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Plus d'un milliard d'individus dans le monde n'ont toujours pas d'accès à l'eau en 2005. Pourtant, les gouvernements réunis au sein de la Commission du Développement Durable, qui s’est tenue à New York du 11 au 22 avril dernier, n’ont pas validé le principe selon lequel « l’eau est un droit ». « Au fil des négociations, le droit à l'eau a été alternativement approuvé puis contesté, intégré puis retiré du texte, pour être finalement écarté dans sa version finale adoptée dans la nuit du 22 avril, expliquent l’association 4D et Les amis de la Terre. Les efforts déployés par les nombreuses ONG pour clarifier les choses et mobiliser les délégations officielles n'ont pas suffi. Les ONG sont aujourd'hui consternées face à la démission des États». Alors que l’eau constitue une condition sine qua non du développement, les institutions internationales la considèrent toujours, malgré leurs engagements, comme un bien économique, et non comme un bien public mondial et un droit humain. En 2002, 145 pays avaient pourtant ratifié le Pacte relatif aux droits économiques et culturels, affirmant que « Le droit à l'eau garantit à chaque être humain de disposer pour son usage personnel et domestique d'une eau abordable, en quantité suffisante, de qualité acceptable et à laquelle il peut facilement accéder ». Pour les ONG, la réunion de la Commission du développement durable est un retour en arrière. « Les négociations laborieuses se sont enchaînées, pour finalement laisser place à un texte mou qui pourrait malgré tout faire avancer les choses s'il était accompagné d'une réelle volonté politique d'agir », observent Les Amis de la Terre et l'association 4D, qui font état d’un « climat de désordre et de confusion » lors de cette réunion qui comptait une centaine de ministres. « Débats longs et parfois stériles, manque d'organisation au sein des délégations officielles, difficultés à tendre vers une position commune, mais surtout, manque de compréhension des problématiques traitées... Le droit d'accès à l'eau a fait les frais de cette désorganisation et de l'absence de cohésion et de coordination entre les différents acteurs de cette rencontre internationale », dénoncent les ONG. Quelques avancées
Cette confusion suscite d’autant plus l’indignation qu’elle remet en cause le consensus international dégagé depuis 30 ans sur la nécessité d’une action concertée des acteurs internationaux. L’eau est en effet un enjeu inscrit depuis longtemps sur l’agenda international, et a fait l’objet de nombreux sommets dès 1977, qui ont abouti à la création du Conseil Mondial de l’Eau et du Global Water Parternership. Le bilan reste donc décevant, même si quelques points positifs ont pu être dégagés de cette réunion. Les Etats se sont en effet accordés sur la nécessité d'augmenter les aides publiques au développement, d’améliorer la gouvernance, l'éducation et la formation professionnelle dans la gestion des services d'eau. 7 pays européens se sont engagés à réaliser l’objectif de 0,7% du PIB versés pour l’aide au développement d’ici à 2015, ce qui porterait à 12 le nombre de pays à avoir atteint ce seuil. Par ailleurs, une réduction significative de la dette des pays pauvres est envisagée pour « éviter à ces pays de choisir entre le remboursement de la dette et les investissements dans l’agriculture, la santé, l’éducation et les infrastructures », selon la secrétaire générale adjointe de l’ONU, Louise Fréchette. Ces mesures suffiront-elles à atteindre les objectifs du Millénaire ? On peut en douter, dans la mesure où ils prévoient de « réduire de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes n’ayant accès ni à une eau potable salubre, ni à des services d’assainissement de base », et « d’améliorer sensiblement les conditions de vie d’au moins 100 millions d’habitants des taudis d’ici à 2020 ». « La réalisation de cet objectif nécessite quelque 5 milliards de dollars par an, a annoncé la Secrétaire générale adjointe de l’ONU. "De façon plus ambitieuse, si nous voulons fournir des habitations autres que des taudis aux millions d’habitants supplémentaires qui s’installeront vraisemblablement dans les agglomérations urbaines dans les prochaines décennies, ce chiffre risque de quadrupler », a-t-elle ajouté. Mikhail Gorbatchev, fondateur et président de la Croix Verte Internationale -ONG membre de la Commission Développement Durable-, a souligné son désaccord avec « les critiques formulées à l’encontre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui les qualifient de trop ambitieux et comme étant hors de portée (…) Je pense au contraire que nous ne parlons ici que des exigences minimum indispensables à une vie décente, afin que tout un chacun ait un abri, de la nourriture et un accès à l’eau et à l’assainissement ». Comme les autres ONG présentes, la Croix Verte milite pour que soit adoptée une convention-cadre consacrant le droit à l’eau. Prochaine étape pour convaincre : le sommet sur les Objectifs de Millénaire, qui se tiendra en septembre prochain aux siège des Nations-Unies.
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