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Electroménager : acheter écologique n'est pas rentable selon l'UFC

Entreprises \Gouvernance \Rémunération des dirigeants

Publié le 26-05-2010



Selon une enquête menée par l'association de consommateurs, plus les appareils sont vertueux au plan énergétique, plus ils sont chers. Or, ce surcoût à l'achat n'est pas compensé par les économies d'énergie sur le long terme. L'UFC demande la création d'un bonus/malus pour inciter et récompenser le consommateur dans ses achats éco-responsables.

« Non seulement le surcoût des appareils électroménagers les plus écologiques est élevé, mais il n’est pas compensé par les économies d’énergie », dénonce l’UFC-Que choisir au terme d’une enquête menée dans 1 464 magasins répartis sur tout le territoire. L’association a choisi d’évaluer tous les modèles pour un type précis de réfrigérateur-congélateur et de sèche-linge, ces deux appareils représentant en effet  50% de la consommation d’électricité « spécifique », c'est-à-dire hors chauffage et éclairage. En moyenne, le surcoût pour l’achat d’un réfrigérateur-congélateur de classe A+ par rapport à la classe A est de 85 euros, et contrairement à ce que peuvent penser de nombreux consommateurs, ce surcoût n’est compensé qu’au bout de 10 ans par les économies d’énergie (9 euros par an, a calculé l’UFC). Quand à l’achat d’un produit de la classe A++, le surcoût étant de 282 euros, la compensation n’est tout simplement pas envisageable.
Pour les sèche-linge, le surcoût est encore plus élevé : ces appareils  se répartissent dans les classes A, B ou C, avec un surcoût de 532 euros pour la A, et 220 euros pour la classe B , alors que la facture d’énergie n’est allégée que de 290 euros pour l’un et 140 euros pour l’autre .


Ce bilan n’incite donc pas les consommateurs à acheter les produits les plus écologiques. Or, pour jouer sur leur comportement d’achat, encore faut-il qu’ils soient récompensés… C'est aujourd'hui l'inverse : les appareils les plus vertueux sont aussi les plus chers et restent destinés à un marché de niche. « C’est d’autant plus dommageable que la consommation d’énergie des ménages explose, en raison de la multiplication de ces appareils dans un même foyer et de leur taille. Cette dépense a doublé en 20 ans et concerne tout le monde », ajoute Alain Bazot, président de l’association. « Si l’on veut, dans la continuité du Grenelle, inciter les consommateurs à réduire leur consommation d’énergies, les écogestes ne suffisent pas ».

Pas d'incitation

L’association préconise tout d’abord de reconsidérer le classement de l’étiquette énergie, qui se joue actuellement entre A et A++ pour les réfrigérateurs, les classes B à G ayant disparu, car devenues obsolètes. « Le consommateur croit acheter un produit très vertueux avec le A, alors que c’est devenu  le plus énergivore. Il n’est donc pas incité à acheter des équipements plus performants, de classe A+ et A++ », commente Alain Bazot. De même pour les sèche-linge, les D à G ne figurent plus sur aucun appareil. Or, l’étiquette énergie est désormais bien connue du public (80% des consommateurs selon l’Ademe), elle est même devenue le deuxième critère d’achat, après le prix – mais avant la marque.

Bilan : pour jouer sur le comportement des consommateurs, encore faut-il qu’ils soient informés sur les performances réelles des produits, d’une part, et qu’ils soient également récompensés de leur achat, d’autre part. « Il faut donner un « signal prix » à ces appareils et de démontrer leur intérêt économique, en plus du seul intérêt écologique. L’économie d’énergie coûte cher sur ces produits, et l’investissement n’est pas rentable », commente Alain Bazot.  L’UFC préconise donc un système de bonus/malus écologique, à l’image du dispositif appliqué aux véhicules. La mesure, envisagée lors de la première phase de discussions du Grenelle, a finalement été abandonnée, mais l’UFC veut continuer à la défendre : un bonus pourrait, selon l’association, être octroyé aux produits les moins énergivores, et serait globalement compensé par un malus appliqué aux produits les plus consommateurs d’énergie. Et l’UFC de citer en exemple l’Italie, qui a créé une incitation financière allant jusqu’à.200 euros, faisant passer la part de marché des réfrigérateurs A+ et A++ à 46% en un an. En France, cette part est actuellement de 26%.


Véronique Smée
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