcoût. Le consommateur doit pouvoir s’assurer que l’effort financier qu’il consent soit justifié », observe Edouard Toulouse du WWF. Ce manque de transparence sur l’origine de l’électricité et le risque de « greenwashing » a conduit l’ONG, en collaboration avec le CLER (Comité de liaison des énergies renouvelables ), à élaborer un label certifiant les offres les plus écologiques. Intitulé « EVE » et soutenu par l’ADEME et la Commission européenne, il ne sera attribué qu’aux fournisseurs qui recourent aux énergies renouvelables de haute qualité environnementale (certaines sont plus écologiques que d’autres) et qui garantissent au consommateur que ses factures permettront de les développer. « Il ne suffit pas de se contenter de vendre l’énergie renouvelable existante, il faut également que les fournisseurs s’engagent à en produire plus », souligne Edouard Toulouse. De fait, si plusieurs opérateurs (Poweo, EDF, Electrabel, Direct-Energie) proposent déjà de l’électricité verte, ces offres privilégient largement l’hydraulique, énergie la moins chère en France, au détriment des autres filières renouvelables. Ces offres n’ont donc pas d’impact sur la création de nouvelles capacités de production alternative… « Face à ce statut quo, le label « EVE » permettrait d’identifier les offres plus écologiques et créerait une référence officielle pour le grand public, à l’image du label « AB » pour les produits biologiques », indique Raphaël Claustre, du CLER. Les ONG sont d’ailleurs prêtes, pour y parvenir, à travailler directement avec les fournisseurs, et estiment que le surcoût du label serait d’environ 5%. Electricité verte : rare et chère
Beaucoup reste donc à faire pour rendre cette offre attractive, d’autant que les consommateurs prêts à choisir un autre fournisseur qu’EDF sont essentiellement motivés par le coût. La concurrence risque alors de tirer les prix vers le bas, tandis que les énergies renouvelables impliquent un surcoût lié à l’investissement. 31% des consommateurs semblent malgré tout prêts à payer 5% de plus pour une offre verte, et 13% accepteraient même un surcoût de 10%, selon une enquête d’Eurostat. Ces chiffres encourageants sont loin d’atteindre les 20% de surcoût pratiqués par des fournisseurs comme Poeweo, par exemple. Pour aider les consommateurs les plus motivés dans leur choix, Greenpeace a entrepris une démarche, complémentaire de celle du WWF et du CLER, en publiant un palmarès des fournisseurs d'électricité classés en fonction de leur offre et de leur politique environnementale.« L'objectif d'Écolo Watt est double : éclairer le choix des consommateurs qui souhaiteraient opter pour une électricité respectueuse de l'environnement, et mettre en valeur les opérateurs qui adoptent une démarche résolument écologique, » déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Énergie à Greenpeace. « Le classement risque d'évoluer dans les mois qui viennent et nous en publierons, dès septembre 2007, une version actualisée. » Comme l’on pouvait s’y attendre, les résultats ne sont guère encourageants. Les principaux opérateurs « réalisent des performances globales mauvaises » -(Poweo 7,3/20 ; Electrabel 7,4/20 ; Gaz de France 5,8/20)-, voire catastrophiques (EDF 4,9/20 ; Direct Énergie 4,5/20).Avec une note de 17/20, Enercoop prend, de très loin, la tête du comparatif Écolo Watt, GEG Sources d'énergies atteint quand à lui un niveau moyen (10,9/20). « À part Enercoop, qui s'approvisionne directement et à 100 % auprès de producteurs d'électricité d'origine renouvelable, la plupart de ces entreprises sont pénalisées car elles se contentent de revendre l'électricité achetée à EDF et principalement produite à partir du nucléaire, » explique Frédéric Marillier. « Or ce n'est pas parce qu'elle n'émet pas de CO2 que la technologie nucléaire est respectueuse de l'environnement.» Enercoop est l’un des premiers fournisseurs à être labellisé « EVE. » Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) vend et achète de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables sur un modèle participatif. Elle réunit en effet des producteurs et des consommateurs, des associations et des entreprises qui souhaitent agir en faveur des énergies renouvelables. C’est également la seule société à proposer une offre 100% renouvelable et à assurer la transparence sur l’utilisation des bénéfices.
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