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L’Union Européenne invite l’Afrique du Sud aujourd’hui à Bordeaux. En marge du sommet, la capitale aquitaine accueillait jeudi 24 juillet une conférence scientifique, sur les enjeux mondiaux que pose la recherche sur l’eau. Une vingtaine de chercheurs, économistes et hommes politiques d’Europe et d’Afrique australe se sont donc réunis, pour dresser le constat inquiétant du manque d’accès à l’eau potable dans de nombreuses régions du globe, et envisager des programmes de recherche communs dans le cadre d’un développement durable. Quatre grandes thématiques ont été abordées : la sécurité alimentaire, la santé, les enjeux économiques et la nécessité d’une politique de gestion intégrée de l’eau. Les conclusions de cette journée, remises aux collaborateurs des présidents Sarkozy et Mbeki, devraient faire l’objet d’une communication officielle en fin de journée. Les conclusions de cette journée, remises aux collaborateurs des présidents Sarkozy et Mbeki, sont évoquées dans la déclaration commune des deux chefs d’état vendredi matin. Selon l’OMS, un enfant meurt toutes les quinze secondes d’une maladie due au manque d’eau potable, ou à de mauvaises conditions d’hygiène. En Afrique du Sud, la population n’ayant pas accès à l’eau potable a augmenté de 23 % entre 1990 et 2004. Pourtant, le pays est le seul, parmi les Nations Unies, à avoir inscrit le droit à l’eau dans sa constitution. Alors, pourquoi une telle dégradation ? L’eau se fait rare en Afrique, certes, mais là n’est pas la raison principale. C’est toute la politique de distribution qui est mise en cause par les chercheurs. Le problème d’accès à l’eau potable, mais aussi la salubrité des installations, celle des moyens de stockage de l’eau et des sanitaires font que le circuit de distribution est dans un état pitoyable. Dès lors, les maladies prolifèrent et emportent notamment les malades du sida, dont le système immunitaire est affaibli. Par ailleurs, l’exode rural massif que vivent les pays en voie de développement comme l’Afrique du Sud, intensifie le problème. Les distributeurs d’eau peinent à suivre le phénomène et les réseaux sont insuffisants pour alimenter les populations urbaines grossissantes. L’eau est un enjeu majeur pour ces pays en développement. Clé de voûte de toute économie, elle est aussi source de conflits quand elle vient à manquer. Et déjà, certains craignent de voir émerger une « guerre de l’eau » dans les régions d’Afrique les plus arides. Partenariats et programmes de recherche internationaux L’heure n’est pas au fatalisme. Jean-François Girard, président de l’Institut pour la recherche et le développement (IRD), croit aux bienfaits de la science : « L’Afrique du Sud et certains pays de l’Union Européenne, dont la France, sont convaincus que la science et la recherche sont une nécessité impérative pour l’essor des sociétés ». Encore faut-il y mettre les moyens humains et financiers. Le Pr. Aggrey Ambali, directeur du bureau scientifique et technologique du Nepad (New partnership for Africa’s developpement), insiste sur l’importance des partenariats internationaux pour « favoriser l’utilisation et la production de connaissances scientifiques ». Parmi les solutions avancées tout au long de la journée, celles mettant l’accent sur les savoirs et techniques locaux attirent particulièrement l’attention : assainissement ne nécessitant pas d’électricité (pour les nombreuses régions non desservies), aquaculture, refroidissement à sec de la vapeur d’eau (pour récupérer l’énergie issue du solaire, de l’éolien, ou de l’hydraulique), ou encore utilisation des dents de lait comme outils de mesure de la santé humaine. Pour mener à bien les projets éventuels, la création de pôles d’excellence est inévitable. C’est l’objectif par exemple, de Jean-Marie Fritsch, représentant de l’IRD en Afrique du Sud, qui espère voir le premier centre de recherche et formation régional voir le jour d’ici quelques mois. « Il faut que ces nœuds régionaux concentrent l’élite de la recherche sud-africaine, qu’ils soient soutenus par les institutions, doté d’une bonne capacité de gestion, et autosuffisants d’un point de vue financier.» Les scientifiques savent néanmoins qu’il faut agir vite. Pour Rifka Kfir, directrice générale de la Commission sud-africaine de la recherche pour l’eau, il s’agit désormais de « se concentrer sur des projets précis, pour collaborer à la création de nouvelles méthodes et stratégies innovantes pour l’Afrique ».
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