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Initié en janvier 2006, après une proposition faite deux ans plus tôt par la Fédération française des Agences Locales de Maîtrise de l'Energie (FLAME), le projet Eco n'Home associe des partenaires issus de 6 pays européens : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Portugal et le Royaume-Uni. Financé à 50 % par le programme communautaire « Intelligent Energy for Europe », il poursuit un double objectif. Tout d'abord le fait d'expérimenter un service de conseil aux particuliers, en vue de réduire leurs consommations d'énergie de 10 à 20 % et leurs émisssions de CO2 d'une tonne. Et celui d'aboutir à une méthode commune, reproductible dans l'ensemble des pays de l'Union. Service personnalisé, de proximité
Première étape de la démarche Eco n'Home : le diagnostic énergétique. Cet état des lieux, détaillé et personnalisé, constitue une phase-clé. Le point de départ de tout le processus. « La visite en elle-même est gratuite et dure entre 1h30 et 3h, selon qu'il s'agit d'un appartement ou d'une maison, témoigne Erwan Olivo, coordinateur européen du projet Eco n'Home à l'agence locale de l'énergie MVE, basé à Montreuil. Ce bilan – questionnaires et factures d'électricité ou de gaz à l'appui ! – permet au conseiller de récolter l'ensemble des données liées à la consommation d'énergie des personnes, transport et habitat. » Un grand nombre de paramètres sont passés au crible, à l'aide de différents outils : des wattmètres pour évaluer la consommation des appareils électriques, un thermomètre pour la température de lair intérieur, du réfrigérateur et de l'eau chaude. Et une boussole, afin de remettre l'orientation du logement sur plan. Un rapport synthétique, de quatre pages, est ensuite produit. Très didactique, il intègre différentes pistes d'économies d'énergies, propres aux modes de vie et à l'environnement de la famille rencontrée. « Les documents de saisie et de rendu, comme le rapport type, sont plus ou moins identiques aux six pays, souligne le coordinateur français. Ils ont représenté une tâche à part entière, portée par l'un des partenaires. » Aujourd'hui, plus de 1 000 foyers européens testent la méthode Eco n'Home, dont 700 en France. Des ménages situés principalement en région Bretagne, Rhône-Alpes et sur le pourtour de Paris. A Montreuil, Vincennes et Bagnolet. A l'origine du projet, la France fait aussi office de leader, avec pas moins de 9 agences locales de l'énergie impliquées. Contre 2 au Royaume-Uni, et 1 dans chacun des autres pays concernés. Fondée sur le volontariat, la démarche Eco n'Home demandaient aussi certains pré-requis aux familles candidates. Telle l'obligation de résidence dans l'une des zones couvertes par les agences de l'énergie partenaires. Mais aussi d'être propriétaire de son logement, et d'y résider depuis plus d'un an sans l'intention de déménager dans les 3 années à venir. Autres critères : la présence d'un chauffage individuel et la motivation à engager des travaux de rénovation. « Coaching » énergétique
« Les gains potentiels sont de l'ordre de 10 000 kWh en moyenne par foyer et par an, et une baisse de 2,7 tonnes de CO2. » Un calcul qui recouvre d'importantes disparités entre l'habitat et le transport. « Sur l'échantillon suivi par l'agence MVE, poursuit Erwan Olivo, le potentiel d'économie d'énergie et d'émisions de CO2 est dans l'habitat, respectivement, de 36 et 39%, contre 13 % environ sur le transport. Car les choix dans ce domaine apparaissent très liés à la situation des transports en Ile-de-France. » Après le bilan et la présentation des résultats, une feuille d'engagement est signée avec les foyers désireux de continuer. « C'est le cas par exemple de 21 familles parmi les 30 ayant fait l'objet d'un diagnostic énergétique sur Montreuil, » précise ainsi le coordinateur de l'agence locale MVE. Les particuliers bénéficient alors d'un accompagnement d'un an qui prend plusieurs formes. Groupe d'échange en ligne, réunion d'information thématique en présence de professionnels (isolation, ventilation, etc), relevés réguliers et suivis des consommations. L'assistance au cas par cas fait aussi partie du service, notamment pour les questions techniques ou d'aides au financement. « Tous les particuliers n'ont pas pu mettre en oeuvre tout ce qu'ils voulaient faire », modère Erwan Olivo. Si les participants adoptent volontiers les gestes de couper les veilles et diminuer la température des pièces, ainsi que l'installation d'ampoules basses conso et de doubles vitrages... Pour les gros travaux, l'isolation thermique du logement ou l'achat d'une chaudière à condensation par exemple, le facteur financier est clairement un frein et dépend des systèmes de subventions en place, à l'échelle nationale ou locale. « Dans ce sens, le crédit d'impôt ou le nouveau éco-prêt à taux zéro sont des incitations qui vont dans le bon sens. »
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