Changer l'éclairage public pour économiser l'énergie

Planète \Energies

Publié le 30-11-2005

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Dans les collectivités locales, le premier budget de dépense énergétique est l'éclairage public. Or, il est souvent obsolète. En s'équipant de solutions économes en énergie, elles peuvent non seulement diminuer leurs coûts mais limiter les émissions de gaz à effet de serre pour contribuer à atteindre les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto.

Alors que les gouvernements négocient l’après-Kyoto à la 11ème conférence des Nations Unies sur le changement climatiques, jusqu’au 9 décembre à Montréal, l’industrie de l’éclairage met en avant le gisement d’économies d’énergie – et donc de limitation d’émissions de gaz à effet de serre (GES) – que représente l’éclairage public. Selon Philips, le renouvellement des luminaires des routes et rues des villes européennes  pourrait faire économiser 3,5 millions de tonnes de CO2 par an - et jusqu’à 28 millions de tonnes si l’on y ajoute le marché de l’éclairage intérieur, public et privé confondu. Ce gisement pourrait déjà rapprocher l’Union des objectifs fixés par le protocole de Kyoto alors que la production de GES européenne continue d’augmenter, selon l’Agence européenne pour l’environnement.

Un tiers des lampadaires obsolètes

Une étude du CERTU (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et la construction publique) montre qu’un tiers des équipements d’éclairage des rues, en Europe, repose sur une technologie datant des années 60, inefficace comparée à celles existantes actuellement. Ces lampes anciennes, à vapeur de mercure, consomment en effet deux fois plus que les solutions proposées aujourd’hui, tout en générant des déchets plus polluants et un éclairage de moins bonne qualité. « Nous continuons de les produire pour ne pas perdre le marché » avoue Philips.
Il existe bien toujours une demande sur ces lampes, très peu chères à l’achat, mais les collectivités et groupes privés seront bientôt amenés à réaliser des efforts dans ce domaine. La Commission européenne a publié, pendant l’été 2005, la directive EUP (Energy using product) visant à encadrer l’efficacité énergétique de 14 familles de produits, dont l’éclairage extérieur et celui des bureaux. Les 25 pays membres disposent de deux ans pour la transcrire dans leur droit national. De façon plus pressante, la mise en œuvre des certificats d’économies d’énergie, prévue dans la loi française sur l’énergie 2005, devrait pousser les collectivités à accélérer le renouvellement  de leur équipement. L’éclairage public étant le premier poste de consommation d’électricité des communes.

Baisser la tension la nuit

Sans incitation ni obligation, le parc des luminaires extérieurs se renouvelle tous les 30 ans environ, selon les observations du marché de Philips. Avec son produit CosmoPolis, le constructeur apporte une efficacité système supérieure de 150 % aux lampes à vapeur de mercure, tout en réduisant les substances dangereuses (mercure, plomb). L’innovation consiste à associer une lampe particulièrement efficace à un appareillage électronique qui permet de baisser la tension aux heures les plus creuses de la nuit, quand la circulation automobile est minime. « A partir du moment où la route est très peu fréquentée, on peut réduire la puissance de 50% et faire 40 à 45% d’économies sans que la vision ne soit gênée» explique Bernard Amiot, directeur du centre de démonstration de Philips, à Lyon. Sans compter que ces nouvelles lampes réduisent le halo au-dessus de nos villes, pollution lumineuse autant que perte énergétique, qui perturbe la faune et la flore. Le constructeur annonce une réduction de 100 kg de CO2, par point lumineux et par an, grâce à ce produit haut de gamme. Plusieurs municipalités l’ont déjà adopté, à l’instar de Lyon, particulièrement motivée par la mise en valeur de son patrimoine architectural.

Pourtant beaucoup de municipalités ont du mal à faire le choix de l’investissement que représente le changement de tous leurs luminaires. Rexel, distributeur d’appareillage électrique, forme actuellement ses commerciaux et ses clients professionnels, avec l’Ademe, pour les y inciter. «Il faut prendre en compte le fait que le coût d’utilisation des installations actuelles représente 90% de leur coût global » rappelle Philips Eclairage. En dehors des lampes et des luminaires, il existe d’autres solutions d’économies d’énergie, simples et à moindre coût, comme les systèmes de régulation de puissance à intégrer dans les armoires électriques de quartiers. Schneider Electric vient de recevoir le prix de l’innovation au Salon des Maires pour son régulateur de tension communiquant, Lubio. Le principe est toujours de réduire la puissance pendant les heures creuses mais à partir du point de distribution d’électricité, plutôt que de la lampe. Le système engendre jusqu’à 40 % d’économies d’énergie et allonge la durée de vie des lampes de 30 à 50%. « Dans une université américaine, les économies d’énergie ont financé la remise à niveau des installations électriques » témoigne Jean-Pascal Tricoire, directeur de Schneider Electric. Le groupe s’est d’ailleurs lancé depuis peu dans « la fourniture d’économies d’énergie », via une société suédoise spécialisée.

Hélène Huteau
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