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La Grande-Bretagne, qui voudrait voir 15% de la production de son énergie provenir de sources renouvelables d'ici 2020, s'intéresse à la consommation des maisons. De fait, d'après les chiffres du gouvernement, 27% des émissions de dioxyde de carbone (soit 40 millions de tonnes) proviennent du besoin en électricité et en moyens de chauffage des habitations. Une nouvelle loi permet depuis le 6 avril à tout propriétaire d'équiper sa maison pour la production d'énergie verte, sans avoir à parcourir le long chemin des demandes administratives. Le gouvernement espère ainsi motiver les bonnes volontés. « Nous voulons que les individus puissent diminuer leur empreinte carbone plus facilement. Les technologies telles que les panneaux solaires peuvent vraiment faire la différence, mais les propriétaires peuvent être rebutés par le temps et les frais nécessaires pour obtenir un permis de construction », a déclaré la ministre Caroline Flint. Pour autant, cette initiative répond pour une petite part aux injonctions d'organisations telles que Les Amis de la Terre. Selon Simon Bullock, coordinateur de l'organisation, « se doter d'une attitude verte n'est pas suffisant. » Il faut un « programme radical » impliquant « un énorme changement du système des impôts sur le revenu, la création d’emplois liés à l’efficacité énergétique, et un ensemble de mesures permettant à tous un accès meilleur marché et plus facile à l'énergie verte ». L’ONG demande également que le gouvernement intervienne pour « mettre fin à la précarité en matière d’accès à l’énergie». Elle réclame, en premier lieu, des avantages fiscaux pour les personnes s'équipant en technologies renouvelables ou améliorant l’efficacité énergétique de leurs biens. Bref, pour les Amis de la Terre, il ne s'agit pas seulement de rendre les démarches plus faciles, il faudrait aussi que le citoyen y soit financièrement incité.
La « fuel poverty » en France
Selon l’Ademe, la part des dépenses d’énergie dans le budget des Français varie considérablement selon «leur lieu de résidence et leurs revenus». Elle est passée de 10 à 15 % dans le revenu des ménages les plus pauvres entre 2001 et 2006, tandis qu’elle a baissé pour les plus aisés, dont les revenus augmentent plus vite que le prix de l’énergie. La part des dépenses énergétiques des 20 % les plus pauvres est ainsi 2,5 fois plus élevée que celle des 20 % les plus riches. Un phénomène qui n’est pas prêt de s’enrayer, puisque selon l’agence les prix augmentent de 3 % par an depuis 1995, et qu’ils pourraient croître de manière « exponentielle » après 2020.
Et ce d’autant plus qu’une nouvelle notion a fait son apparition outre-Manche : la « fuel poverty », littéralement la « pauvreté en carburant ». « La fuel poverty apparaît quand un ménage doit dépenser plus de 10% de ses revenus en chauffage et en électricité. Il y a actuellement 4 millions de ménages concernés en Grande-Bretagne, contre 2 millions en 2004 », affirme Les Amis de la Terre. Malgré un programme d'envergure entamé dès 2000 (le Warm Home and Energy Conservation Act) soutenu par l'ONG et visant à enrayer le phénomène dès 2010 jusqu'à voir sa disparition complète en 2016, la situation n'a fait qu'empirer. Le constat d'échec que dresse l'organisation est sans appel : échec du gouvernement à déterminer les ménages concernés et à les aider à s’équiper, et surtout, échec pour subvenir aux besoins en énergie des plus démunis. Résultat, les émissions de CO2 dues à l’habitat figurent parmi les plus élevées d'Europe... Plutôt que d'aider les ménages à payer leurs factures de chauffage, mieux vaudrait promouvoir l’efficacité énergétique de leurs logements, et diminuer leurs besoins en énergie, affirme en substance l’ONG. Le petit pas que le gouvernement vient d'accomplir en facilitant l'accès à l'énergie verte va bien dans ce sens, mais ce ne sont probablement pas les ménages les plus en difficulté qui vont s'équiper en panneaux solaires ou autres systèmes d'énergies vertes, dont l'accès reste onéreux.
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